Crack à Paris : le mur construit pour bloquer les toxicomanes défendu par les préfets

Par Alexandre G., Graziella L. · Publié le 27 septembre 2021 à 09h48
Après leur évacuation massive des Jardins d'Eole, les toxicomanes ont été déplacés aux abords de la porte de la Villette, à la frontière avec Aubervilliers et Pantin. La préfecture de police a annoncé ériger un mur pour les empêcher de passer par le tunnel de Forceval, vers la Seine-Saint-Denis. Les préfets de police de Paris et d'Île-de-France ont publié un communiqué pour justifier la "solution temporaire" choisie et détailler les prochaines étapes.

Le sort des toxicomanes est d'actualité en ce moment à Paris. Anne Hidalgo demandait il y a quelques jours au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de "mettre fin à un grand marché à ciel ouvert de crack" dans le 19e arrondissement de Paris. Déjà déplacés en juin de Stalingrad aux Jardins d'Eole, les toxicomanes ont de nouveau été évacués vendredi 24 septembre. Cette fois, ils ont été transportés en cars vers le nord-est, aux abords de la porte de la Villette, à la frontière avec Aubervilliers et Pantin.

Au lendemain de l'évacuation, le préfet de police de Paris Didier Lallement et le préfet d'Île-de-France Marc Guillaume ont défendu leur décision auprès de la mairie de Paris, qui aurait de son côté "préféré une évacuation mieux coordonnée avec mise à l'abri de type 'prise en charge humanitaire'", comme le soulignait Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo. "L'État a assumé d'organiser (la) solution temporaire" trouvée, expliquent les préfets, soit le déplacement des toxicomanes vers la place Auguste Baron. D'après eux, le regroupement des consommateurs de crack "à proximité immédiate de nombreux riverains (et) d'écoles" était "intenable". 

Aujourd'hui, Didier Lallement et Marc Guillaume entendent coopérer dans les plus brefs délais avec la mairie de Paris et les pouvoir publics. "Nous sommes à votre disposition pour travailler le plus rapidement possible, aux propositions de lieux que vous nous adresserez ainsi qu'à l'Agence régionale de santé d'Île-de-France afin de permettre leur ouverture dans les prochaines semaines", soulignent les deux préfets. Conscients des lacunes du précédent "plan crack" et des déplacements consécutifs, les préfets rappellent que cette fois, "l'accompagnement médico-social a été très fortement amplifié", avec un "renforcement des maraudes médico-sociales et l'ouverture de 400 places d'hébergement". 

Une décision de la préfecture de police qui ne satisfait pas tout le monde, puisque l'endroit où les toxicomanes ont été déplacés est "à proximité directe d'un des quartiers les plus pauvres de France", d'après Bertrand Kern, le maire PS de Pantin. Il déplore la "méconnaissance totale des autorités concernant la géographie parisienne" et estime que Darmanin "piétine les élus locaux et s'essuie les pieds sur la Seine-Saint-Denis".

Pour tenter de remédier à cela, un mur a été érigé en vitesse devant le tunnel du passage de Forceval, situé sous le périphérique, afin d'y interdire aux toxicomanes "la circulation et le stationnement", d'après Le Figaro. La mesure, censée être temporaire, doit "protéger les habitants de Pantin et éviter les actes délictuels à l'abri des regards".

Pour éviter ces "mesures répressives et inefficaces", selon la sociologue Marie Jauffret-Roustide sur FranceInfo, la mairie de Paris envisage "d'ouvrir les lieux supplémentaires de prise en charge qui permettront de sortir ces personnes de la rue et de leur dépendance". De nouvelles ouvertures de salles de consommations dans la capitale ont ces dernières semaines déclenché la grogne des habitants des quartiers concernés

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Sur les ordres du préfet de police de Paris Didier Lallement en concertation avec le ministère de l'Intérieur, près de 200 policiers démarrent à partir de 10h ce vendredi 24 septembre 2021 l'évacuation des consommateurs de crack des Jardins d'Eole, nouvel épicentre du trafic situé dans le 18e arrondissement. Les toxicomanes vont ensuite être conduit par bus vers le square de la porte de la Villette, un lieu censé être éloigné des habitations. [Lire la suite]

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