Covid : le vaccin de Pfizer bel et bien efficace contre tous les variants du virus

Par Laurent P. · Publié le 10 février 2021 à 12h13 · Mis à jour le 10 février 2021 à 12h51
Le vaccin contre la Covid de chez Pfizer bel et bien efficace contre les variants britannique, sud-africain et brésilien... C'est ce qu'indique une nouvelle étude effectuée in vitro et parue dans la revue Nature Medicine fin janvier. Quelques jours plus tôt, le 19 janvier, une autre étude expliquait pourtant le contraire concernant le variant sud-africain. On fait le point.

Une bonne nouvelle malgré l'arrivée des variants de la Covid sur le territoire... Selon une nouvelle étude effectuée in vitro par des chercheurs américains et publiée fin janvier dans la revue Nature Medicine, le vaccin de Pfizer serait bel et bien efficace contre les variants du coronavirus, qu'il s'agisse de la souche britannique, sud-africaine ou brésilienne. Au coeur des interrogations, une mutation en particulier, E484K, présente dans le variant sud-africain et brésilien, et ayant commencé à apparaître sur une souche du variant britannique.

En quoi a consisté cette étude ? Comme l'expliquent nos confrères du Figaro, les chercheurs du laboratoire "ont synthétisé des pseudovirus complets qu’ils ont mis en présence d’anticorps prélevés dans le sang de patients vaccinés". Une étude qui diffère des précédentes dans le sens où celles-ci laissaient surtout penser que les anticorps "identifiés comme étant les plus efficaces de se fixer au virus pour le bloquer" parvenaient peu à s'accrocher au virus, et l'empêcher d'entrer dans les cellules. Sauf que problème : ces anticorps-là étaient issus de patients guéris, et non vaccinés, puis mis en présence du virus. Tout le contraire de cette nouvelle étude qui utilise les anticorps issus du sang de volontaires vaccinés.

Quoiqu'il en soit, "Il y a des inquiétudes légitimes sur l’efficacité des anticorps face à ces variants", précise de son côté Étienne Decroly, directeur de recherche CNRS au laboratoire Architecture et fonction des macromolécules biologiques à Marseille, toujours à nos confrères du Figaro.

Et les résultats sont plutôt clairs : l'efficacité est similaire, voire identique, concernant ce vaccin par rapport à la souche "classique" du virus. "Ces résultats sont d’autant plus encourageants que cette méthode ne mesure que l’efficacité d’une partie du système immunitaire", explique de son côté Bruno Pitard, directeur de recherche CNRS au CRCINA, le Centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers. Et pour cause : le vaccin n'induit pas qu'une production d'anticorps, mais active "toute une réponse dite «cellulaire» contre le virus qui n’est pas mesurée dans ces travaux", selon Le Figaro.

Le 8 janvier 2021, Pfizer annonçait déjà dans un communiqué que son vaccin, le premier à circuler en France et dans plusieurs autres pays du monde, était bien efficace contre les deux nouvelles souches du virus, l'une tout droit venue du Royaume-Uni, l'autre d'Afrique du Sud. Une efficacité déterminée après qu'une étude en laboratoire ait été menée par le groupe pharmaceutique, ainsi que par des scientifiques de l'université du Texas.

Sauf qu'une nouvelle étude préliminaire, publiée par des médecins sud-africains le 19 janvier, venait doucher les espoirs de beaucoup. Et pour cause, ce variant "est largement résistant aux anticorps neutralisants provoqués en réponse à une infection par des souches en circulation précédemment", et semble avoir des "implications sur l’efficacité des vaccins", ceux-ci étant "principalement basés sur une réponse immunitaire à la protéine Spike".

Concernant l'étude menée par Pfizer au début du mois de janvier, celle-ci indiquait plus précisément que le vaccin est en capacité de "neutraliser" le virus comportant la mutation N501Y de la protéine, ce qui est le cas du variant britannique présent sur le territoire. "Les anticorps des personnes ayant reçu le vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 neutralisent efficacement le SRAS-CoV-2 avec une mutation clé qui se trouve également dans deux souches hautement transmissibles", a également expliqué le laboratoire. Pour faire plus simple, seule une toute petite partie de la protéine du virus (1%) a muté, et non le virus dans son intégralité. D'où l'affirmation de l'efficacité de ce vaccin.

Celle-ci a été menée sur plusieurs échantillons de sang, prélevés sur des volontaires ayant reçu le vaccin, mais reste insuffisante pour affirmer définitivement une efficacité confirmée sur les deux variants. Pourquoi alors sortir ces résultats ? Les scientifiques expliquent, selon nos confrères du Figaro, "que les résultats de l'étude contribueraient néanmoins à apaiser les craintes autour des vaccins administrés à des millions de personnes dans le monde dans le cadre de la lutte contre la pandémie". D'autres études doivent désormais être menées pour confirmer ces observations.

À noter également qu'une autre étude, accessible en pre-print sur MedRxiv, semble venir confirmer la nouvelle étude de Pfizer sur le sujet, indiquant plus précisément que les vaccins à ARNm protégeraient plus durablement les personnes ayant déjà contracté le virus, puis guéri de la Covid, contre les différents variants. "L’immunité induite par une primo-infection est plus complète que celle induite par un vaccin", explique Jean-Daniel Lelièvre, professeur en immunologie, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Et de poursuivre : "Il n’est pas étonnant, en théorie, qu’elle protège contre les variants. Mais en cas de seconde contamination, il y a un délai dans l’organisme pour que les cellules lancent la production d’anticorps. Ce délai se traduit par l’apparition de symptômes (toux, fièvre)…".

Une bonne nouvelle, donc... Ne reste plus qu'à vacciner.

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