Indemnité inflation : les entreprises devront avancer la prime aux employés

Par Cécile D. · Publié le 26 octobre 2021 à 11h40
Cette nouvelle peut mettre dans l'embarras plus d'un patron : ce sont les entreprises qui devront avancer la prime d'indemnité inflation promise par le gouvernement à leurs salariés. Les entreprises seront ensuite remboursées par l'Etat sous forme de réductions des cotisations sociales.

Pour contrer la forte inflation qui fait augmenter les prix de la nourriture, de l'énergie ou encore des carburants, le gouvernement a promis une prime de 100 euros aux 38 millions de Français qui gagnent moins de 2 000 euros net par mois. Pour les salariés qui remplissent ces critères, aucune démarche n'est nécessaire : l'indemnité sera versée en décembre 2021, par leur employeur.

Pour les patrons, c'est une autre histoire... Ce sont donc les entreprises qui sont chargées de distribuer cette indemnité inflation à leurs salariés qui sont sous le seuil des 2 000 euros net. La mauvaise nouvelle, c'est que les employeurs vont devoir avancer cet argent.

En effet, on apprend sur RMC - BFMTV ce 26 octobre que les entreprises vont devoir avancer l'argent de la prime promis aux employés. L'Etat remboursera les entreprises à posteriori, sous forme d'une réduction des cotisations sociales. Si un patron verse - par exemple - 400 euros de prime à ses employés, cette somme sera donc déduite des charges sociales qu'il a à payer les prochains mois. Par ce procédé, le gouvernement évite de débourser des sommes d'argent importantes. 

Cependant, cette technique ravie beaucoup moins les entreprises. Si l'Etat conserve ses sous, les patrons, eux, vont devoir piocher dans leur trésorerie pour trouver l'argent promis aux salariés.

Au micro de RMC, Fabrice Godefroy, patron d'une entreprise de pièces automobiles, ne cache pas les difficultés engendrées par cette décision. « Pour nous, on estime que c'est 20 000 euros. 20 000 euros d'avance de trésorerie, qui n'étaient pas prévus, dans un contexte qui est quand même difficile. On est en train de se relancer et c'est une somme qui n'est pas négligeable », s'inquiète le gérant.

Ces craintes sont partagées par Frédéric Jeanjean, gérant de brasserie à Marseille et patron de sept personnes : « Nous sommes aujourd'hui autour de 30% de baisse d'activité et nous nous trouvons dans une situation tendue. Le mois dernier il a fallu réinjecter de l'argent dans l'entreprise pour payer les charges. Maintenant on nous rajoute ça, je ne sais pas si on va pouvoir tenir dans ce sens-là. »

Dans certaines entreprises, les patrons se sentent pris au piège par l'Etat et redoutent de devoir annoncer à certains employés qu'ils ne pourront pas leur verser l'indemnité promise. D'ici décembre, le gouvernement devra peut-être revoir sa ligne de conduite, si la grogne des patrons et des salariés prend beaucoup d'ampleur.

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