Covid : l'EMA autorise le stockage du vaccin Pfizer dans des réfrigérateurs classiques

Par Cécile de Sortiraparis, Laurent de Sortiraparis · Publié le 20 mai 2021 à 10h42
L'Agence européenne des médicaments a annoncé vendredi 26 mars que le vaccin contre la Covid de Pfizer/BioNTech pouvait être conservé plus facilement, à des températures plus élevées que celles préconisées pour le moment, pendant deux semaines. Une autorisation qui fait suite aux recommandations, données mi-février, du laboratoire américain en matière de conservation.

Une bonne nouvelle qui pourrait faciliter la conservation du vaccin contre la Covid de chez Pfizer et BioNTech... L'Agence européenne du médicament a annoncé ce vendredi 26 mars que le vaccin Pfizer pouvait désormais être conservé plus facilement à des températures plus élevées, que celles recommandées pour le moment (-70°), pendant au moins deux semaines. Une température de conservation qui devrait ainsi faciliter sa distribution.

Et d'indiquer dans un communiqué avoir "émis un avis positif pour permettre le transport et le stockage des flacons de ce vaccin à des températures comprises entre -25 et -15°C (c'est-à-dire la température des congélateurs pharmaceutiques standard) pour une période unique de deux semaines". Toujours selon l'agence, "Il s'agit d'une alternative au stockage à long terme des flacons à une température comprise entre -90 et -60 °C dans des congélateurs spéciaux". Une annonce qui vient donner un cadre officiel aux recommandations des deux laboratoires, qui annonçait le 19 février ce que vient d'autoriser le régulateur européen.

À l'origine, ces données ont été soumises à la FDA, la Food and Drug Administration, qui "démontrent la stabilité du vaccin" si celui-ci est stocké à entre -25 et -15 degrés. Une température qui équivaut à celle de congélateurs médicaux communs. Pour le moment, les conditions mises en place au sein de l'Union européenne préconisent une conservation entre -80 et -60° degrés et mettant la logistique du transport et de la conservation à rude épreuve.

Des données qui ont ensuite été analysées par le régulateur américain, puis par le régulateur européen. À noter que pour le moment, trois autres vaccins ont été autorisés au sein de l'Europe, en plus de celui de Pfizer : celui de Moderna, celui d'AstraZeneca, et celui de Johnson & Johnson. Le premier se conserve à -70°, le second à des températures plus élevées et le troisième dans un simple réfrigérateur. 

Un stockage facilité

Après ces premières études, les instances sanitaires ont pu prendre une décision qui devrait faciliter le stockage du vaccin Pfizer, et donc accélérer toujours plus la campagne de vaccination. Lundi 17 mai 2021, l’agence européenne des médicaments (EMA) a autorisé le stockage du vaccin Pfizer-BioNTech au réfrigérateur, dans des températures comprises entre 2 et 8°C, pendant un mois maximum si le flacon n'est pas ouvert. 

Cette autorisation permet donc aux médecins généralistes de stocker et injecter le vaccin à ARN Messager à leurs patients. « Nous avons un maillage unique qui peut nous permettre, avec les pharmaciens et infirmiers, de vacciner 500 000 personnes par jour. Cela doublerait le rythme actuel. Équipez-nous ! », insiste Dr Jérôme Marty, président de l’Union Française pour une Médecine Libre (UFMLS), dans les colonnes du Parisien.

Olivier Véran, ministre de la Santé, ne semble pas convaincu pour le moment. Le 17 mai au soir, le ministre indiquait sur BFMTV : « Pour l’instant, en ville, on aura le Moderna (NDLR : à partir de la semaine prochaine). Ensuite, si la stratégie vaccinale devait durer, avec une troisième dose par exemple, on basculera peut-être. »

Dans les zones rurales, la possibilité de conserver le vaccin Pfizer au réfrigérateur classique devrait grandement faciliter le quotidien des soignants. « Dans nos 12 centres de vaccination, nous devrions être livrés deux fois par jour en provenance de l’hôpital centralisateur qui dispose des super congélateurs. C’est sûr que cela sera plus simple », se réjouit le conseil départemental du Gers.

Cette nouvelle soulage également de nombreux pays en voie de développement, qui connaissent beaucoup de difficultés à organiser leur campagne de vaccination, faute de matériel adapté. Lorenzo Delesgues, fondateur de Voxmapp, une start-up française qui travaille avec le Programme des Nation unies pour le développement, explique au Parisien que « dans des pays comme la Tanzanie, l’Éthiopie, le Népal, on rencontre des difficultés d’acheminement dans les zones reculées, en raison de faibles infrastructures routières et électriques, pour apporter ce vaccin au plus proche des habitants. En Afghanistan, les autorités ont, pour le moment, décidé d’accepter uniquement les vaccins qui se conservent à -4 °C et plus. Je ne sais pas si cette annonce va les faire changer d’avis mais ça va dans le bon sens. »

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