Paris : des centaines de toxicomanes évacués des jardins d'Eole

Par Alexandre G. · Publié le 30 juin 2021 à 12h20 · Mis à jour le 30 juin 2021 à 12h21
À l'issue d'une réunion entre les mairies d'arrondissement et des associations du Nord-Est de Paris, Anne Hidalgo promettait de libérer le jardin d'Eole, dans le 18e arrondissement, des toxicomanes, et ce avant "fin-juin". Ce mercredi 30 juin, les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation de centaines de toxicomanes addicts au crack. Sans pour autant leur trouver de solution pérenne avant la rentrée de septembre.

Plus aucun toxicomanes dans les jardins d'Éole. Comme l'avait affirmé la maire de Paris Anne Hidalgo au début du mois, les consommateurs de crack ont été évacué ce mercredi 30 juin 2021 par les forces de l'ordre. Depuis le 17 mai dernier, les addicts du nord-est parisien avaient investi le parc situé dans le 18e arrondissement afin de désengorger le quartier Stalingrad, au grand dam des habitants. 

Ainsi, l'évacuation des toxicomanes des jardins d'Éole s'est faite dans la nuit. Comme le rapportent nos confrères du Parisien, c'est aux alentours de 1 heure du matin que les agents de sécurité de la Ville de Paris, accompagnés de médiateurs, ont procédé au dégorgement de l'espace vert. Forcément, des tensions ont éclaté à ce moment là, avec des injures, des jets de bouteilles en verre sur les policiers et des cris. 

Surtout, l'opération menée par les forces de l'ordre brille par son absence de prise en charge des toxicomanes. Pour l'heure, si les jardins d'Éole restent sous la surveillance active des CRS, ni la mairie de Paris ni la préfecture de police de la capitale n'ont encore trouvé de réponse adaptée pour gérer ces centaines de toxicomanes, toujours errants dans les rues de Paris. À l'issue des réunions organisées entre la Ville et les différents acteurs concernés, Anne Hidalgo s'est engagée à mettre en place une solution pérenne d'ici le mois de septembre.

Lundi 7 juin 2021, à l'issue d'une réunion tenue à la mairie du 18e arrondissement entre des collectifs de riverains et les pouvoirs publics afin de trouver des solutions sur le problème de trafic et de consommation de crack, la Ville de Paris tentait d'apporter des réponses concrètes. Anne Hidalgo, maire socialiste de la capitale, fixait d'ailleurs une "deadline fin-juin" pour que les habitants réinvestissent l'espace vert, nouvel épicentre du crack à Paris

Par ailleurs, la maire de Paris indique avoir eu le Premier ministre Jean Castex au téléphone il y a quelques jours au sujet du jardin d'Eole, dans le but de trouver une solution "pérenne", comme le rapportent nos confrères de BFM Paris. Anne Hidalgo détaille ses propositions. "D'abord, on va faire une proposition globale au Premier ministre sur comment sortir rapidement de cette situation inacceptable au jardin d'Eole", explique l'édile. "Le jardin d'Eole doit redevenir un jardin pour les riverains, les usagers et les enfants" avant fin-juin, promet la maire. 

Accompagnement des toxicomanes

Aussi, Anne Hidalgo a promis la mise en place d'un certain nombre de mesures à destination des toxicomanes. "Parallèlement, il faut aussi mettre en place tous le plan d'accompagnement pour sortir les toxicomanes de la situation dans laquelle ils sont" annonce la maire. Avec par exemple, une solution qui prendrait les mêmes contours que la salle de shoot de l'hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement. "La salle de shoot fonctionne, les riverains sont venus témoigner des mesures" souligne l'édile socialiste au micro de BFM. 

À Matignon, une réunion a lieu ce même jour entre le Premier ministre et les membres du gouvernement concernés, afin de statuer sur l'action de l'État dans le Nord-Est de Paris. La municipalité parisienne n'a pas été conviée à cette réunion. 

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Informations pratiques

Lieu

45 rue d'Aubervilliers
75018 Paris 18

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