Covid : une immunité plus forte et plus durable remarquée chez les personnes infectées

Par Cécile D., Laurent P. · Publié le 13 juin 2021 à 18h52 · Mis à jour le 14 juin 2021 à 12h59
Plusieurs études parues en mai 2021 confirment qu'une infection au Covid-19 offrirait une immunité plus forte, et pouvant durer plusieurs années. Une injection de vaccin permet de renforcer ces effets bénéfiques contre le virus.

En août 2020, une étude américaine parue en preprint sur Medrxiv, identifiait certains anticorps "neutralisants", qui seraient particulièrement efficaces contre une réinfection à la Covid-19. Celle-ci relatait l'expérience qu'ont vécue les marins d'un bateau de pêche de Seattle et leur mésaventure sanitaire. Selon les scientifiques, trois des marins de ce bateau qui avaient déjà été confrontés au virus ont développé des anticorps capables d'y faire face et n'ont pas été réinfectés après avoir de nouveau été exposés à celui-ci lors de leur balade en mer.

Cette étude apportait alors un espoir immense, face à une maladie très peu comprise et maîtrisée. Interrogé sur ces premiers résultats, Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’université de Nottingham, constatait : « cela suggère que les personnes qui ont déjà été exposées au virus sont susceptibles de se réinfecter à moins qu’elles n’aient des niveaux appréciables d’anticorps neutralisants », indiquent-ils. Il poursuit : « Cela nous donne un aperçu important du type d’immunité qui pourrait protéger d’une infection future ».

« C’est une découverte très importante », explique de son côté John Edmunds, chercheur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Et d'ajouter : « Cela suggère que les anticorps neutralisants peuvent protéger contre l’infection ».

Près d'un an après cette découverte, les scientifiques sont beaucoup plus confiants : plusieurs études indépendantes parues dans différentes revues scientifiques en mai 2021 suggèrent que l'immunité des personnes infectées est plus robuste, et pourrait durer entre une et plusieurs années. Une injection de vaccin contre le Covid-19 permet même de renforcer cette immunité, au point de rendre les patients bien plus résistants face aux variants.

Ces études confirment dans un premier temps que les anticorps développés après la maladie restent présents dans le corps pendant au moins 13 mois. 

« On savait que les taux d’anticorps ne restent jamais très hauts dans le sang, mais comme c’est un virus respiratoire et qu’on ne suit pas en général leur sérologie dans le temps, personne n’osait trop s’avancer sur le sujetLà, on observe finalement que les anticorps restent stables de manière persistante et c’est une très bonne nouvelle », commente Samira Fafi-Kremerdirectrice de l’institut de virologie de Strasbourg, qui a mené une étude sur les personnels de santé du CHU de la ville, publiée en preprint le 15 mai

Des chercheurs de l’équipe américaine d’Ali H. Ellebedy ont eux découvert que les anticorps développés par les personnes infectées sont des plasmocytes à longue durée de vie. On les retrouve dans la moelle osseuse et ils continuent à sécréter des anticorps contre le SARS-CoV-2 de longs mois après l’infection. Ils « sont donc nécessaires pour maintenir une protection immunitaire durable », explique le journal Le Monde, citant l'étude américaine.

Les chercheurs américains soulignent cependant le fait que tous les individus ne développent pas une défense immunitaire égale. Les patients doivent donc se montrer prudents face à la maladie. Heureusement, les vaccins contre le Covid-19 permettent de renforcer très efficacement ces barrières contre le virus. 

« Clairement, la meilleure configuration, ce sont les gens qui ont eu une forme modérée du Covid-19, suivie d’une injection de vaccin : ce sont les cadors de la réponse immunitaire face au SARS-CoV-2 », explique Guy Gorochov, responsable du centre d’immunologie et des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « Il est clair que la vaccination booste les anticorps et la mémoire, donc on peut espérer être protégé plusieurs années », confirme Samira Fafi-Kremer.

La scientifique conclut que « l’immunité des personnes simplement vaccinées n’aura probablement pas la même robustesse que celle des personnes déjà infectées, car l’infection génère des anticorps contre plusieurs protéines du virus ». 

Cette affirmation, partagée par ses confrères, pousse les experts à militer pour l'injection d'une troisième dose de vaccin, qui devrait aider le corps à construire une immunité permettant de lutter contre les variants les plus féroces et prolonger la durée de vie des anticorps.

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