Climat : le nombre de catastrophes a été multiplié par cinq en 50 ans, selon l'ONU

Par Caroline J. · Publié le 1 septembre 2021 à 11h44
Dans un nouveau rapport publié ce mercredi 1er septembre 2021, l’ONU alerte sur l’urgence climatique. Selon l’organisation, le nombre de catastrophes d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a été multiplié par cinq entre 1970 et 2019.

Cet été, les catastrophes météorologiques et climatiques se sont multipliées aux quatre coins de la planète. Dôme de chaleur dans l’Ouest canadien, incendies en Sibérie, en Grèce ou en Turquie, inondations meurtrières en Belgique et en Allemagne... Un phénomène lié au changement climatique et qui ne date pas d’hier. Dans un nouveau rapport publié ce 1er septembre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l'un des organismes des Nations unies, indique qu’ « une catastrophe d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a été enregistrée en moyenne par jour au cours des 50 dernières années, entraînant quotidiennement le décès de 115 personnes et des dégâts se chiffrant à 202 millions de dollars des États-Unis ». « Plus de 91 % de ces décès sont survenus dans des pays en développement » précise ce rapport.

Toujours selon l’OMM, le nombre de ces catastrophes a été multiplié par cinq entre 1970 et 2019, « sous l'effet du changement climatique et de la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes ». Aussi, « plus de 11 000 catastrophes attribuées à ces phénomènes ont été signalées au cours de ces cinq décennies dans le monde, qui ont causé un peu plus de 2 millions de morts ».

L’Organisation météorologique mondiale a d’ailleurs répertorié ces phénomènes, et révèle que les catastrophes les plus graves identifiés au cours de ces 5 dernières décennies sont les sécheresses (650 000 morts), les tempêtes (577 232 morts), les inondations (58 700 morts) et les températures extrêmes (55 736 morts).

Le rapport précise aussi que les ouragans Harvey (96,9 milliards de dollars É.-U.), Maria (69,4 milliards de dollars É.-U.) et Irma (58,2 milliards de dollars É.-U.), survenus tous les trois en 2017, sont à eux seul à l'origine « de 35 % de l'ensemble des pertes économiques imputables aux 10 pires catastrophes du monde entre 1970 et 2019 ».

« Le nombre de phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes continue de progresser. Du fait du changement climatique, ils deviendront plus fréquents et plus violents dans de nombreuses parties du monde » explique Petteri Taalas, Secrétaire général de l'OMM, dans ce rapport. « Nous devons donc nous attendre à davantage de vagues de chaleur, de périodes de sécheresse et de feux de forêt tels que ceux qui ont sévi récemment en Europe et en Amérique du Nord. Le taux plus élevé de vapeur d'eau dans l'atmosphère exacerbe les précipitations extrêmes et les inondations meurtrières. De plus, le réchauffement des océans a une incidence sur la fréquence des cyclones tropicaux les plus intenses, de même que sur et les zones qu’ils touchent » ajoute-t-il.

Mais Petteri Taalas veut rester optimiste. « Heureusement, parallèlement à ces sinistres statistiques, nous pouvons communiquer un message d'espoir: l'amélioration des systèmes d'alerte précoce multi dangers se traduit par une réduction considérable de la mortalité. Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies » a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Il y a toutefois encore du pain sur la planche », puisque « seulement la moitié » des 193 membres que compte l'OMM « disposent de systèmes d'alerte précoce multi dangers et les réseaux d'observation météorologique et hydrologique souffrent de brèches en Afrique, dans certaines zones d'Amérique latine et dans les États insulaires du Pacifique et des Caraïbes ».

Informations pratiques

Site officiel
public.wmo.int

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