SNCF : la fin d'une hégémonie sur le système ferroviaire français ?

Par Cécile D. · Publié le 8 septembre 2021 à 14h21
Pour la première fois en France, une ligne du réseau TER pourrait être gérée par une entreprise autre que la SNCF. En région PACA, les élus sont invités à donner le contrôle de la ligne Marseille-Nice au groupe de transports Transdev.

Le réseau ferroviaire français pourrait connaître un changement historique dans les semaines à venir : pour la première fois, la SNCF pourrait perdre la gestion d'une ligne de TER en faveur d'une autre entreprise.

En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les élus débattent pour choisir qui exploitera la ligne Marseille-Nice. La région encourage ses élus à voter en faveur du groupe Transdev, un groupe français de transport présent dans 17 pays. Une concurrence sérieuse pour la SNCF, qui pourrait bien perdre son hégémonie sur les transports ferroviaires de l'hexagone. La décision finale doit être rendue le 29 octobre prochain, mais la SNCF se prépare depuis longtemps à l'ouverture à la concurrence sur le marché français.

« SNCF Voyageurs [qui rassemble TGV, TER, Intercités et Transilien] souhaite le meilleur succès à Transdev, dans l’intérêt des voyageurs et du développement du transport ferroviaire dans la région. Ce choix marque (…) la concrétisation de l’ouverture à la concurrence à laquelle nous nous préparons de longue date, où nos autorités organisatrices ont la liberté de choisir d’autres opérateurs que nous », indique Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, dans un communiqué relayé par Le Monde.

Cette ligne de TER représente un enjeu majeur pour la région : elle effectue 10% du trafic régional, en nombre de trains proposés. La région met donc en jeu un contrat de concession de 10 ans, estimé à 870 millions d'euros. Trois entreprises ont répondu à l'appel d'offres : la SNCF, Transdev et Thello, une filiale de l'entreprise italienne Trenitalia. Transdev, pour remporter le contrat, a promis de doubler le trafic d'ici 2025, en proposant 14 allers-retours quotidiens.

La région PACA soutient l'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire, afin « d’améliorer très significativement l’offre pour les usagers », justifie Renaud Muselier (LR).  « On va avoir des prix canonissimes proposés par les opérateurs publics ou privés, français ou étrangers, qui répondront à ces appels d’offres. On va avoir les trains à l’heure, on va avoir des rabais, avec une qualité de service ! », avait-il affirmé en 2019, lorsque l'ouverture à la concurrence avait démarré.

« C’est historique dans le monde ferroviaire, c’est la première fois qu’un lot de cette importance serait accordé à un autre opérateur que la SNCF », souligne Philippe Tabarot, sénateur LR des Alpes-Maritimes et ex-vice-président en charge des transports à la région PACA. Il avait pour tâche de gérer ce dossier jusqu’aux élections régionales, en juin dernier.

A la SNCF, cette perspective est moins réjouissante. Didier Mathis, secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat à la SNCF, s'inquiète du futur des agents de cette ligne de TER. « Nous sommes attristés de cette décision, car cela va entraîner le transfert de 166 agents [de la SNCF vers Transdev] », a-t-il indiqué.

La SNCF pourrait perdre de nouvelles parts de marché dans les mois ou années à venir : le Grand-Est, les Hauts-de-France, l’Ile-de-France et les Pays de la Loire ont manifesté leur intérêt pour l'ouverture à la concurrence de leur réseau TER. 

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