La grande distribution en colère après la fermeture des rayons non-essentiels

Par Cécile D. · Publié le 6 novembre 2020 à 10h38 · Mis à jour le 6 novembre 2020 à 10h39
Michel-Edouard Leclerc a partagé sa colère sur les réseaux sociaux après la fermeture obligatoire des rayons jugés non essentiels, le mercredi 4 novembre 2020. Une colère partagée par tous les dirigeants de la grande distribution.

Des rayons fermés au public, des produits inaccessibles : la grande distribution a dû se soumettre à la décision du gouvernement de fermer les rayons non essentiels, en signe d'équité avec les petits commerçants, au chômage depuis l'instauration du confinement. Cette mesure déplaît fortement aux enseignes de supermarchés, qui doivent condamner une bonne partie des espaces de leurs magasins, et donc dire adieu à cette source de revenus.

Quels sont les rayons concernés, d'ailleurs ? Exit les rayons culturelsjouets, textile, électroménager... Ne reste dans les supermarchés que les produits alimentaires, le produits d'hygiène, les produits de puériculture ou les surgelés.

Michel-Edouard Leclerc, patron des centres Leclerc, s'est emporté sur les réseaux sociaux, dénonçant une situation mal gérée par le gouvernement : « C'est le bordel », résume crûment Michel-Edouard Leclerc dans un billet partagé sur sa page Facebook. « Dans tous les hypers de France, des milliers de produits doivent en 2 jours être retirés des rayons ». Le patron des centres Leclerc adresse ses encouragements à ses équipes, ses adhérents, et aussi à la concurrence : tout le monde va devoir « chambouler, en quelques heures et sur la base d'un décret à l'encre à peine sèche, des centaines de rayons partout en France ».

Comme nombre de ses confrères, Michel-Edouard Leclerc aurait préféré que les petits commerçants rouvrent leurs magasins, au lieu de condamner les siens. « Le gouvernement a décidé que plutôt que de laisser ouvrir d'autres commerçants, la justice passait par la fermeture de nombreux rayons des hypers ! », s'indigne-t-il.

Il est peu probable que le gouvernement revienne sur sa décision ; pas avant que l'autorisation de réouverture pour les petits commerces ne soit donnée. En effet, cette mesure intervient dans un souci d'équité, pour préserver l'économie des plus petits face aux géants de la grande distribution.

Néanmoins, Auchan, Carrefour, les magasins U et leurs confrères ont toutes les raisons de protester : de nombreuses enseignes, toujours ouvertes, proposent les mêmes produits qu'eux : la Fnac, Darty, Gifi, Babou, Noz... Sans compter l'entreprise qui effraie tous les commerçants en cette période de Noël : Amazon.

Ainsi, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui s'exprime au nom de la grande distribution, est plutôt favorable à « une réouverture progressive des petits commerces, sur rendez-vous, accompagnée de mesures de contrôle accrues des jauges actuelles dans les magasins ». 

Face à cette interdiction de vente, des enseignes de supermarché ont trouvé la parade : dans certains magasins, il est possible pour les clients de commander les produits bannis sur le site internet de l'enseigne, par mail ou téléphone, et même... devant le rayon fermé.

Afin de limiter la casse et la perte de chiffre d'affaires, les responsables ont en effet fait installer à la hâte des comptoirs "retrait et commande" faits maison. "Le client nous indique le produit qu’il recherche, et s’il est disponible en rayon on lui remet au bout d’une heure à l’espace dédié au retrait des commandes en ligne", explique Sébastien Leclercq, responsable commercial des rayons non-alimentaires de l'hypermarché Auchan de Faches-Thumesnil.

Cette situation peut-elle durer ou les contrevenants vont-ils se faire taper sur les doigts ? Le bras de fer entre le gouvernement et la grande distribution ne semble pas prêt de s'arrêter.

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