Covid - AstraZeneca : premiers résultats prometteurs pour un traitement préventif par anticorps

Par Laurent P. · Mis à jour le 26 août 2021 à 11h33 · Publié le 24 août 2021 à 10h09
Le laboratoire AstraZeneca a dévoilé vendredi 20 août les premiers résultats, prometteurs, d'une étude sur un traitement préventif du Covid par anticorps. Un traitement qui réduirait de 77% le risque de développer une forme grave de la maladie. On fait le point !

Après un vaccin contre le Covid, un traitement à l'étude... Le laboratoire AstraZeneca a annoncé vendredi 20 août 2021 avoir obtenu des résultats prometteurs quant à un essai clinique en cours sur un traitement préventif par anticorps, pour éviter les formes graves du coronavirus. Un traitement qui permettrait de réduire de 77% le risque de développer une forme sévère de la maladie. 

Baptisé AZD7442, celui-ci vient de terminer sa troisième phase d'essai clinique et a consisté en deux groupes, l'un ayant reçu le traitement préventif, et l'autre un placebo. Au total, ils sont 5200 personnes dans le monde à avoir participé à cet essai, dont des Français, Nord-Américains, Belges, Espagnols ou encore Britanniques. Une demande de commercialisation du traitement a été faite dans la foulée aux États-Unis, à la FDA, pour une mise en circulation d'ici la fin de l'année.

Un traitement qui doit ainsi venir compléter l'arsenal anti-Covid, aux côtés du vaccin : "les deux poursuivent le même but : protéger contre les formes graves de la maladie", explique ainsi à nos confrères de France 24 Penny Ward, professeure invitée en médecine pharmaceutique au King’s College de Londres. Un traitement différent des anticorps monoclonaux actuellement utilisés par les hôpitaux contre le coronavirus, ceux-ci servant à guérir et non à prévenir : "C’est la grande différence avec les vaccins qui, eux, cherchent à stimuler le système immunitaire pour qu’il fabrique lui-même ses anticorps, alors que ces traitements permettent d’injecter directement les anticorps jugés efficaces en laboratoire", poursuit Penny Ward.

Mais le traitement ne remplace en aucun cas le vaccin, qui doit être privilégié selon la chercheuse : "il faut toujours préférer la vaccination au traitement à base d’anticorps monoclonaux quand c’est possible", indique-t-elle. Et pour cause : le vaccin, avec ses deux doses, permet de créer des anticorps (pour la première) et de réveiller les anticorps dits "de mémoire" (lymphocyte T, pour la seconde dose). Le traitement proposé par AstraZeneca, lui, ne permet pas de développer les anticorps de mémoire, luttant sur le long terme contre l'infection.

Une bonne nouvelle, tout de même, puisque si ce traitement est validé et autorisé par les régulateurs, celui-ci pourra mieux protéger les personnes chez qui le vaccin n'apporte pas la réponse immunitaire souhaitée, à l'image des "personnes atteintes de certaines comorbidités qui affectent leur système immunitaire, comme les patients atteints de cancer, du virus du sida ou qui prennent des médicaments qui fragilisent leur système immunitaire", explique Penny Ward. Une façon également de convaincre les réfractaires aux vaccins, qui pour une partie préfèrent attendre l'arrivée d'un traitement, même préventif, efficace contre le Covid.

Et tout le monde y sort gagnant.

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