Clubs, discothèques et boîtes de nuit : Emmanuel Macron exclut une réouverture rapide

Par Caroline J. · Publié le 5 décembre 2020 à 16h00 · Mis à jour le 5 décembre 2020 à 16h06
Depuis le 17 mars dernier, la vie nocturne s’est éteinte à Paris mais aussi partout en France. En raison de la crise sanitaire, tous les lieux festifs, clubs et discothèques ont dû fermer leurs portes. Début août, le ministre chargé des PME, Alain Griset, admettait que "pour l'instant, il n'y a pas de perspectives de réouverture" concernant ces établissements de nuit. Le 5 décembre, lors d'un échange sur Snapchat avec des jeunes diffusé par Brut, Emmanuel Macron a exclu une réouverture rapide des clubs et discothèques, précisant que cela « serait de la folie ».

Quand les discothèques et clubs vont-ils pouvoir rouvrir au public ? Fermés depuis le mois de mars dernier, en raison de la crise du Coronavirus, ces établissements de nuit sont très durement touchés par les mesures restrictives du gouvernement.

Après un second confinement, les musées, cinémas et théâtres vont être autorisés à rouvrir dès le 15 décembre, si la situation sanitaire le permet. Les restaurants et bars devront eux patienter jusqu'au 20 janvier 2021. Mais quand est-il des clubs, discothèques et boîtes de nuit ? Lors de sa dernière allocution télévisée, le 24 novembre 2020, Emmanuel Macron a enfin prononcé le mot "discothèque", confirmant qu'elles devront toutefois rester fermées. « Les restaurants, les bars, les salles de sport, les discothèques, les établissements qui resteront fermés administrativement se verront verser, quelle que soit leur taille, 20% de leur chiffre d'affaires de l'année 2019 », a-t-il annoncé. 

Le 26 novembre, lors d'une nouvelle conférence de presse, le Premier ministre Jean Castex a confirmé cette décision prise pour les discothèques et les boîtes de nuit. "Tout le monde en comprend la raison", a-t-il indiqué, sous toutefois évoquer de date de réouverture. Les discothèques "seront pleinement bénéficiaires du Fonds de solidarité rénové. On ne peut pas les laisser tomber. C'est une question d'éthique" a-t-il ajouté. 

Le 5 décembre, lors d'un échange sur Snapchat avec des jeunes diffusé par Brut, Emmanuel Macron a exclu une réouverture rapide des clubs et discothèques, expliquant que « ce serait de la folie». « Cela va durer, je ne vais pas vous mentir, encore quelques semaines, voire quelques mois », a confié le président de la République. « On le fera au plus vite (rouvrir les discothèques, ndlr), mais tant que le virus circule de manière un peu intense, ce serait de la folie de faire ça. Je vous le dis très sincèrement », a-t-il ajouté avant de poursuivre : « ce que l'on sait de ce virus, c'est qu'il se diffuse beaucoup quand on est dans des lieux fermés, proches les uns des autres, et qu'on chante, on parle fort, on mange, on fait des efforts,… La boîte de nuit, quand on a dit tout ça, c'est pas le meilleur endroit ».

Une décision qui n'est pas sans conséquence. Selon Patrick Malvaës, président du syndicat national des discothèques, plus de 300 clubs et discothèques ont déjà déposé le bilan.

Sur BFMTV, le 26 novembre, le célèbre fondateur des établissements VIP Room, Jean Roch, a exprimé son profond "désarroi" autour de cette situation catastrophique. "J'ai rendu Paris parce qu'il n'y a plus d'espoir, il n'y a aucune visibilité", a-t-il expliqué. "On ne parle plus d'exister mais de survivre", a-t-il ajouté.

On rappelle que plusieurs acteurs de la nuit ont publié une tribune, pour soutenir le secteur. Le 12 juillet, plusieurs gérants de clubs et discothèques ont aussi manifesté à Paris devant le ministère de la Santé pour réclamer une réouverture de leur établissement au plus vite. 

De son côté, la CSLMF, la Chambre syndicale des lieux musicaux, festifs et nocturnes, avait publié un appel réunissant plus de 200 de ces lieux en France, parmi lesquels le Badaboum, le Cabaret Sauvage, le Glaz’art, La Bellevilloise, la Machine du Moulin Rouge, La Station – Gare des Mines, le Bus Palladium, le Sunset Sunside, Les Etoiles, le Divan du Monde, le New Morning, Le Pachamama, le Trabendo, le Yoyo, le Point Ephémère, le Rex Club ou encore le Wanderlust et le Rosa Bonheur.

Tous lançaient un cri d’alarme et en appelaient au gouvernement. « Si le gouvernement a bien entrepris de lancer des discussions avec les acteurs de la restauration, du tourisme, de l’événementiel et de la culture, avec comme projet des entretiens organisés avec les professionnels dès la semaine prochaine… Qu’en est-il des clubs, des discothèques et lieux festifs ? Ils demeurent les grands oubliés de ces concertations. On devine seulement qu’ils seront les derniers à rouvrir, mais quid de leur survie, en l’absence de feuille de route, pour leur réouverture à l’horizon si lointain ? La perte de chiffre d’affaires dans le secteur est abyssale, ce à quoi s’ajoutent des coûts fixes incompressibles. Sans oublier les incertitudes quant à la pérennité des mesures de soutien proposées par le gouvernement » confiait la CSLMF au début de son communiqué.

La Chambre syndicale rappelait aussi que tous ces établissements ont malheureusement déjà été touchés par les attentats de 2015, les mouvements sociaux majeurs et les crues. L’absence de concertation avec le gouvernement sur leur avenir durant cette crise sanitaire « ne fait qu’accentuer une menace existentielle et une fragilité certaine ».

Rappelant que la priorité de ces établissements est la sécurité du public comme celle du personnel et des artistes, la CSLMF réclamait la réalisation d’un « diagnostic en lien avec le Ministère de la Culture et de l’Économie, sur l’état financier des établissements. Il faudra ensuite co-construire un schéma de reprise d’activité avec engagement sur une date possible de réouverture conditionnée par la situation sanitaire générale. L’État devra aussi assurer la pérennité du secteur à travers un fonds de soutien consacré. »

Informations pratiques

Commentaires
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche