Vaccin contre la Covid : l'Europe n'est pas en retard selon Alain Fischer

Par Laurent P. · Publié le 16 décembre 2020 à 12h22 · Mis à jour le 17 décembre 2020 à 15h33
Alors que certains pays comme le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà débuté l'injection du vaccin contre la Covid, quid de l'Europe ? Le vieux continent est-il en retard sur la campagne de vaccination ? Selon Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, ce n'est pas le cas. On fait le point !

L'Europe est-elle en retard au sujet du vaccin contre la Covid ? Une question à laquelle a répondu Alain Fischer, pédiatre, immunologue et président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, au micro de nos confrères de France Inter, expliquant que le continent n'est en aucun cas à la traîne par rapport à d'autres pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis ou encore le Canada, qui ont déjà commencé à vacciner.

"Le mot retard n’est pas juste", indique l'immunologue. Et de poursuivre : "Il y a la nécessité de la rigueur, c’est l’élément essentiel, que ces vaccins aient été validés comme raisonnablement sûrs et efficaces. La balance entre les bénéfices et les risques doit être extrêmement favorable, on va y être, mais il faut laisser les autorités finir leur travail". Le plus important, pour Alain Fischer, c'est l'efficacité du virus : "Dans un an, quand on retracera ce qui s’est passé, on oubliera le jour où on a commencé à vacciner, mais pas leur efficacité", ajoute-t-il.

Une prudence de rigueur, en particulier quand on sait que ce sont les résidents des Ehpads qui vont bénéficier en premier du vaccin : "Il faut que les conditions soient réunies, il y a une logistique impressionnante pour apporter ces vaccins, c’est une affaire lourde. Il faut respecter l’éthique de la vaccination, le consentement un peu plus compliqué dans ces établissements, il faut un consentement recueilli", indique Alain Fischer.

Concernant l'efficacité du vaccin, même si des données à court terme sont déjà disponibles, il est préférable d'attendre plus longtemps pour se faire une meilleure idée : "Ce que l’on sait des données à la phase 3 lorsque 20.000 personnes ont reçu le vaccin, c’est qu’il protège de façon très efficace contre les risques de développer des signes cliniques de la maladie. Il y a une protection contre les formes graves, mais on ne peut pas répondre pour la contamination", explique-t-il. Et concernant la durée de l'immunité ? "Par définition, on ne sait pas. Le recul par rapport à la phase 3 atteint trois mois, le temps le dira. On utilisera les informations immunologiques, mais c’est la poursuite des études qui permettra de trancher", conclut-il.

Pour rappel, le début des vaccinations doit débuter dans toute l'Europe le même jour, dans quelques jours, à la fin du mois de décembre, après qu'Angela Merkel ait fait pression sur l'Agence européenne du médicament pour faire avancer les procédures de validation. En France, Jean Castex doit présenter en détail le plan de vaccination prévu par le gouvernement à l'Assemblée nationale ce mercredi 16 décembre 2020.

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