Immobilier à Paris : ce qui change la donne

Par Rizhlaine F. · Photos par Caroline J. · Publié le 10 septembre 2020 à 14h38 · Mis à jour le 10 septembre 2020 à 15h13
Sera-t-il toujours aussi difficile de se loger à Paris ? Que ce soit à l'achat ou à la location, la quête d'un logement parisien est loin d'être simple. Néanmoins de nouveaux facteurs pourraient bien changer la donne. La tendance semble déjà se profiler puisque selon Price Hubble la capitale enregistrerait une baisse de 0,4% sur les prix affichés sur les annonces. Une première depuis 2014. Les biens mettraient par ailleurs plus de temps à trouver un acquéreur.

Ce n'est un secret pour personne, les logements dans les grandes métropoles représentent un budget conséquent et la capitale n'échappe évidemment pas à la règle. Que ce soit à l'achat où à la location, se loger à Paris coûte cher et la moyenne du prix du m2 a dépassé les 10 000€. Sans surprise, il s'agit de la ville la plus chère de France. 

Du côté des locataires, la recherche d'un bail longue durée s'est compliquée ces dernières années en raison d'une offre inférieure à la demande. Selon Se Loger, la location d'un logement étudiant sur la base des annonce d'avril à juin 2020 représente un loyer moyen de plus de 800€ pour une surface de près de 20m2. 

Mais cette tendance pourrait-elle s'inverser ? Après qu'une stagnation des prix a été constatée du côté des notaires, une étude menée par Price Hubble indique désormais que Paris connait une baisse de 0,4% sur les prix affichés sur les annonces. Si cela parait peu, cette tendance n'avait pas été observée depuis 2014. D'autres facteurs à venir pourraient également jouer non seulement en faveur d'une baisse du prix de l'immobilier à Paris mais aussi des loyers. Les biens en vente prennent plus de temps à trouver un acquéreur y compris en petite couronne. "Avant, un bien en rez-de-chaussée trouvait un acquéreur dans l'immédiat. Maintenant on a beaucoup plus de mal à les vendre" explique une directrice d'agence immobilière à Montreuil.

Si les places sont chères dans la capitale, à l'issu des deux mois de confinement, des parisiens ont pourtant été saisis d'une envie d'ailleurs. La démocratisation du télétravail, le désir de surfaces plus grandes, de terrasses ou encore de jardins semble avoir motivé les départs. Pour certains, ce sera hors de la région, pour d'autres il est désormais question de quitter l'hexagone.

Mais pour la plupart, c'est le Grand Paris qui prend des airs d'Eldorado : selon le site Particulier à Particulier, la recherche de logement en location à Paris représente désormais un quart seulement des recherches dans la région île-de-France contre un tiers auparavant. En revanche, en grande couronne les recherches explosent : en juin 2020, on enregistrait 140% de recherche en plus en Seine-et-Marne par rapport à l'année précédente. Il s'agit là de la hausse la plus spectaculaire de la région. Ce département est suivi du Val d'Oise avec une augmentation de 113%, des Yvelines avec 110% de recherche en plus et de l'Essonne qui présente une hausse de 104%. Le site Cadremploi avait par ailleurs récemment mené une étude indiquant que 70 % des cadres parisiens interrogés serait prêt à déménager en grande couronne si le télétravail leur était rendu possible. 

Une perspective qui pourrait libérer des logements au sein de la capitale... mais ces derniers se tourneraient-ils alors vers la location saisonnière ? La mairie de Paris ne semble pas l'entendre de cette oreille. Pour son second mandat, Anne Hidalgo semble prête pour un bras de fer contre les logements de type Airbnb. À l'automne 2020, un référendum devrait avoir lieu au sujet de la célèbre plateforme de location saisonnière entre particuliers. L'idée serait de réduire le nombre de nuitées autorisés par année à la location saisonnière qui pourrait passer de 120 à 60 ou 30. 

Pour les loueurs en infraction, un compromis leur est désormais proposé : la Mairie de Paris s'engage à cesser les poursuites judiciaires à condition que les propriétaires assignés (près de 300) s'engagent à signer un bail de plus de 3 ans à un loyer fixé à 20% en dessous des prix du marché. Au total la location saisonnière illicite concernerait 5000 propriétaires parisiens. 

L'objectif final de la Ville de Paris ? La création d'une société immobilière pour le logement abordable qui proposerait ainsi des biens à la location pour un loyer là encore fixé a environs 20% en dessous des prix du marché en rachetant notamment des appartements airbnb. 500 logements neufs devraient également être mis en vente à 5000€ le m2 dans 5 sites parisiens selon certaines conditions.

Il est également question de rééquilibrer la proportion des HLM dans l'ensemble des arrondissements de la capitale. Ainsi la capitale devrait également proposer de nouveaux logements sociaux : près d'une centaine sera par exemple proposée au sein de la Samaritaine

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