"Sécurité globale" : "réécriture complète de l'article 24" précise Castaner, Macron recadre Darmanin

Par Alexandre G. · Photos par Alexandre G. · Publié le 30 novembre 2020 à 16h28 · Mis à jour le 30 novembre 2020 à 16h37
Après la forte mobilisation de samedi dernier contre le projet de loi sécurité globale et les violences policières, le président de la République a demandé des "propositions" à son gouvernement et au Parlement. Ce lundi 30 novembre 2020, après une réunion avec les responsables de la majorité et les ministres concernés pour plancher sur des réponses concrètes à apporter au contexte de crise sociale et politique, les chefs des groupes parlementaires ont annoncé à l'occasion d'une conférence de presse la "suspension" de l'article 24, avant une réécriture intégrale du texte.

Comment répondre à la crise sociale et politique en France ? C'est là tout l'enjeu de la réunion organisée ce lundi 30 novembre à l'Élysée par le président Emmanuel Macron avec les représentants des groupes parlementaires LREM et les ministres régaliens, à commencer par le Premier ministre Jean Castex. Christophe Castaner, chef de file des députés LREM, mais aussi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le garde des Sceaux, Éric Dupont-Moretti participent également à la réunion. 

À la suite de l'entretien, les présidents des trois groupes parlementaires présents à la réunion ont tenu une conférence de presse à partir de 16h. Ils ont annoncé "une nouvelle écriture complète du dispositif", face aux "incompréhensions suscitées" par "les nombreuses avancées" prévues par le texte de loi. "Nous allons donc proposer une réécriture complète de l'article 24 qui doit répondre aux incompréhensions" précise Christophe Castaner. "L'article 24 n'a pas été compris, trop de questions subsistent" confesse l'ancien ministre de l'Intérieur. 

Au coeur de la polémique, l'article 24 du projet de loi "sécurité globale", qui prévoit de pénaliser la publication d'images jugées "malveillantes" de policiers et gendarmes dans l'exercice de leurs fonctions. Voté en première lecture à l'Assemblée nationale, le texte divise au sein même de la majorité, avec par exemple son président Richard Ferrand qui témoigne de son opposition au Premier ministre, comme le raconte l'Opinion.

Selon des sources proches de l'Élysée, questionnées par BFMTV, Emmanuel Macron aurait au cours de cette réunion fixé Gérald Darmanin en précisant que "la situation dans laquelle vous m'avez mise aurait pu être évitée". 

Mais alors, pourquoi convoquer l'ensemble de son exécutif et les responsables de la majorité au Parlement ? Vendredi 27 novembre 2020, la veille des rassemblements place de la République à Paris et dans toute la France - qui ont mobilisé entre 130 000 et 500 000 manifestants selon les autorités- le chef de l'État demandait à son gouvernement et au Parlement de faire "rapidement des propositions pour réaffirmer le lien de confiance" entre les forces de l'ordre et les citoyens. 

Qu'est-ce qui a motivé la consigne du président de la République et la suspension de l'article 24 ? Depuis la présentation du projet de loi "sécurité globale" à l'Assemblée nationale, mardi 17 novembre 2020, les mouvements d'opposition se multiplient. Aussi, c'est la publication d'une vidéo par Loopsider montrant "l'agression inacceptable" de Michel Zecler, producteur de musique, par des policiers à Paris qui a renforcé la contestation de l'opinion publique et son "déchainement" contre les forces de l'ordre, à en croire les propos de Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance interrogée par BFMTV. "Des faits intolérables" affirme Christophe Castaner. "Nous devons éteindre ces doutes" précise-t-il. 

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