Coronavirus et deuxième vague : "on ira vers des confinements partiels" selon Jean-François Mattéi

Par Laurent P. · Publié le 13 octobre 2020 à 11h39 · Mis à jour le 13 octobre 2020 à 13h40
Un reconfinement partiel envisagé pour enrayer la deuxième vague de coronavirus ? Une éventualité envisagée par Jean-François Mattéi, président de l'Académie nationale de médecine, interrogé par nos confrères de Francetvinfo. Un reconfinement ciblé déjà évoqué à plusieurs reprises dans le passé, par Jean Castex, ainsi que par l'Élysée. Un plan de reconfinement, prévoyant des dispositifs à échelle locale, est d'ores et déjà prévu si la situation l'exige.

Le gouvernement prêt à reconfiner pour réduire l'impact de la seconde vague de coronavirus ! Une idée qui fait son chemin depuis plusieurs mois dans les hautes sphères politiques, et évoquée cette fois-ci par Jean-François Mattéi, président de l'Académie nationale de médecine - et accessoirement ancien ministre de la Santé entre 2002 et 2004 - chez nos confrères de Francetvinfo, lundi 12 octobre 2020. 

"Tout le monde n'a pas pris la mesure que nous sommes confrontés à un virus d'une gravité potentielle sévère et que nous n'avons ni vaccin, ni traitement contre ce Covid-19 pour le combattre", commente-t-il a expliqué, avant de poursuivre sur le vif du sujet : "nous avons encore une possibilité d'éviter le reconfinement total mais on ira vers des confinements partiels qui peuvent être localisés géographiquement ou bien nous irons vers un couvre-feu par exemple de 20h à 5h", explique-t-il. Et de conclure en indiquant que "on ne peut plus rien exclure c'est vrai. Mais il faut aussi contrôler davantage le respect des mesures qui sont mises en œuvre aujourd'hui".

Un reconfinement ciblé déjà évoqué par Jean Castex, jeudi 24 septembre 2020, dans l'émission Vous avez la Parole sur France 2, confirmant même l'idée qu'un reconfinement pouvait être envisagé si la situation sanitaire s'aggravait. "Si nous n’agissons pas, on pourrait se retrouver dans une situation proche de celle du printemps (…) Ça pourrait pouvoir dire reconfinement, et il faut l’éviter", annonce ainsi le Premier ministre.

Une situation sanitaire "très préoccupante dans toute la France", avait-il également rappelé, mais "surtout grave dans les grandes agglomérations". Et un objectif : "éviter la saturation de nos établissements hospitaliers". Un reconfinement qui pourrait être évité si, comme l'expliquait également Jean Castex, chacun prenait ses responsabilités. 

Le 10 septembre dernier, l'Élysée expliquait également, toujours à nos confrères du 20h de France 2, envisager un reconfinement ciblé, avec de nouvelles restrictions pour "juguler la hausse des contaminations", comme l'expliquaient à ce moment-là nos confrères du Figaro. Des mesures qui ont été prises mercredi 23 septembre, et annoncées par le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors d'un point de situation.

Un reconfinement ciblé qui était bien avant au centre des discussions dans les hautes sphères de l'État, puisqu'il s'agit du plan déjà envisagé par le Premier ministre Jean Castex en juillet, pour éviter une accentuation de la crise économique et sociale que traverse le pays. "Nous nous préparons à une seconde vague en préservant le plus possible la vie économique et sociale", avait-il ainsi expliqué au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, mercredi 8 juillet 2020.

Et de poursuivre en précisant que "Les constatations que j'avais faites ont montré qu'un confinement absolu avait des conséquences terribles". Il concluait : "C'est le rôle de l'État de préparer, d'anticiper, le coronavirus est toujours là". Une déclaration qui était suivie par la confirmation, toujours de Jean Castex, de l'existence d'un plan de reconfinement imaginé il y a plusieurs mois maintenant, alors que ce dernier était connu comme le "Monsieur Déconfinement" du gouvernement d'Édouard Philippe.

Ce plan de reconfinement comporterait des dispositifs qui seraient mis en place à l'échelle locale. À l'heure où la deuxième vague commence à poindre le bout de son nez, la décision de reconfiner certaines zones sensibles pourrait être prise selon l'évolution de la situation. Une décision qui pourrait être prise ce vendredi 11 septembre lors du Conseil de Défense.

Par ailleurs un plan de reconfinement d'urgence avait également été mis en place en amont du déconfinement. 

Le plan de reconfinement de Jean Castex en cas de seconde vague du CoronavirusLe plan de reconfinement de Jean Castex en cas de seconde vague du CoronavirusLe plan de reconfinement de Jean Castex en cas de seconde vague du CoronavirusLe plan de reconfinement de Jean Castex en cas de seconde vague du Coronavirus Reconfinement d'urgence : le plan du gouvernement en cas de seconde vague
Le déconfinement en France est en vigueur depuis le 11 mai 2020. Pour être prêt en cas d'une nouvelle vague de contaminations au Covid-19, Jean Castex, chargé du déconfinement au gouvernement, a proposé un plan de reconfinement. Et la prudence est de mise. Le haut-fonctionnaire prévient qu'un ”reconfinement en urgence doit être anticipé”, et mis en place ”si le nombre de cas positifs par jour venait à doubler par rapport à ce qu'il est aujourd'hui”.

D'autre part, les deux Prix Nobel d'économie 2019 ont rédigé ce samedi 26 septembre 2020 un tribune dans le journal Le Monde dans laquelle ils préconisent un reconfinement général du 1er au 20 décembre 2020 afin d'éviter une hécatombe chez les personnes âgées et vulnérables après les fêtes de Noël.

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