Les élections régionales sont reportées au 13 juin 2021

Par Cécile D., Alexandre G. · Publié le 17 février 2021 à 09h59 · Mis à jour le 17 février 2021 à 09h59
Prévues initialement en mars 2021, les élections régionales sont reportées au 13 et 20 juin de la même année. Face au Covid-19, le Parlement a voté et choisi de repousser le scrutin.

Face à la menace du Covid-19, le report des élections régionales et départementales est inévitable. Mardi 16 février 2021 au soir, le Parlement a donc voté en faveur de ce report. Les élections régionales doivent donc se dérouler les 13 et 20 juin prochain, soit trois mois après la date initiale prévue. Ce report devrait soulager de nombreuses personnalités politiques, qui craignaient que l'exécutif ne décaler le scrutin au-delà des prochaines élections présidentielles, prévues en 2022.

À l'origine de cette méfiance, on retrouve l'ancien ministre Jean-Louis Debré. Celui qui a été chargé de remettre un rapport en novembre 2020 au sujet du report des élections régionales ne cache pas ses soupçons. Lors de son audition au Sénat, l'ancien président du Conseil constitutionnel laisse entendre qu'en fait, « on voulait que j'arrive à la conclusion qu'il fallait que l'on reporte tout après les présidentielles ». Il précise qu'il s'est « rapidement rendu compte qu'il y avait beaucoup d'arrières-pensées chez les uns et les autres ». En réponse, l'Élysée dément « catégoriquement » ces suppositions. 

Le Parlement a finalement choisi de suivre les recommandations de Jean-Louis Debré. La date annoncée des élections ne convainc cependant pas tout le monde. Le 26 janvier dernier, le sénateur LREM François Patriat prédisait à Libération que « les gens n'iront pas voter en juin ». Le sénateur redoute une forte abstention et du coup une légitimité moins forte pour les élus une fois arrivé à la tête de leur région. Et d'après lui, le coup monté viendrait surtout de la droite. « La droite veut à tout prix (les régionales) avant 2022 pour s'offrir un tremplin vers la présidentielle. Eux aussi font de la politique ». Un aveu à demi-mot d'une tentative de manœuvre politique par la majorité ? 

Mais alors, pourquoi décaler à tout prix ces élections régionales et départementales ? Tout simplement pour éviter les couacs des dernières élections municipales. On se souvient que la bonne tenue du scrutin avait été chamboulée à bien des égards par la violence de la première vague du Covid-19, avec par exemple une abstention record.

Encore plus étonnant, le haut fonctionnaire entendait remettre au goût du jour une méthode de scrutin oubliée depuis longtemps en France : le vote par correspondance. À l'image de ce que l'on a pu observer pendant les élections américaines de novembre 2020, il demande à Matignon « d'envisager le développement du vote par correspondance ou par internet. » Une pratique que l'on ne connaît plus depuis 1975 en France. Le cabinet du Premier ministre rappelle que des « fraudes massives » avaient été constatées à l'époque. 

Afin de rassurer élus et citoyens, le Parlement a voté, en même temps que le report des élections, un texte de loi qui permet d'adapter la tenue des élections et de la campagne électorale à la situation sanitaire. Ce projet de loi promet une augmentation de 20% du plafond de dépenses et un allongement de la durée de la campagne officielle, qui s'étendra sur 19 jours au lieu de 12. Le Point précise également que chaque électeur pourra bénéficier de deux procurations, contre une seule habituellement. 

Durant la campagne, il n'y aura pas de "clips de campagne" sur les chaînes de radio et de télévision du service public, mais des programmes pédagogiques sur le rôle des instances à renouveler. Un numéro d'appel gratuit doit également être mis en place par les candidats pour permettre aux électeurs de se renseigner sur leurs programmes.

Enfin, ce texte prévoit que le gouvernement remette au Parlement un rapport sur l'état de l'épidémie de Covid-19, et sur les risques de contamination qu'entraînerait la campagne électorale. Ce rapport doit être fondé sur les analyses de comités de scientifiques et doit être rendu au plus tard le 1er avril, afin que le Parlement ait le temps de l'étudier et de décider - ou non - d'un nouveau report des élections.

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