Covid : le point sur le Xav-19, le traitement aux anticorps made in France en cours d'essai clinique

Par Laurent P. · Mis à jour le 20 août 2021 à 09h32 · Publié le 19 août 2021 à 17h04
Et si, dans la lutte contre la Covid, on pouvait compter, en plus du futur vaccin, sur les traitements aux anticorps ? Après le Bamlanivimab, le traitement développé par le laboratoire Eli Lilly, ou encore le Regeneron, c'est au tour d'un laboratoire français situé à Nantes, Xenothera, de présenter son produit en cours d'essai clinique, Xav-19. Un traitement qui vient d'entrer en phase 3 d'essai clinique, pour une possible commercialisation à l'automne 2021.

Une bonne nouvelle dans la lutte contre la Covid... Après le Bamlanivimab, développé par le laboratoire Eli Lilly, ou encore le Regeneron, du groupe pharmaceutique éponyme, le laboratoire nantais Xenothera annonçait il y a plusieurs mois avoir également mis au point de son côté un traitement aux anticorps. Baptisé Xav-19, celui-ci se base sur les anticorps "polyclonaux", différents des anticorps "monoclonaux" qui "attaquent la montagne par un seul côté", tandis que les autres attaquent "par toutes les faces à la fois", comme l'explique Odile Duvaux, directrice de Xenothera. Une molécule dont les essais cliniques sont désormais en phase 3 : "Notre produit est maintenant en essai de phase 3. Si tout se passe bien, il pourrait être autorisé et utilisé dès cet automne", expliquait Odile Duvaux mercredi 18 août 2021 à nos confrères du Monde.

Selon nos confrères de Ouest France, ce traitement se compose d'anticorps polyclonaux produits par "des porcs « glyco-humanisés » (génétiquement modifiés)", pour une réponse immunitaire similaire à celle produite par l'homme. Celui-ci fait partie d'un essai clinique, Polycor, ayant débuté à l'été 2020 et, au cours de cette étude, a tout d'abord été injecté à 10 patients, dans quatre hôpitaux différents, puis à 10 autres, l'idée étant de démontrer que le produit ne crée pas d'effets secondaires. Un essai clinique encore en cours : "D’ici à quinze jours, trois semaines, doit démarrer l’essai à plus grande échelle, sur 400 patients. Quarante hôpitaux français y participeront", explique ainsi le professeur François Raffi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Nantes.

Concernant une potentielle commercialisation, si la dernière phase des essais cliniques donne des résultats concluants, celle-ci pourrait intervenir à l'automne 2021. "Le Xav-19 c’est une question de souveraineté nationale", expliquait Odile Duvaux en décembre dernier. Et pour cause, l'enjeu est conséquent puisque ce traitement doit être accessible au plus grand nombre, en contraste avec celui développé par Regeneron, beaucoup plus cher à produire. Quoiqu'il en soit, le Xav-19 "est destiné aux patients infectés par le virus depuis sept à dix jours et hospitalisés et donc atteints assez gravement", a expliqué de son côté, également en décembre dernier, le professeur Raffi. Un bon espoir, donc, pour limiter le nombre de décès lié à l'aggravation des cas.

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