Covid : l'Italie bloque l'exportation de doses du vaccin AstraZeneca vers l'Australie

Par Laurent P. · Publié le 5 mars 2021 à 16h00 · Mis à jour le 12 mars 2021 à 10h31
L'Italie a annoncé jeudi 4 mars avoir bloqué la livraison de vaccins contre la Covid d'AstraZeneca en direction de l'Australie, dans le but de faire pression sur le laboratoire britannique quant au respect du contrat passé avec Bruxelles. Un contrat qu'AstraZeneca s'évertue à ne pas vouloir suivre.

Nouveau coup d'éclat dans l'affaire entre l'Union européenne et AstraZeneca quant au retard de livraison de son vaccin contre la Covid... L'Italie a annoncé par voie de presse jeudi 4 mars utiliser un mécanisme européen pour bloquer l'exportation de doses produites sur le sol italien à destination de l'Australie. Une décision qui intervient après que Bruxelles ait lancé plusieurs avertissements au laboratoire suédo-britannique pour les obliger à respecter leur contrat. Et une mesure forte, également, encouragée par l'UE, dont le but est de faire pression sur AstraZeneca pour que le laboratoire livre en temps et en heure l'Europe au lieu d'utiliser les usines en son sein pour fournir des doses à d'autres pays qui ne sont pas prioritaires.

En quoi consiste ce "mécanisme européen" ? Il s'agit, comme l'expliquait Bruxelles en janvier dernier, d'un "mécanisme de transparence et d'autorisation pour les exportations de vaccins contre la Covid-19", comme le rappellent nos confrères du Figaro. Pour faire plus simple, ce mécanisme propose de soumettre jusqu'à la fin mars les décisions d'exportations de vaccins hors de l'Union européenne aux États membres, à la condition que le laboratoire produisant ces vaccins sur le sol européen soit en contrat d'achats anticipés avec Bruxelles, ce qui est le cas pour AstraZeneca.

Une exportation des vaccins hors de l'UE qui est uniquement possible, selon ce mécanisme, "dans la mesure où le volume des exportations desdits produits n'est pas tel qu'il constitue une menace pour la fourniture continue des vaccins nécessaires à l'exécution des contrats d'achat anticipés entre l'Union et les fabricants de vaccins". Une mesure qui ne concerne bien évidemment pas les exportations humanitaires, pour des pays faisant partie du dispositif Covax. L'Australie, plus épargnée en ce moment, ne faisant pas partie des "exceptions" prévues par le règlement européen et l'Italie ayant enregistré plus de 18 000 nouveaux cas la dernière semaine de février, le gouvernement Draghi est dans son droit.

Une décision italienne saluée par la France, à travers la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Celle-ci expliquait ce vendredi au micro de nos confrères d'Europe 1 que le laboratoire n'était "pas encore revenu aux contrats" et que "l'Italie a bien fait de bloquer ces livraisons". Même chose pour Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires européennes, au micro de nos confrères de RTL : "Si on estime que ça peut nous pénaliser, nous bloquons, nous les gardons. C'est ce qu'a fait l'Italie. Je crois en l'occurrence qu'elle a bien fait", explique-t-il.

Un blocage des livraisons de vaccins qui a également fait réagir l'Australie, celle-ci comprenant la décision du gouvernement Draghi : "En Italie, les gens meurent au rythme de 300 personnes par jour. Je peux donc comprendre le niveau élevé d'inquiétude qui existe en Italie et dans de nombreux pays d'Europe", indique ainsi le gouvernement australien. Et de poursuivre : "Ils sont dans une situation de crise. Ce n'est pas le cas en Australie". De son côté, Camberra doit recevoir d'autres livraisons bien plus importantes, pour contrebalancer ce contretemps. 

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