Covid: réduire la propagation du virus à l'école «peut passer par l'obligation vaccinale»

Par Caroline J. · Publié le 2 septembre 2021 à 09h36
C’est une rentrée des classes surveillée de très près par les autorités mais aussi par plusieurs scientifiques. Ces derniers redoutent en effet une hausse des cas de covid-19 chez les plus jeunes, alors que les moins de 12 ans n’ont pas accès au vaccin et que 62% des 12-17 ans ont reçu une première injection. Interrogé sur LCI le 1er septembre, le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de Genève, a d’ailleurs confié que "réduire la propagation du virus à l'école peut passer par l'obligation vaccinale".

Ce jeudi 2 septembre 2021, c'est la rentrée des classes pour des centaines de milliers d’élèves. Si le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, souhaite que cette rentrée soit « la plus normale possible », certains ne cachent pas leur inquiétude et, ce, malgré la mise en place d’un protocole sanitaire bien défini.

Au mois d'août, plusieurs experts ont demandé de mieux protéger la santé des enfants à l’école, alors que l’Institut Pasteur prévoit la contamination de quelque 50 000 enfants chaque jour en France au mois de septembre. Alors à quoi faut-il s’attendre pour cette rentrée scolaire ? Faut-il redouter une recrudescence de l'épidémie de covid-19 en France ? Pour l’heure, il est difficile de répondre à cette question, mais le débat autour de la vaccination des moins de 12 ans a été relancé. Actuellement, ces derniers n’ont pas accès à la vaccination, et « si le vaccin arrive, ce ne sera qu’en 2022 » avait confié le Pr Arnaud Fontanet.

De son côté, le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de Genève, a estimé que « réduire la propagation du virus à l'école peut passer par l'obligation vaccinale ». Comme beaucoup de ses confrères, l’expert a déclaré sur Twitter que les enfants vont "être au cœur des enjeux de cette rentrée", expliquant sur LCI le 1er septembre que « les enfants de moins de 12 ans et une partie des 12-17 ans ne sont pas du tout protégés. Les enfants non-immunisés représentent donc un réservoir où peut se développer le virus presque sans limites si aucune barrière n'est mise ». Selon lui, le protocole mis en place par le ministère à l’école « n'est pas complet », mais « va dans la bonne voie ».

Aussi, le Pr Antoine Flahault a préconisé sur LCI quatre mesures afin d’éviter une explosion des cas en cette rentrée. « D'abord, nous devons éviter que les adultes apportent eux-mêmes le virus à l'école. Il faut donc vacciner ceux au contact des élèves, ainsi que les enfants au-delà de 12 ans. Cela peut passer par un pass sanitaire ou par la vaccination obligatoire » a-t-il expliqué. Interrogé plus précisément sur ce point par LCI, le directeur de l'Institut de santé globale de Genève a détaillé : « L'école est un droit fondamental de l'enfant, il faut donc réduire le plus possible les risques de propagation du virus. [...] À mon avis, cela peut passer par l'obligation vaccinale. Le pass sanitaire est une autre façon politique d'imposer la vaccination ou la négativité d'un test de dépistage. Notons que beaucoup d'autres vaccins sont obligatoires avant d'aller à l'école... »

Pour limiter les risques de propagation du virus dans les établissements scolaires, le professeur préconise également de « bien ventiler les salles en ouvrant les fenêtres, à l'aide de capteurs de CO2, et en purifiant l'air dans les cantines, où les masques ne peuvent être portés ». Enfin, le Pr Antoine Flahault recommande « le port du masque à tout âge, en milieu intérieur » ainsi que le dépistage des élèves « de manière répétée grâce aux tests salivaires ». Des tests salivaires que le ministre de l'Education compte réaliser. Hier, Jean-Michel Blanquer a déclaré qu' "à l'école primaire, il y aura 600.000 tests salivaires par semaine".

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