"Sécurité globale" : création d'une commission indépendante pour réécrire l'article 24 de la loi

Par Alexandre G. · Photos par Alexandre G. · Publié le 27 novembre 2020 à 11h39 · Mis à jour le 27 novembre 2020 à 12h52
Le Premier ministre Jean Castex a annoncé dans la soirée du jeudi 26 novembre 2020 la création d'une commission indépendante, dont la mission sera de réécrire l'article 24 de la controversée loi "sécurité globale". La coordination #StopLoiSécuritéGlobale dénonce une "opération de communication".

On n’a pas fini d'entendre parler de la loi "sécurité globale". Alors que les manifestations s'enchaînent et que les vidéos de violences policières publiées sur les réseaux sociaux indignent une bonne partie de l'opinion publique depuis le 17 novembre 2020, Matignon fait machine arrière ce jeudi 26 novembre : le Premier ministre Jean Castex confirme la création d'une commission indépendante pour réécrire l'article 24 de la proposition de loi

Aussi, l'article polémique et une bonne partie du projet de loi ont d'ores et déjà été votés en première lecture à l'Assemblée nationale. Le même projet de loi doit d'abord être soumis au Sénat avant d'être définitivement adopté par l'appareil législatif français. On le rappelle, cet article 24 vise à pénaliser la publication d'images jugées "malveillantes" des forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions. C'est le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,  au coeur de toutes les polémiques actuelles autour des violences policières, qui est à l'origine de la création de cette commission

En ce sens, c'est le président de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, Jean-Marc Burguburu, qui sera chargé de mener à bien cette difficile tâche. La commission indépendante doit rendre ses travaux "pour la fin du mois de décembre", précise Matignon. Mais alors, pourquoi faire machine arrière après un peu plus de deux semaines d'inflexibilité ?  

Tout simplement parce que le sujet crée toujours plus de polémiques. Les violences policières liées aux manifestations, qui se concluent quasi systématiquement par une dispersion des opposants à coup de canons à eau et gaz lacrymogènes comme le prouvent les vidéos capturées sur le vif, les images de l'évacuation des migrants installés place de la République à Paris, jugées "choquantes" par le ministre de l'Intérieur en personne : "les raisins de la colère s'accumulent" témoigne Pablo P., un manifestant présent à tous les rassemblements. 

Surtout, c'est la publication par Loopsider d'une vidéo montrant le passage à tabac d'un homme noir par des policiers qui a déclenché une vive émotion, sur les réseaux et dans l'opinion publique. D'ailleurs, certains sportifs ont exprimé leur indignation à ce sujet. Pour la coordination #StopLoiSécuritéGlobale, il s'agit là d'une "opération de communication". 

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