Vaccin Pfizer : un niveau inquiétant d'effets indésirables selon le professeur Caumes

Par Cécile D. · Publié le 10 décembre 2020 à 12h16 · Mis à jour le 10 décembre 2020 à 15h49
Le professeur Eric Caumes, chef du service épidémiologique de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, estime que le niveau d'effets indésirables liés au vaccin Pfizer est trop important.

Éric Caumes, chef du service épidémiologique de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ne souhaite pas se faire vacciner avec le vaccin Pfizer/BioNTech. Le professeur estime, après avoir lu les données publiées par le laboratoire Pfizer à propos de son vaccin, que les effets secondaires sont trop violents. « Je n’ai jamais vu une fréquence aussi élevée d’effets indésirables pour un vaccin », assure-t-il.

Eric Caumes se défend toutefois de toute accusation complotiste : il affirme au Parisien que « je suis de ceux qui défendent le plus le vaccin », « je suis même convaincu qu'il n'y a que le vaccin qui nous sortira d'affaire », ajoute-t-il sur LCI. Le professeur explique avoir plus confiance dans le vaccin d'Astra-Zeneca, ou dans le vaccin chinois.

En consultant les données disponibles à propos du vaccin Pfizer, le chef du service épidémiologique de la Pitié-Salpêtrière s'est inquiété. « Il y a peut-être un problème dans le vaccin Pfizer », estime Éric Caumes. « La fréquence d'effets indésirables y est particulièrement élevée. Il y a plus d'effets indésirables chez les jeunes que chez les personnes âgées, et plus après la deuxième dose qu'après la première. » Les données du laboratoire Pfizer recensent de nombreux effets secondaires. « 15,8 % des 18-55 ans ont eu 38 °C [de fièvre] ou plus, dans les sept jours qui ont suivi la seconde injection. Et 45 % ont dû prendre un médicament contre la fièvre ou la douleur. On parle aussi de 55 % de maux de tête, 62 % de fatigue. », détaille le professeur Caumes au Parisien.

Eric Caumes encourage malgré tout les personnes âgées à se faire vacciner rapidement, mais il recommande aux jeunes et aux personnes sans comorbidité de patienter. « D'autres vaccins arrivent. Se précipiter sur ces deux vaccins (Pfizer/BioNTech et Moderna), c'est de l'excès de précipitation. » Il ajoute : « aujourd’hui le monde se précipite, on est dans une dérive commerciale ».

Du succès de ces vaccins anti-Covid dépend aussi le futur de la science. Pour le professeur, il est important de ne pas se jeter sur le premier remède venu, et de reconnaître si un produit n'est pas fiable :  si on se loupe, toute l’histoire de la vaccinologie sera discréditée. Aujourd’hui on a l’impression qu’il faut choisir son camp. Tout n’est pas noir ou blanc, ça peut être gris et il faut le dire.

Au Royaume-Uni, les autorités sanitaires ont déconseillé le vaccin à tous ceux « ayant un historique de réaction allergique importante à des vaccins, des médicaments ou de la nourriture », rapporte Le Monde. Albert Bourla assure que, malgré la vitesse à laquelle ce vaccin a été créé, « nous n’avons pas rogné » sur la sûreté. Une allégation corroborée par la FDA, qui estime que le vaccin Pfizer/BioNTech ne présente pas de risque de sécurité.

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