Covid : La vaccination des 12-15 ans avec Pfizer autorisée en Europe

Par Manon C., Laurent P., Cécile D. · Publié le 29 mai 2021 à 10h05 · Mis à jour le 29 mai 2021 à 10h24
Après concertation, l'Agence européenne du médicament a approuvé la vaccination des adolescents à partir de 12 ans avec Pfizer, ce vendredi 28 mai. La France, quant à elle, attend encore l'avis de la Haute Autorité de Santé qui devrait être rendu "dans le courant de la semaine prochaine."

Le vaccin contre la Covid de chez Pfizer est bien efficace contre le virus, et en particulier chez les plus jeunes... Selon les résultats d'un essai clinique en phase 3 mené sur 2 260 adolescents aux États-Unis, et dont les résultats ont été publiés en amont dans un communiqué, le vaccin du laboratoire américain et de son partenaire allemand, BioNTech a "démontré une efficacité de 100 % et des réponses d’anticorps robustes" chez les 12-15 ans. Une bonne nouvelle pour cette tranche d'âge qui n'était pas encore concernée par la vaccination, et qui pourtant subit de plein fouet l'épidémie, les variants les touchant plus que la version dite "classique" du virus.

Ces résultats encourageants ont poussé les laboratoires à demander l'autorisation de commercialiser leur vaccin dans le but d'immuniser les adolescents de 12 à 15 ans. Le 28 mai, l'Agence européenne du médicament a donné son accord. « Comme prévu, le comité des médicaments à usage humain de l’EMA a approuvé aujourd’hui l’utilisation du vaccin de Pfizer/BioNTech pour les adolescents de 12 à 15 ans », a déclaré le régulateur européen. 

Les Etats-Unis et le Canada utilisent d'ores et déjà le vaccin Pfizer pour protéger les adolescents dès 12 ans, et l'Allemagne a annoncé que ses adolescents pourraient prendre rendez-vous pour se faire vacciner à partir du 7 juin. La France attend encore, quant à elle, l'avis de la Haute Autorité de Santé qui devrait être rendu "dans le courant de la semaine prochaine". Seront pris en cause, la sécurité et l'efficacité du vaccin Pfizer sur cette tranche d'âge, évidemment, mais également la disponibilité des doses et la stratégie vaccinale. 

Moderna doit déposer très bientôt une demande auprès des instances de santé européennes, pour que son vaccin soit lui aussi utilisé pour vacciner les populations les plus jeunes.

L'efficacité du vaccin est plus forte que ce que les premières études laissaient envisager, même chez les adultes. Selon Clalit, principal assureur de santé d'Israël, celle-ci s'élèverait à 94% à en croire les résultats de l'étude menée par celui-ci, sur un million d'Israéliens vaccinés depuis le début de la campagne. Une étude qui a consisté en des tests effectués par les chercheurs sur 600 000 personnes ayant reçu les deux doses, à côté d'un nombre équivalent de personnes n'ayant pas été vaccinées.

"Il y avait une réduction de 94 % du taux d’infection symptomatique et une baisse de 92 % du taux de maladie grave, comparé à 600 000 (volontaires) similaires n’ayant pas été vaccinés", explique ainsi l'assureur dans un communiqué. Et de poursuivre : "L’efficacité du vaccin est maintenue dans toutes les catégories d’âge, y compris chez les plus de 70 ans".

Des résultats encourageants

Une étude dont les résultats sont similaires à ceux publiés par le laboratoire Pfizer il y a plusieurs semaines. Le 9 novembre dernier, Pfizer et BioNTech annonçaient ainsi que leur vaccin était "efficace à 90%", selon les résultats préliminaires de la phase 3, soit la dernière phase avant une demande d'homologation. 

Cette "efficacité vaccinale" a été mesurée en comparant le nombre de participants infectés par le nouveau Coronavirus dans le groupe qui a reçu le vaccin et dans celui sous placebo, "sept jours après la deuxième dose" et 28 jours après la première, ont expliqué Pfizer et BioNTech dans leur communiqué.

Quelques jours plus tard, mercredi 18 novembre, les deux laboratoires annonçaient que leur vaccin était finalement efficace à 95% d'après les résultats complets de la phase 3 de l'étude clinique. Le communiqué dévoilait également deux données importantes, qui étaient encore floues lors de la publication des résultats préliminaires, le 9 novembre dernier : d'une part, l’injection double n’aurait pas d’effets secondaires notables sur la durée étudiée, et d'autre part, le vaccin serait efficace sur tous les genres et toutes les classes d’âges. 

Des essais cliniques toujours en cours

Pour rappel, ce vaccin a été développé "à l’aide de la technologie ARNm de BioNTech en Chine continentale, à Hong Kong, à Macao et à Taïwan". Celui-ci fait partie des candidats vaccins testés actuellement ou prochainement sur l'Homme, comme celui de Moderna Therapeutics ou encore celui d'AstraZeneca qui devait potentiellement entrer en circulation en septembre, mais qui pourrait finalement être prêt pour décembre 2020 d'après le patron de la firme.

À noter également que des essais cliniques ont été lancés sur une population plus jeune, toujours aux États-Unis, sur un premier groupe ayant entre 5 et 11 ans. Un autre groupe plus jeune, âgé de 2 à 5 ans, devrait également recevoir une dose de vaccin d'ici début avril, dans le cadre de cet essai clinique.

La phase 3 d'étude clinique du vaccin Pfizer durera encore deux ans au minimum, afin d'étudier la durabilité du traitement et l’émergence d’éventuels effets secondaires à long terme. Mais cela n'a pas empêché une commercialisation avant la fin de l'étude. Les deux firmes espèrent également produire 1,3 milliard de doses pour la fin 2021. 

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