Covid : le point sur le Xav-19, le traitement par anticorps polyclonaux de Xenothera

Par Laurent P. · Mis à jour le 3 décembre 2021 à 12h13 · Publié le 3 décembre 2021 à 11h25
Et si, dans la lutte contre la Covid, on pouvait compter, en plus du futur vaccin, sur les traitements aux anticorps ? Après le Bamlanivimab, le traitement développé par le laboratoire Eli Lilly, ou encore le Regeneron, c'est au tour d'un laboratoire français situé à Nantes, Xenothera, de faire parler de son traitement anti-Covid, le Xav-19. Un traitement qui attend le feu vert du régulateur européen, pour une commercialisation début 2022. On fait le point !

Une bonne nouvelle dans la lutte contre la Covid... Après le Bamlanivimab, développé par le laboratoire Eli Lilly, ou encore le Regeneron, du groupe pharmaceutique éponyme, le laboratoire nantais Xenothera annonçait il y a plusieurs mois avoir également mis au point de son côté un traitement aux anticorps. Baptisé Xav-19, celui-ci se base sur les anticorps "polyclonaux", différents des anticorps "monoclonaux" qui "attaquent la montagne par un seul côté", tandis que les autres attaquent "par toutes les faces à la fois", comme l'explique Odile Duvaux, directrice de Xenothera. 

Une molécule qui était encore, il y a peu de temps, en phase 3 d'essais cliniques : "Notre produit est maintenant en essai de phase 3. Si tout se passe bien, il pourrait être autorisé et utilisé dès cet automne", expliquait Odile Duvaux mercredi 18 août 2021 à nos confrères du Monde. Celle-ci apporte même des précisions sur son action, indiquant son avantage sur les variants : "chaque être humain fabrique ses propres anticorps polyclonaux. Quand je suis attaqué par un virus ou un corps étranger, je fais des anticorps polyclonaux. Ces anticorps polyclonaux sont donc naturels mais, en plus, sont insensibles aux variants. Hors, aujourd'hui, on sait que le problème des variants est un problème très épineux", expliquait-elle au micro de nos confrères de Sud Radio, le 2 décembre dernier.

Et de poursuivre : "Pour le moment, lorsque qu'on teste ce médicament à différents moments de la maladie, on a un certain nombre de résultats. Mais ce ne sont pas des résultats entier, c'est-à-dire que nous n'avons pas traité toutes les multiples données", indique-elle. Et de conclure : "Mais, sur ces premières indications, le XAV-19 produit les effets attendus sur les personnes testées, il réduit le risque d'aggravation. Et pour ce qui est des effets secondaires, nous sommes totalement rassurés, le médicament ne présente aucun risque".

Selon nos confrères de Ouest France, ce traitement se compose donc d'anticorps polyclonaux produits par "des porcs « glyco-humanisés » (génétiquement modifiés)", pour une réponse immunitaire similaire à celle produite par l'homme. Celui-ci fait partie d'un essai clinique, Polycor, ayant débuté à l'été 2020 et, au cours de cette étude, a tout d'abord été injecté à 10 patients, dans quatre hôpitaux différents, puis à 10 autres, l'idée étant de démontrer que le produit ne crée pas d'effets secondaires. Un essai clinique encore en cours : "D’ici à quinze jours, trois semaines, doit démarrer l’essai à plus grande échelle, sur 400 patients. Quarante hôpitaux français y participeront", expliquait ainsi le professeur François Raffi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Nantes.

Concernant une potentielle commercialisation, celle-ci devrait intervenir pour le début de l'année 2022, comme l'expliquait Odile Duvaux mi-novembre : "on est dans la phase réglementaire, avec la question de l’obtention d’une autorisation d’accès précoce. Le dossier a été déposé fin septembre", explique-t-elle à nos confrères du Télégramme. Et de poursuivre : "Il est analysé par l’ANSM et la Haute autorité de santé et devrait aboutir, au plus tard, début 2022".

"Le Xav-19 c’est une question de souveraineté nationale", expliquait également la directrice de Xénothera en décembre 2020. Et pour cause, l'enjeu est conséquent puisque ce traitement doit être accessible au plus grand nombre, en contraste avec celui développé par Regeneron, beaucoup plus cher à produire. Quoiqu'il en soit, le Xav-19 "est destiné aux patients infectés par le virus depuis sept à dix jours et hospitalisés et donc atteints assez gravement", a expliqué de son côté, également en décembre 2020, le professeur Raffi. Un bon espoir, donc, pour limiter le nombre de décès lié à l'aggravation des cas.

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