Clubs, discothèques et boîtes de nuit : pas de perspectives de réouverture, selon Alain Griset

Par Caroline J. · Publié le 6 août 2020 à 11h32 · Mis à jour le 13 août 2020 à 12h05
Depuis le 17 mars dernier, la vie nocturne s’est éteinte à Paris mais aussi partout en France. En raison de la crise sanitaire, tous les lieux festifs, clubs et discothèques ont dû fermer leurs portes. Alors que certains secteurs ont pu progressivement reprendre leur activité le 11 mai dernier, de nombreux noctambules se demandent quand rouvriront les établissements de nuit et dans quelles conditions. Alors que les professionnels de la nuit espéraient une réouverture à compter du 10 juillet, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a confirmé une fermeture prolongée de ces lieux au moins jusqu'au mois de septembre 2020. Le 6 août, sur LCI, le ministre chargé des PME, Alain Griset, a admis que "pour l'instant, il n'y a pas de perspectives de réouverture" concernant ces établissements.

Lors de la présentation de la phase 2 de son plan de déconfinement, le 28 mai dernier, le Premier ministre Edouard Philippe avait notamment annoncé la réouverture des musées mais aussi des restaurants, bars et cafés à compter du 2 juin. L'Île-de-France est depuis passée en zone verte et le plan de déconfinement lui, se poursuit.

Mais qu’en est-il des établissements de nuit ? Lors de sa prise de parole, le chef du gouvernement avait indiqué que les clubs, discothèques et autres lieux festifs devront rester fermés au moins jusqu'en septembre. Une décision qui aggrave encore davantage la situation dans laquelle se trouvent les nombreux professionnels de la nuit, à l'arrêt total depuis la mi-mars. Selon Patrick Malvaës, président du syndicat national des discothèques, plus de 300 clubs et discothèques ont déjà déposé le bilan. 

Le 13 juillet, le Conseil d'Etat a rejeté la demande des clubs et discothèques, estimant que cette fermeture prolongée n'était pas "disproportionnée". "Eu égard au caractère clos des établissements en cause, à la nature d'activité physique de la danse ainsi qu'à la difficulté de garantir le port du masque ou le respect des règles de distanciation sociale dans un contexte festif, il n'apparaît pas" que l'interdiction d'exploitation "revêt (...) un caractère disproportionné", a fait savoir le Conseil d'Etat dans son avis.

Henri de Beauregard, l'avocat qui représentait le Syndicat national des discothèques et lieux de loisir à l'origine de ce recours, a expliqué "On laisse les bars faire la discothèque mais on refuse aux discothèques le droit d'exploiter en bar". "A l'heure ou l'on rouvre les stades, les salles d'entraînement aux sports de combat... Cette décision témoigne aussi d'une forme de défiance à l'endroit des discothèques", a-t-il rajouté.

Depuis, le secteur de la nuit a obtenu un retour de la part du gouvernement. Ainsi, le 24 juillet dernier, le ministre délégué aux PME, Alain Griset, a en effet dévoilé un dispositif de soutien financier concernant les frais fixes de ces établissements festifs. Concrètement, les loyers, les factures d’eau et l’électricité seront pris en charge à hauteur de 15 000 euros par mois maximum pendant trois mois. Autre annonce ? Celle d’un nouveau prêt garanti par l’État afin de relancer le secteur touristique. Bonne nouvelle puisque les discothèques sont elles aussi concernées par cette nouvelle aide mise en place depuis le 5 août. 

Le 6 août, Alain Griset s'est exprimé sur LCI assurant que le gouvernement travaillait à l’élaboration de "dispositifs" sanitaires "qui permettent de faire la fête". Son objectif ? Avoir "le feu vert des autorités de santé pour une réouverture" prochaine. Toutefois, le ministre a confié : "Pour l’instant, il n’y a même pas de perspectives de réouverture", "tant que le Conseil scientifique et le Conseil de défense ne donnent pas le feu vert, nous n’allons pas pouvoir leur permettre de rouvrir."

On rappelle que plusieurs acteurs de la nuit ont publié une tribune, pour soutenir le secteur. Le 12 juillet, plusieurs gérants de clubs et discothèques ont aussi manifesté à Paris devant le ministère de la Santé pour réclamer une réouverture de leur établissement au plus vite. 

De son côté, la CSLMF, la Chambre syndicale des lieux musicaux, festifs et nocturnes, avait publié un appel réunissant plus de 200 de ces lieux en France, parmi lesquels le Badaboum, le Cabaret Sauvage, le Glaz’art, La Bellevilloise, la Machine du Moulin Rouge, La Station – Gare des Mines, le Bus Palladium, le Sunset Sunside, Les Etoiles, le Divan du Monde, le New Morning, Le Pachamama, le Trabendo, le Yoyo, le Point Ephémère, le Rex Club ou encore le Wanderlust et le Rosa Bonheur.

Tous lançaient un cri d’alarme et en appelaient au gouvernement. « Si le gouvernement a bien entrepris de lancer des discussions avec les acteurs de la restauration, du tourisme, de l’événementiel et de la culture, avec comme projet des entretiens organisés avec les professionnels dès la semaine prochaine… Qu’en est-il des clubs, des discothèques et lieux festifs ? Ils demeurent les grands oubliés de ces concertations. On devine seulement qu’ils seront les derniers à rouvrir, mais quid de leur survie, en l’absence de feuille de route, pour leur réouverture à l’horizon si lointain ? La perte de chiffre d’affaires dans le secteur est abyssale, ce à quoi s’ajoutent des coûts fixes incompressibles. Sans oublier les incertitudes quant à la pérennité des mesures de soutien proposées par le gouvernement » confiait la CSLMF au début de son communiqué.

La Chambre syndicale rappelait aussi que tous ces établissements ont malheureusement déjà été touchés par les attentats de 2015, les mouvements sociaux majeurs et les crues. L’absence de concertation avec le gouvernement sur leur avenir durant cette crise sanitaire « ne fait qu’accentuer une menace existentielle et une fragilité certaine ».

Rappelant que la priorité de ces établissements est la sécurité du public comme celle du personnel et des artistes, la CSLMF réclamait la réalisation d’un « diagnostic en lien avec le Ministère de la Culture et de l’Économie, sur l’état financier des établissements. Il faudra ensuite co-construire un schéma de reprise d’activité avec engagement sur une date possible de réouverture conditionnée par la situation sanitaire générale. L’État devra aussi assurer la pérennité du secteur à travers un fonds de soutien consacré. »

Face à cette situation incertaine, de nombreux djs français se retrouvent aujourd'hui en grande difficulté. Radio FG a donc lancé, le 30 avril dernier, une opération de solidarité baptisée « FG For DJs », afin de leur venir en aide.

On rappelle que le chef de l’Etat Emmanuel Macron a dévoilé, le 6 mai, son plan d'aide pour soutenir le monde de la culture. Malheureusement pour le milieu de la nuit, ces mesures concernent essentiellement le secteur du cinéma, du théâtre, de l'art, et de la musique.

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