Mort de Jacqueline Sauvage, la femme symbole des violences conjugales

Par Elodie D. · Publié le 29 juillet 2020 à 13h27 · Mis à jour le 29 juillet 2020 à 13h29
Jacqueline Sauvage, symbole des violences conjugales en France, est morte à 72 ans. Cette femme, qui avait été condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent, avait été graciée en 2016 par François Hollande.

Jacqueline Sauvage est morte ce 23 juillet 2020, à son domicile de La Selle-sur-le-Bied, dans le département du Loiret. Pour son avocate Nathalie Tomasini, "Le paradoxe, c’est qu’elle est partie sans bruit. Alors qu’on retiendra de cette affaire Sauvage un grand chaos, mais qui j’espère aura fait avancer les choses".

Pour rappel, Jacqueline Sauvage avait tué son mari le 10 septembre 2012, de trois coups de fusil dans le dos. Pendant son procès en 2014, ses trois filles, violées et battues par leur père, témoignent à charge contre lui. On apprend que la femme est battue depuis 47 ans par son mari, et que leur fils s'était suicidé la veille du meurtre.

Suite à son procès, Jacqueline Sauvage est condamnée à dix ans de réclusion par la cour d'Assises du Loiret. Après un appel, la condamnation est validée. Mais le cas Jacqueline Sauvage a déjà touché les Français, mobilisés contre les violences conjugales, et un comité de soutien se créé en janvier 2016 avec de nombreuses personnalités pour demander la grâce présidentielle.

François Hollande accorde une grâce "partielle" à Jacqueline Sauvage pour lui permettre de demander une libération conditionnelle. Mais le tribunal d'application des peines refuse la demande, reprochant à la femme "de ne pas assez s'interroger sur son acte". Elle sera totalement graciée le 28 décembre 2016.

Depuis, le gouvernement a fait des violences conjugales l'un des sujets principaux de son action. Un grand Grenelle des violences conjugales a eu lieu en 2019, avec une cinquantaine de mesures censées rompre la spirale des violences au sein du couple. On compte la création d'une "grille d'évaluation"devant permettre aux policiers de mieux estimer le danger encouru par les femmes, la mise à l'abri des femmes et la fin du secret médical pour les femmes battues.

Informations pratiques

Commentaires
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche