Élections régionales : un report en juin 2021 préconisé par le rapport Debré

Par Alexandre G. · Publié le 13 novembre 2020 à 13h53 · Mis à jour le 13 novembre 2020 à 13h54
L'ancien président du Conseil Constitutionnel Jean-Louis Debré préconise à Matignon, ce vendredi 13 novembre 2020, de reporter les élections régionales en juin 2021. Un décalage de date qui permettrait au scrutin, initialement prévu en mars 2021, de ne pas connaître les couacs des dernières élections municipales.

Face à la menace du Covid-19, il faudrait reporter les élections régionales et départementales. C'est précisément ce que conseille Jean-Louis Debré, l'ancien président du Conseil Constitutionnel, dans un rapport rendu ce vendredi 13 novembre 2020 à Matignon et que l'AFP a pu consulter. Le haut fonctionnaire estime que le report des élections régionales, initialement prévues en mars 2021, doit se porter à juin 2021. 

En conclusion de son rapport, il juge ce décalage de date comme "une option raisonnable", principalement en raison de la gravité et de l'incertitude entourant la situation sanitaire. Avant d'en arriver à ce constat, l'ancien ministre de l'Intérieur s'est appliqué à auditionner des représentants de partis politiques, des présidents de chambre, ainsi que des associations d'élus, afin de sonder la classe politique dans toute sa pluralité. 

En ce sens, Jean-Louis Debré enjoint au Premier ministre de ne pas trop tarder avant de rendre la décision finale de son gouvernement. Concrètement, il appelle Jean Castex à se prononcer "à très bref délai", soit "dès le début du mois de décembre 2020". Une échéance qui va dans le sens de l'exécutif, puisque Matignon indique que le projet de loi concernant le report des élections régionales serait à l'ordre du jour des prochains Conseils des ministres, entre le 2 et le 16 décembre 2020. 

Mais alors, pourquoi décaler à tout prix ces élections régionales et départementales ? Tout simplement pour éviter les couacs des dernières élections municipales. On se souvient que la bonne tenue du scrutin avait été chamboulée à bien des égards par la violence de la première vague du Covid-19, avec par exemple une abstention record.

Aussi, le bon déroulement des élections semble compromis par la prééminence de l'État d'urgence sanitaire, dont le Parlement a voté -non sans complications- le prolongement jusqu'au 16 février, minimum. En effet, pour l'heure, les facteurs inquiétants concernant la propagation de l'épidémie laissent penser à une prolongation plus que probable de cet état exceptionnel, au-delà de la date butoir. 

Un calendrier qui serait alors très serré et bien trop déterminé par le tempo de la crise sanitaire. Toujours dans le même rapport, Jean-Louis Debré appelle le Conseil scientifique à agir sans attendre, en remettant aux deux chambres parlementaires "un point de situation sur l'évaluation de la situation sanitaire avant la tenue des scrutins"

Encore plus étonnant, le ha t-fonctionnaire entend remettre au goût du jour une méthode de scrutin oubliée depuis longtemps en France : le vote par correspondance. À l'image de ce que l'on a pu observer pendant les élections américaines de novembre 2020, il demande à Matignon "d'envisager le développement du vote par correspondance ou par internet". Une pratique que l'on ne connaît plus depuis 1975 en France. Le cabinet du Premier ministre rappelle que des "fraudes massives" avaient été constatées à l'époque. 

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