Coronavirus : la deuxième vague plus forte que la première

Par Cécile D. · Publié le 2 novembre 2020 à 11h57 · Mis à jour le 5 novembre 2020 à 09h50
Beaucoup d'experts s'accordent à dire que la deuxième vague de Coronavirus sera plus haute et plus forte que la première. Le conseil scientifique prévoit que la France vivra de nombreux mois « avec une situation extrêmement difficile ».

La semaine précédant l'annonce du confinement, du 15 au 22 octobre 2020, Santé publique France a annoncé une hausse du nombre de décès liés au Covid-19 de 45%. Un chiffre effrayant pour le monde scientifique, qui assure que la deuxième vague s'abat sur nous de manière beaucoup plus brutale que la première. Il faut donc s'attendre à une hausse du nombre de personnes contaminées, et à une hausse de décès durant cette période qui menace de s'installer dans la durée.

Le Conseil scientifique s'inquiète de l'ampleur de cette seconde vague qui frappe la France et le reste du monde. Dans un avis publié le vendredi 30 octobre, l'instance nous prévient qu'il « y a (…) devant nous de nombreux mois avec une situation extrêmement difficile ». Les scientifiques font « l'hypothèse d’une sortie de vague en fin d’année ou en début d’année 2021 », mais craignent que plusieurs vagues se succèdent ensuite au cours de l’hiver et du printemps.

De plus, l'intensité de cette seconde vague et les limites des effets des mesures prises par le gouvernement pourraient bien gâcher les fêtes de fin d'année. Pour les scientifiques, il est peu probable que la France ait repris le contrôle de l'épidémie avant Noël. Olivier Véran en a déjà parlé, les grandes réunions de famille et les fêtes pourraient être proscrites en décembre, en raison de la difficulté à contrôler ce virus qui se propage très rapidement.

Une note de l’Institut Pasteur, communiquée au journal Le Monde samedi 31 octobre, révèle que, dans le pire des scénarios, jusqu’à 9 000 malades atteints du Covid-19 pourraient être hospitalisés en réanimation au pic épidémique, autour de la mi-décembre, contre plus de 7 100 lors de la première vague, le 8 avril dernier.

Il faut patienter jusqu'à trois semaines pour pouvoir estimer correctement la valeur du « R 0 » (le taux de reproduction du virus) et réduire ces incertitudes : cela signifie que le gouvernement ne disposera probablement pas de signaux clairs au moment où il devra réévaluer la situation, dans deux semaines. « Tant qu’on ne sait pas dans quel scénario on se trouve, il est difficile de savoir combien de temps le confinement devra durer », souligne Simon Cauchemezmodélisateur à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique.

En Ile-de-France, « on anticipe une charge au moins égale à celle de la première vague. Avec une grosse différence : l’ensemble du territoire sera atteint et il ne sera pas possible de transférer des patients vers d’autres régions », explique Alexandre Demoule, chef de la réanimation à la Pitié-Salpétrière, à Paris. « On a l’impression d’être assis sur une Cocotte-Minute dont le couvercle va exploser », résume-t-il.

Il va falloir patienter de nombreux mois avant un retour à la normal. Même dans le scénario le plus optimiste (avec un R 0 de 0,7) on se retrouverait au 1er décembre 2020 avec environ 3 000 patients contaminés par le Coronavirus en réanimation, soit à peu près le même nombre qu’aujourd’hui. « Si le R 0 diminue mais reste proche de 1, il faudra beaucoup de temps pour que le niveau des hospitalisations redescende », prévient Simon Cauchemez.

Le Conseil scientifique estime « probable » que les stratégies « tester-tracer-isoler » et la distanciation sociale « ne suffiront pas pour éviter d’autres vagues, après la deuxième vague ». Pour éviter un troisième confinementseule l’arrivée de vaccins et/ou de traitements changera la donne. « L’immunité en population va mettre de nombreux mois à monter de façon significative et commencer à ralentir la rapidité de la circulation du virus en population générale », insistent les scientifiques.

Pour faire face au nombre grandissant de cas contact à prévenir, l'Assurance Maladie envoie désormais des SMS aux cas contacts avec des consignes à respecter et des documents à télécharger et appelle seulement les personnes positives.

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