Covid : les non-vaccinés devraient avoir le choix de la réanimation selon le Pr. Grimaldi

Par Laurent P.
À l'heure où les contaminations au Covid s'intensifient, avec toujours plus d'hospitalisations, la question du tri des patients commence à se poser dans certains hôpitaux du pays... Pourquoi donc ne pas proposer aux personnes hospitalisées pour une forme grave du coronavirus de rédiger en amont des directives quant à une éventuelle réanimation ou non ? Une idée avancée par le professeur André Grimaldi, l'une des figures de la défense de l'hôpital public. On fait le point !

Et si les personnes non vaccinées hospitalisées pour une forme grave du Covid avaient le choix quant à une réanimation en cas d'aggravation entraînant un arrêt respiratoire et/ou cardiaque ? C'est l'idée qu'avançait dans une tribune publiée chez nos confrères du JDD dimanche 2 janvier 2022 le professeur André Grimaldi, l'une des figures de la défense de l'hôpital public, expliquant qu'il pourrait être utile, pour soulager un peu les soignants dans leur travail, de "conseiller systématiquement de rédiger des directives anticipées pour dire si elle souhaite ou non être réanimée".

"La question que posent la 5e vague en cours et la 6e vague annoncée est à nouveau celle du tri des patients à admettre en réanimation", poursuit le professeur. Et de rappeler que "d’ores et déjà, l’activation des plans blancs amène à reporter des opérations et des hospitalisations non urgentes pour donner la priorité aux patients Covid devant être intubés et ventilés". Aujourd'hui, l'hôpital tente le tout pour le tout pour sauver les malades en insuffisance respiratoire, dans le strict respect du serment d'Hippocrate. Une poursuite des soins, quoiqu'il en coûte, qui se fait sans l'aval du patient, l'urgence de la situation l'exigeant.

"Mais ce rappel éthique ne gomme pas la question du tri quand il n’y a qu’un lit pour deux patients relevant tous deux de la réanimation", poursuit le professeur André Grimaldi. Et de continuer : "Auquel donner la priorité ? C’est aux soignants de décider collégialement, mais cela devrait être aux sociétés savantes, aux agences indépendantes, aux comités d’éthique et, au-delà, à la société dans son ensemble et à ses élus de débattre des principes qui doivent guider les soignants".

C'est pourquoi, selon lui, "il serait bon de conseiller systématiquement à toute personne adulte refusant de se faire vacciner de rédiger des directives anticipées pour dire si elle souhaite ou non être réanimée en cas de forme grave de Covid". Et de conclure : "Une personne revendiquant le libre choix de ne pas se faire vacciner ne devrait-elle pas assumer en cohérence son libre choix de ne pas se faire réanimer ?". Pour rappel, fin décembre, une quinzaine de médecins signaient une tribune chez nos confrères du Monde, indiquant vouloir prendre en compte le statut vaccinal quant à la priorisation des soins pour les patients en réanimation. Une solution qui, toujours selon la tribune, n'est pas envisageable.

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