Covid : les infirmiers autorisés à prescrire les vaccins dès ce 26 mars

Par Cécile de Sortiraparis · Publié le 26 mars 2021 à 10h09
Après l'avoir réclamé pendant plusieurs semaines, ils ont obtenu gain de cause : les infirmiers sont désormais autorisés à prescrire eux-mêmes des vaccins contre la Covid-19 pour leurs patients. Cette nouvelle compétence entre en vigueur dès ce vendredi 26 mars 2021.

Les pharmaciens, les pompiers, les médecins généralistes, les vétérinaires, les dentistes et maintenant les infirmiers. Lors de son point presse du 25 mars, Olivier Véran, ministre de la Santé, a annoncé l'extension des missions des infirmières et infirmiers. Ces derniers, à partir de ce 26 mars, peuvent désormais prescrire des vaccins contre la Covid-19 à leurs patients.

La Haute Autorité de Santé a finalement cédé face aux demandes répétées de l'Ordre national des infirmiers et après qu'Olivier Véran ait saisi l'organisme pour exiger une évolution rapide de cette situation. 

Le gouvernement espère que cette décision permettra d'accélérer la vaccination. En prescrivant et injectant le vaccin d'eux-mêmes, sans devoir faire intervenir un acteur tiers, les infirmiers gagnent un temps précieux et peuvent protéger leurs patients plus efficacement.

Pourquoi les infirmiers ne pouvaient-ils pas vacciner la population avant ?

Une semaine auparavant, dans une tribune diffusée par le Journal du Dimanche, l'Ordre national des infirmiers demandait une fois de plus l'extension de leurs droits pour faciliter et accélérer la vaccination du grand public. 

« Alors que des livraisons massives de vaccins sont attendues à compter de la fin mars, n’attendons pas d’être débordés pour mettre en place des mesures de santé publique impactantes pour accompagner ces livraisons sur tout le territoire », insistait le président de l'Ordre Patrick Chamboredon et Gérard Raymond, président de France Assos Santé, co-signataire de cette tribune.

Pourquoi un tel blocage alors que la vaccination fait partie du quotidien du travail d'un infirmier ? Pour le moment, ces derniers ne peuvent pas vacciner de patients sans une prescription réalisée par un médecin. Une étape supplémentaire dans l'accès à la vaccination qui freine lourdement l'immunisation de la population.

L'Ordre des infirmiers dénonçait donc « l’incohérence du dernier avis de la Haute autorité de santé » à ce sujet, « incohérence d’autant plus flagrante vis-à-vis du rôle et des compétences des infirmiers, qui sont des acteurs reconnus de la vaccination et qui ont déjà le pouvoir de prescrire certains vaccins (notamment antigrippe) ». Cet avis stipulait que les sages-femmes et les pharmaciens peuvent prescrire un vaccin à leurs patients. En revanche, les infirmiers ne se voyaient pas attribuer de tels pouvoirs.

Les citoyens souhaitant de faire vacciner devaient donc d'abord aller voir leur médecin traitant pour obtenir une ordonnance s'ils souhaitent se faire vacciner par un.e infirmier.ère.

Cette obligation « de prescription par un médecin peut être un frein à la prise en charge », notamment « lorsque l’on n’a pas de médecin traitant » selon l'Ordre des infirmiers. 

Les co-auteurs de la tribune soulignaient également le fait que de nombreux infirmiers se déplacent à la rencontre de leurs patients, « au domicile des malades. » Les soins et les visites régulières permettent de forger une plus grande confiance entre professionnels de santé et malade, élément qui pourrait être un facteur clé pour pousser de nombreuses personnes hésitant à se faire vacciner à sauter le pas. 

« Ne prenons pas le risque d’exclure de la vaccination les personnes fragiles et isolées », pressent Patrick Chamboredon et Gérard Raymond. 

Selon les deux professionnels, Alain Fischer, président du conseil d'orientation sur la stratégie vaccinale, juge lui aussi cette décision absconse, et il appelle la Haute autorité de santé à réviser son avis et « donner la dérogation complète de la capacité vaccinale aux infirmiers. »

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