Coronavirus : le chômage partiel baissé à 85% pris en charge par l'État au 1er juin 2020

Par Alexandre G., Julie M. · Publié le 25 mai 2020 à 19h24 · Mis à jour le 25 mai 2020 à 19h33
Le gouvernement étudie toutes les possibilités pour réduire de manière progressive le dispositif de chômage partiel, à la charge de l'État. Très largement étendu au fil des semaines et à mesure que la crise s'intensifiait, l'exécutif prévoit de faire machine arrière en abaissant dans un premier temps l'indemnisation de 100% à 85%. Pour le secteur du tourisme, prolongation jusqu'à la fin de l'année 2020.

Comme promis, le chômage partiel ne sera pas éternel. En France, une grande partie de l'activité économique se voit encore limitée par le confinement, et ce malgré le déconfinement en cours depuis le 11 mai. Alors que les transports reprennent petit à petit un trafic important, et que tous les secteurs d'activité sont appelés à reprendre le travail sauf quelques exceptions, c'est le dispositif de chômage partiel qui devrait lui aussi revenir à la normale.

Seule exception : les salariés des entreprises du tourisme pourront eux profiter du dispositif jusqu'à au moins fin septembre, comme l'a précisé le Premier ministre ce jeudi 14 mai lors de l'annonce du plan de relance pour le tourisme. Si jamais les activités reprennent "trop lentement", il pourra se prolonger "au-delà", soit jusqu'à la fin de l'année. Cette dérogation se justifie par la paralysie totale du secteur, qui devrait durer encore au moins jusqu'à 2021 pour une très large partie des entreprises touchées. 

Après avoir élargi la prise en charge de l'Etat à hauteur de 100%, ou la possibilité d'individualiser l'agencement, Les Echos révèle que le gouvernement envisage de réduire progressivement ces largesses en abaissant dans un premier temps l'indemnisation à 90%. Le Ministre de l'Économie précise "On sera à moins de 100 % mais, ne vous inquiétez pas, on ne va pas passer à 50 ou 70 %" et ajoute "Ce sera raisonnable, ce sera progressif, ce sera annoncé le 1er juin".

Et effectivement, l'information vient de tomber, au 1er juin le chômage partiel passera de 100% à 85% pris en charge par l'État, mais toujours dans la limite de 4,5 SMIC. Concrètement, les entreprises devront assumer elles-mêmes 15% de l'indemnisation de leur salariés et "seront ainsi remboursées de 60% du salaire brut, au lieu de 70% précédemment" précise le ministère du Travail dans un communiqué ce lundi 25 mai 2020.

Une mesure qui "permet d’encourager la reprise d’activité dans les secteurs qui ne subissent plus de contraintes à la reprise, tout en préservant les secteurs qui demeurent fermés ou très impactés par les mesures sanitaires, et en garantissant le même niveau d’indemnisation pour salariés", selon le ministère.

Comme les membres du gouvernement aiment à le rappeler, le dispositif français est "le plus généreux d'Europe". Et c'est justement ce qui semble titiller l'exécutif : après avoir étendu les mesures pour sauver l'emploi, la ministre du Travail Muriel Pénicaud considère "qu'aujourd'hui, les conditions de reprise sont là", ce qui implique qu'il n'y aurait "pas tellement de raison que ce soit l'Etat qui continue à payer l'intégralité des salaires de 12 millions de salariés en France" comme elle l'expliquait mardi. 

Effectivement : avant le confinement, sur le papier, lorsqu'une entreprise déclarait ses salariés en chômage technique ou partiel, en se basant sur la limite de 35 heures payées, elle se trouvait jusqu'alors dans l'obligation de verser 84% du salaire. Soit une perte de 16% sur leur rémunération mensuelle.L'unique exception à noter concernait les salariés au Smic, dont le salaire reste encore intact.

Depuis le 18 mars, l'Etat prend en charge la totalité de la somme versée au salarié. Petite précision : que l'on soit en CDI ou en CDD, ces règles ne diffèrent pas. Une mesure utile pour sauver les emplois, et éviter les licenciements économiques forcés aux entreprises touchées par la crise. Une aide conséquente, qui représente en trésorerie environ 50 milliards d'euros en faveur de l'économie. Alors aujourd'hui, pour limiter la casse et éviter le surendettement. "Les salariés, eux, ne perdront rien, ce sont les employeurs qui vont devoir payer un peu plus" précise Bruno Le Maire.

Pour rappel, lundi 16 mars 2020, Emmanuel Macron annonçait coup sur coup lors d'une allocution télévisée les nouvelles mesures de confinement en vigueur et le plan économique de protection pour les salariés et entreprises touchées de plein fouet par la crise. Conséquence directe du confinement, beaucoup de salariés se sont retrouvés au chômage partiel ou technique. De nombreuses entreprises devraient continuer à utiliser ce dispositif, au moins jusqu'à la rentrée scolaire. 

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