Vaccin contre la Covid : c'est quoi, l'ARN messager ?

Par Laurent P. · Mis à jour le 9 décembre 2020 à 19h01 · Publié le 9 décembre 2020 à 15h16
Alors que le vaccin contre la Covid commence à être administré à certaines catégories de population dans plusieurs pays, beaucoup se demandent en quoi consiste la nouvelle technologie développée pour ces produits, élaborés à base d'ARN messager. Éléments de réponses !

L'ARN messager dans un vaccin, qu'est-ce que c'est ? Une question qui taraude de nombreuses personnes alors que certains pays commencent à administrer le vaccin contre la Covid à certaines catégories de population, dans différents plans massifs de vaccination propre à chaque état. Une "technologie" récente d'une vingtaine d'années dans ce domaine, utilisée pour la première fois dans l'élaboration d'un vaccin pour l'homme et qui suscite la défiance chez beaucoup de personnes, certains évoquant même que ce vaccin pourrait changer l'ADN des personnes l'ayant reçu.

Avant d'en apprendre davantage sur cette technologie et ses implications, il convient de définir ce qu'est l'ARN messager. L'ARN messager (ou ARNm) est une copie modifiée d'un brun d'ADN, servant de code pour la synthèse de protéines dans la cellule. Cette copie sert plus précisément d'intermédiaire pour la fabrication de protéines, véritables "agents de l'expression des gènes" dans le corps humain. Chez les virus, et tout particulièrement les rétrovirus (comme le VIH, par exemple), les protéines produites par celui-ci servent, lors de la réplication dudit virus, de support de l'information génétique virale. C'est ainsi qu'il se propage dans le corps humain et fait que nous tombons malades.

Une fonction de la protéine que le vaccin contre la Covid exploite pour vaincre le virus en donnant des instructions au corps humain, via l'ARN messager, pour fabriquer cette même protéine, celle que l'on retrouve à l'extérieur du virus (sans que celui-ci soit introduit dans notre corps) et qui fait réagir notre système immunitaire en produisant des anticorps. "Si le vaccin est efficace, l'organisme va apprendre à reconnaître cette protéine externe, qui s'appelle le spicule du Sars-CoV-2, et il va générer des réponses immunitaires, sous la forme d'anticorps et de réponse cellulaire", expliquait par ailleurs Étienne Simon-Lorière, responsable de l'unité de génomique évolutive des virus à ARN à l'Institut Pasteur, à nos confrères de Franceinfo

Quelle est la différence entre un vaccin classique et un vaccin basé sur l'ARN messager ? Celle-ci est assez simple, et plutôt bien résumée par nos confrères de France 2, dans le magazine Complément d'Enquête : "Alors que la technique traditionnelle des vaccins consiste à injecter un virus inactivé (ou atténué) pour que le corps apprenne à s'en défendre, la technique de l'ARN messager consiste, elle, à envoyer un message à l'organisme sous la forme d'un morceau d'ADN. Son but est d'inciter l'organisme à fabriquer lui-même une fraction inactive du virus, puis les anticorps pour lutter contre ce virus", soulignent les journalistes. Dans un vaccin traditionnel, donc, est injecté le virus, modifié, pour susciter une réponse immunitaire. Pour le vaccin à ARNm, pas de virus, mais uniquement les informations le concernant pour susciter cette même réaction. Une méthode qui rend ainsi, en théorie, l'administration du vaccin beaucoup plus sûr. Le moyen également d'aller plus vite dans son élaboration.

Et à la question de savoir si ce vaccin basé sur l'ARN messager pouvait changer notre ADN, les scientifiques sont formels : c'est impossible. Comme l'explique Cecil Czerkinsky, immunologiste et directeur de recherche à l'INSERM, à nos confrères de BFMTV, l'ARN messager est "un message intermédiaire entre l'ADN et la protéine", n'a donc pas "de structure de séquence qui leur permet de recombiner avec le génome" et ne peut donc pas "s'intégrer au génome (ADN) de l'hôte". "C'est un des avantages de cette technologie par rapport à la technologie des vaccins ADN qui, bien que beaucoup plus stables, sont moins efficacement traduits en ARN puis en protéines et présentent le risque potentiel théorique d'intégration dans l'ADN de l'hôte", conclut-il.

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