Réalisé par Timur Bekmambetov, Reconnu coupable (Mercy) réunit Chris Pratt, Rebecca Ferguson et Annabelle Wallis dans un thriller de science-fiction prévu en salles le 28 janvier 2026. Écrit par Marco van Belle, le film suit un détective confronté à un système judiciaire automatisé qu’il a contribué à créer, dans un futur proche dominé par l’IA.
Dans cette société ultraconnectée, un détective est accusé du meurtre de sa femme et se retrouve jugé par une intelligence artificielle « parfaite », incarnée par Rebecca Ferguson. Alors que l’algorithme rassemble les preuves, l’accusé doit prouver son innocence en 90 minutes, sous l’œil d’un système qu’il connaît intimement pour en avoir conçu une partie. Le récit explore la bascule entre enquête humaine, suspicion généralisée et mécanisme de surveillance intégrale.
L’IA chargée de le juger devient la figure centrale du suspense, à la fois adversaire et miroir d’un homme confronté à ses erreurs professionnelles. Le film s’attache aux dérives d’un environnement où la justice repose sur des modèles prédictifs, tandis que le protagoniste se débat contre un dispositif qu’il a contribué à légitimer. L’intrigue reste centrée sur le compte à rebours et sur la tension qui oppose l’intuition humaine à la froideur algorithmique.
Le long-métrage s’inscrit dans la continuité du travail visuel de Timur Bekmambetov, marqué par une utilisation soutenue des interfaces numériques et des dispositifs immersifs. Tourné en décors réels enrichis d’environnements technologiques, le film met en scène une architecture futuriste où le contrôle passe par les flux de données. La bande-annonce dévoile un monde dominé par la justice automatisée, une thématique qui prolonge les réflexions amorcées dans des œuvres comme Minority Report ou I, Robot.
Le ton évolue entre action resserrée, tension psychologique et observation des dérives d’un système algorithmique, dans la lignée des films d’action d’anticipation. Chris Pratt incarne un homme acculé cherchant à reprendre le contrôle d’un dispositif qu’il pensait maîtriser, tandis que Rebecca Ferguson donne à l’IA un caractère ambigu, entre rationalité pure et inquiétude diffuse. Le film s’adresse aux amateurs de science-fiction et de récits dystopiques centrés sur les frontières de la justice automatisée.
Notre avis sur Reconnu coupable :
Reconnu coupable se déroule en 2029, dans un futur à peine décalé du nôtre, où la justice pénale a franchi un seuil irréversible : les verdicts les plus lourds sont désormais rendus par une intelligence artificielle. Dix-huit accusés sont déjà passés devant ce système automatisé, dix-huit condamnations, dix-huit exécutions. Lorsqu’un détective se retrouve accusé du meurtre de sa femme, il n’a que quatre-vingt-dix minutes pour prouver son innocence face à une IA implacable. Le film adopte alors une contrainte radicale : un récit en temps réel, sans échappatoire, transformant le procès en véritable course contre la mort.
Malgré une réception critique largement négative, Reconnu coupable s’impose comme une expérience de cinéma étonnamment puissante. Là où beaucoup ont vu un concept gadget, le film assume pleinement son dispositif et l’exploite comme un moteur dramatique. Le temps réel n’est pas un simple artifice formel : il impose une tension constante, un rythme effréné qui ne laisse aucun répit au spectateur. Chaque minute compte, chaque décision pèse, chaque information devient potentiellement décisive. Le film avance à marche forcée, avec une efficacité redoutable.
La mise en scène, souvent jugée froide, apparaît au contraire parfaitement cohérente avec son sujet. Interfaces, écrans, flux de données, projections holographiques : l’esthétique volontairement clinique participe à la sensation d’un monde où l’humain est progressivement dissous dans la statistique. Le choix d’un style proche du screen-life renforce cette impression d’étouffement, comme si le personnage principal était déjà enfermé dans la logique algorithmique qui le condamne. L’absence de lyrisme n’est pas une faiblesse, mais un parti pris qui épouse la déshumanisation du système judiciaire décrit.
Le film trouve également une grande partie de sa force dans son antagoniste central, incarné par Rebecca Ferguson. Son interprétation volontairement distante, presque désincarnée, donne à l’IA juge une présence glaçante. Ce n’est pas un robot hystérique ni une entité malveillante caricaturale, mais une voix calme, logique, indiscutable — et c’est précisément ce qui la rend terrifiante. L’IA ne hait pas, ne doute pas, ne pardonne pas : elle calcule. Et dans cet univers, le calcul suffit à condamner.
Là où Reconnu coupable se distingue réellement, c’est dans son discours sous-jacent. Le film ne cherche pas tant à dénoncer frontalement la technologie qu’à interroger notre rapport collectif à la délégation morale. Que signifie confier la peine capitale à un algorithme ? Peut-on parler de justice sans conscience, sans intuition, sans faille humaine ? La révélation finale — selon laquelle rien ne distingue fondamentalement ces condamnés des autres hommes — résonne comme un avertissement brutal. Ce futur n’est pas une dystopie lointaine : il est une extrapolation à peine forcée de nos renoncements contemporains.
Certes, le scénario ne multiplie pas les twists sophistiqués et certains personnages secondaires restent en retrait. Mais le film compense largement par sa maîtrise du rythme, sa clarté conceptuelle et son engagement total dans sa proposition. Là où d’autres œuvres de science-fiction judiciaire cherchent la complexité à tout prix, Reconnu coupable choisit la frontalité et l’urgence — et assume cette simplicité comme une arme.
Reconnu coupable s’impose comme un thriller SF tendu, captivant et profondément anxiogène. Une œuvre qui ne cherche pas à plaire, mais à mettre le spectateur face à une question inconfortable : à quel moment avons-nous accepté que la justice cesse d’être humaine ? Un film imparfait, sans doute, mais d’une efficacité et d’une pertinence rares dans le paysage actuel de la science-fiction.
Reconnu coupable
Film | 2026
Sortie au cinéma : 28 janvier 2026
Thriller, science-fiction | Durée : NC
De Timur Bekmambetov | Avec Chris Pratt, Rebecca Ferguson, Annabelle Wallis
Titre original : Mercy
Nationalité : États-Unis
Reconnu coupable s’inscrit dans la tendance actuelle des récits d’anticipation qui interrogent la place de l’homme face aux machines et la légitimité des systèmes décisionnels automatisés. Mélangeant tension narrative et réflexion éthique, le film propose une vision sombre d’un futur où l’erreur humaine risque d’être exclue au profit d’une justice algorithmique inflexible.
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