Covid : un quart des formes graves dû à une anomalie immunologique selon l'AP-HP

Par Laurent P. · Mis à jour le 26 août 2021 à 11h59 · Publié le 24 août 2021 à 13h01
Selon deux nouvelles études menées par l'AP-HP et publiées dans la revue Science Immunology, les formes graves du Covid seraient dues, dans le cas de la première étude, à une anomalie génétique attaquant les interférons de type 1, à savoir la protéine empêchant le virus de se répliquer, et pour la seconde étude, à la présence d'auto-anticorps visant cette même protéine dans 15 à 20% des cas.

Et si on avait une explication concernant une partie des cas de formes graves du Covid ? Deux études auxquelles ont participé des chercheurs de l'AP-HP, publiées le 20 août dans la revue Science Immunology, et dont les résultats sont liés semblent en tout cas aller dans ce sens puisque les auteurs de ces papiers ont découvert plusieurs choses : dans la première étude, les chercheurs ont ainsi relevé que certains patients avaient une anomalie génétique visant une protéine en particulier, celle capable d'empêcher le coronavirus de se répliquer dans l'organisme, l'interféron de type 1.

En partant du constat que ces formes graves touchaient plus principalement les hommes, ces derniers se sont penchés sur ce qui différenciait les hommes et les femmes, à savoir l'unique chromosome X chez les hommes. Ils ont ensuite séquencé le code génétique de ce chromosome chez les patients ayant développé une forme grave, et l'ont comparé au même chromosome des personnes asymptômatiques. Résultat : une "perte de fonction d'un gène" chez certaines personnes hospitalisées, comme l'expliquent nos confrères de Franceinfo. Une anomalie existant, selon les statistiques, chez 1,3% des personnes ayant développé une forme grave.

Quant à la seconde étude, celle-ci tend à montrer que pour 15 à 20% des patients hospitalisés - soit un bon tiers - des auto-anticorps étaient présents dans le sang, visant les interférons de type 1 et laissant le champ libre au virus pour se multiplier de façon incontrôlée. Les chercheurs et auteurs de cette même étude ont également découvert que les auto-anticorps étaient particulièrement rares dans l'organisme avant d'avoir passé les 65 ans, évaluant le taux d'auto-anticorps entre 0,2 et 0,5% à cet âge-là. Un nombre d'auto-anticorps qui augmentent avec le temps, atteignant les 4% entre 70 et 79 ans, et 7% entre 80 et 85 ans.

"Les causes et les mécanismes de cette augmentation dans la population générale restent à élucider, mais celle-ci explique en partie pourquoi l'âge est un facteur de risque majeur dans le développement de formes graves de Covid-19", ajoute ainsi l'AP-HP. Deux études qui permettent donc de cibler plus facilement les personnes pouvant faire une forme grave, et agir en conséquence.

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