Lieux festifs, clubs, discothèques et boîtes de nuit : fermeture prolongée jusqu’en septembre 2020

Par Caroline J. · Publié le 9 juillet 2020 à 09h42 · Mis à jour le 9 juillet 2020 à 09h46
Depuis le 17 mars dernier, la vie nocturne s’est éteinte à Paris mais aussi partout en France. En raison de la crise sanitaire, tous les lieux festifs, clubs et discothèques ont dû fermer leurs portes. Alors que certains secteurs ont pu progressivement reprendre leur activité le 11 mai dernier, de nombreux noctambules se demandent quand rouvriront les établissements de nuit et dans quelles conditions. Alors que les professionnels de la nuit espéraient une réouverture à compter du 10 juillet, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a confirmé une fermeture prolongée de ces lieux jusqu'au mois de septembre 2020, rajoutant que "l'Etat sera au rendez-vous pour venir en aide au monde de la nuit".

Lors de la présentation de la phase 2 de son plan de déconfinement, le 28 mai dernier, le Premier ministre Edouard Philippe avait notamment annoncé la réouverture des musées mais aussi des restaurants, bars et cafés à compter du 2 juin. L'Île-de-France est depuis passée en zone verte et le plan de déconfinement lui, se poursuit.

Mais qu’en est-il des établissements de nuit ? Lors de sa prise de parole, le chef du gouvernement avait indiqué que les clubs, discothèques et autres lieux festifs devront rester fermés au moins jusqu'en septembre. Une décision qui aggrave encore davantage la situation dans laquelle se trouvent les nombreux professionnels de la nuit, à l'arrêt total depuis la mi-mars. Ces derniers espéraient d'ailleurs une reprise de leur activité à compter du 10 juillet, mais sous une forme adaptée au Covid-19.

« Aujourd’hui, nous avons été écoutés et entendus », a déclaré à la presse le 1er juillet Thierry Fontaine, président de la branche nuit de l’Umih, principal syndicat de l’hôtellerie-restauration, à l'issue d’une réunion interministérielle consacrée aux établissements de nuit. Toutefois, le Syndicat national des discothèques et des lieux de loisirs (SNDLL) avait pour sa part regretté que « ni le représentant de la Santé ni celui du ministère de l’Intérieur, prévus, ne soient venus », dénonçant « le peu de considération portée au secteur ». 

Si beaucoup croyaient à cette réouverture estivale, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a mis fin à tout espoir le 8 juillet lors d'une prise de parole à l'Assemblée nationale. Tout commence lorsque la députée (LR) de Saône-et-Loire, Josiane Corneloup, interpelle le gouvernement sur la fermeture prolongée des lieux festifs et boîtes de nuit, jusqu’au 21 septembre. "Je vous alerte sur la catastrophe économique et financière qui risque de décimer toute une profession si rien n'est fait. [...] J'ai reçu les gérants des discothèques de ma circonscription qui m'indiquent qu'une réouverture le 21 septembre, comme semble le prévoir le gouvernement, entraînera le dépôt de bilan de 90 % des établissements installés en Saône-et-Loire", a-t-elle fait savoir.

La députée a donc demandé une réouverture de ces établissements au plus vite, justifiant que "des professionnels responsables", sont à même de faire respecter les mesures de sécurité sanitaires. Elle a par ailleurs souligné que "des milliers de jeunes se réunissent lors de fêtes improvisées, lors desquelles aucune mesure de protection sanitaire n'est respectée".

Et la réponse du ministre Olivier Véran n'a pas tardé, confirmant la fermeture de ces établissements de nuit jusqu’au 21 septembre. "La France a pris la décision de ne pas rouvrir les discothèques compte tenu de la situation sanitaire et des risques", a-t-il expliqué. 

 "Le gouvernement n'a laissé mourir personne de son activité économique depuis le début de la crise, ni les salariés avec 12 millions de personnes au chômage partiel, ni les artisans, ni les indépendants, ni les commerçants qui mois après mois ont perçu des aides. L'État sera au rendez-vous pour venir en aide au monde de la nuit" a-t-il fait savoir. Reste à savoir quand et comment cette aide sera apportée. Aucune précision n'a pour le moment été faite à ce sujet. 

On rappelle que plusieurs acteurs de la nuit ont récemment publié une tribune, pour soutenir le secteur. Le 1er juillet au soir, des djs se sont aussi réunis à Paris. Ils mixaient « pour protester » contre la non-réouverture des discothèques et l’annulation des festivals.

De son côté, la CSLMF, la Chambre syndicale des lieux musicaux, festifs et nocturnes, avait publié un appel réunissant plus de 200 de ces lieux en France, parmi lesquels le Badaboum, le Cabaret Sauvage, le Glaz’art, La Bellevilloise, la Machine du Moulin Rouge, La Station – Gare des Mines, le Bus Palladium, le Sunset Sunside, Les Etoiles, le Divan du Monde, le New Morning, Le Pachamama, le Trabendo, le Yoyo, le Point Ephémère, le Rex Club ou encore le Wanderlust et le Rosa Bonheur.

Tous lançaient un cri d’alarme et en appelaient au gouvernement. « Si le gouvernement a bien entrepris de lancer des discussions avec les acteurs de la restauration, du tourisme, de l’événementiel et de la culture, avec comme projet des entretiens organisés avec les professionnels dès la semaine prochaine… Qu’en est-il des clubs, des discothèques et lieux festifs ? Ils demeurent les grands oubliés de ces concertations. On devine seulement qu’ils seront les derniers à rouvrir, mais quid de leur survie, en l’absence de feuille de route, pour leur réouverture à l’horizon si lointain ? La perte de chiffre d’affaires dans le secteur est abyssale, ce à quoi s’ajoutent des coûts fixes incompressibles. Sans oublier les incertitudes quant à la pérennité des mesures de soutien proposées par le gouvernement » confiait la CSLMF au début de son communiqué.

La Chambre syndicale rappelait aussi que tous ces établissements ont malheureusement déjà été touchés par les attentats de 2015, les mouvements sociaux majeurs et les crues. L’absence de concertation avec le gouvernement sur leur avenir durant cette crise sanitaire « ne fait qu’accentuer une menace existentielle et une fragilité certaine ».

Rappelant que la priorité de ces établissements est la sécurité du public comme celle du personnel et des artistes, la CSLMF réclamait la réalisation d’un « diagnostic en lien avec le Ministère de la Culture et de l’Économie, sur l’état financier des établissements. Il faudra ensuite co-construire un schéma de reprise d’activité avec engagement sur une date possible de réouverture conditionnée par la situation sanitaire générale. L’État devra aussi assurer la pérennité du secteur à travers un fonds de soutien consacré. »

Face à cette situation incertaine, de nombreux djs français se retrouvent aujourd'hui en grande difficulté. Radio FG a donc lancé, le 30 avril dernier, une opération de solidarité baptisée « FG For DJs », afin de leur venir en aide.

On rappelle que le chef de l’Etat Emmanuel Macron a dévoilé, le 6 mai, son plan d'aide pour soutenir le monde de la culture. Malheureusement pour le milieu de la nuit, ces mesures concernent essentiellement le secteur du cinéma, du théâtre, de l'art, et de la musique.

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