Covid : Xav-19, le traitement aux anticorps made in France en cours d'essai clinique

Par Laurent P. · Publié le 2 décembre 2020 à 11h30 · Mis à jour le 2 décembre 2020 à 12h34
Et si, dans la lutte contre la Covid, on pouvait compter, en plus du futur vaccin, sur les traitements aux anticorps ? Après le Bamlanivimab, le traitement développé par le laboratoire Eli Lilly, ou encore le Regeneron, c'est au tour d'un laboratoire français situé à Nantes, Xenothera, de présenter son produit en cours d'essai clinique, Xav-19. Un traitement qui pourrait être commercialisé dès le printemps 2021.

Une bonne nouvelle dans la lutte contre la Covid... Après le Bamlanivimab, développé par le laboratoire Eli Lilly, ou encore le Regeneron, du groupe pharmaceutique éponyme, le laboratoire nantais Xenothera a annoncé avoir également mis au point de son côté un traitement aux anticorps. Baptisé Xav-19, celui-ci se base sur les anticorps "polyclonaux", différents des anticorps "monoclonaux" qui "attaquent la montagne par un seul côté", tandis que les autres attaquent "par toutes les faces à la fois", comme l'explique Odile Duvaux, directrice de Xenothera.

Selon nos confrères de Ouest France, ce traitement se compose d'anticorps polyclonaux produits par "des porcs « glyco-humanisés » (génétiquement modifiés)", pour une réponse immunitaire similaire à celle produite par l'homme. Celui-ci fait partie d'un essai clinique, Polycor, ayant débuté à l'été 2020 et, au cours de cette étude, a tout d'abord été injecté à 10 patients, dans quatre hôpitaux différents, puis à 10 autres, l'idée étant de démontrer que le produit ne crée pas d'effets secondaires. Un essai clinique encore en cours : "D’ici à quinze jours, trois semaines, doit démarrer l’essai à plus grande échelle, sur 400 patients. Quarante hôpitaux français y participeront", explique ainsi le professeur François Raffi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Nantes.

Un traitement qui pourrait également faire l'objet d'un autre essai clinique, cette fois-ci hors des frontières du pays. Concernant une potentielle commercialisation, si les essais cliniques arrivent au bout et donnent des résultats concluants, celle-ci pourrait intervenir au printemps 2021, pour "une utilisation temporaire", comme l'indique Odile Duvaux. Et de poursuivre : "Le Xav-19 c’est une question de souveraineté nationale". Et pour cause, l'enjeu est conséquent puisque ce traitement doit être accessible au plus grand nombre, en contraste avec celui développé par Regeneron, beaucoup plus cher à produire. Quoiqu'il en soit, le Xav-19 "est destiné aux patients infectés par le virus depuis sept à dix jours et hospitalisés et donc atteints assez gravement", poursuit de son côté le professeur Raffi. Un bon espoir, donc, pour limiter le nombre de décès lié à l'aggravation des cas.

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