Le coronavirus transmissible par l'air expiré selon une étude

Par Laurent P., Caroline J. · Publié le 22 juillet 2020 à 10h19 · Mis à jour le 22 juillet 2020 à 12h11
Selon une étude publiée lundi 20 juillet 2020 par une équipe de chercheurs de l'université du Nebraska dans la revue medRxiv, le coronavirus serait transmissible par l'air expiré au même titre que la parole, la respiration, la toux ou l'éternuement. Des résultats qui vont dans le sens de ce qu'affirmaient les scientifiques suite à une expérience parue dans la revue scientifique PNAS le 13 mai.

Nous savions déjà que la toux et l’éternuement faisaient partie des principales causes de propagation du Covid-19, d’où la nécessité de tousser ou d’éternuer dans son coude. Mais, selon une nouvelle étude parue en pre-print dans la revue medRxiv, lundi 20 juillet 2020, par une équipe de chercheurs de l'université du Nebraska, la transmission du virus se ferait également par l'air expiré. Une étude qui doit tout de même être examinée et validée par le comité de lecture d’une revue scientifique.

Que nous apprend celle-ci ? Que pour la toute première fois, l'équipe de chercheurs a réussi, comme nous l'expliquent nos confrères du Parisien, à "faire se répliquer des particules de SARS-CoV-2 prélevées dans l'air de chambres de malades du Covid-19". Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que le virus serait transmissible, au-delà des postillons, de la parole, la toux ou l'éternuement, par l'air que l'on expire, si l'on est contaminé. Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont réussi à prélever l'air de plusieurs chambres de patients, à l'hôpital, 30 cm au-dessus de leurs pieds. Des patients alités qui soit toussaient, soit parlaient.

Ils ont ainsi constaté que le virus était présent dans des microgouttelettes de moins de cinq microns de diamètre, voire même de moins d'un micron. Pour s'assurer de leur découverte, ils ont ensuite isolé le virus et ont tenté de le répliquer. Un succès sur seulement trois échantillons sur les 18 prélevés, ce qui tend tout de même à démontrer que le virus est infectieux puisque celui-ci s'est répliqué en culture cellulaire. Ne reste plus qu'à savoir quelle quantité il faut respirer pour être contaminé à son tour.

Cette étude vient également corroborer une autre expérience parue le 13 mai dans la très sérieuse revue scientifique américaine PNAS, qui expliquait que la parole pouvait, elle aussi, être un vecteur de transmission du virus.

Selon cette expérience, relayée par l’AFP, les microgouttelettes de salive générées par la parole pouvaient rester suspendues dans l'air d'un espace fermé pendant plus de dix minutes. "Cette visualisation directe démontre que la parole normale génère des gouttelettes dans l'air qui peuvent rester en suspension pendant des dizaines de minutes ou plus, et sont éminemment capables de transmettre une maladie dans un espace confiné", ont rapporté les chercheurs. 

Autre point important : plus ces microgouttelettes sont petites, plus elles restent longtemps en suspension dans l'air. À l'inverse, les microgouttelettes les plus lourdes retombent plus rapidement au sol, par l'effet de la gravité. 

Cette précédente étude rappelle donc l'importance des gestes barrières et le respect de la distanciation sociale, sans oublier le port du masque. En France, le masque est obligatoire dans les transports en commun, dans les lieux publics clos et dans les avions de certaines compagnies aériennes comme Air France. Plusieurs grandes enseignes ont également décidé d'imposer le port du masque à leurs clients avant d'entrer dans le magasin. 

On rappelle également que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que le Covid-19 pourrait "ne jamais disparaître", et a reconnu la possibilité de la transmission du virus par aérosol. Selon Michael Ryan, le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, le nouveau coronavirus pourrait même "devenir endémique dans nos communautés.

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