Éphéméride du 8 août : La signature de l'édit de paix de Saint-Germain-en-Laye

Par Manon C. · Mis à jour le 9 août 2021 à 19h08 · Publié le 8 août 2021 à 01h26
Signé le 8 août 1570, le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye met fin à la troisième guerre de Religion en France, alors en cours depuis deux années, et octroie aux protestants la liberté de culte dans une limite territoriale ainsi que quatre villes de sûreté. La paix sera néanmoins de courte durée avec, comme point d'orgue de reprise des conflits entre catholiques et protestants, la Nuit de la Saint-Barthélémy, deux ans plus tard.

Durant toute la seconde moitié du 16e siècle, la France est marquée par les guerres de Religion qui opposent catholiques et protestants. Le conflit prend sa source au début du siècle alors qu'un religieux allemand, Martin Luther, conteste l'Eglise catholique et met en place la Réforme, un mouvement révolutionnaire protestant. Ces pensées nouvelles ne tardent pas à se diffuser en France, mais rapidement, les réformés protestants font l'objet de persécutions par les catholiques, majoritaires au sein du royaume. 

Les guerres civiles et meurtrières s'enchainent dès lors en France pendant plus de 30 ans, de 1562 et 1598. Ces guerres de Religion prendront place sous le règne de plusieurs rois de France, à commencer par François Ier qui, bien que catholique, n'oppose pas de résistance à la propagation du protestantisme, allant même jusqu'à faire preuve de tolérance vis-à-vis des pratiquants. Mais face à leur détermination, François Ier finit par déclencher une série de persécutions en 1534 afin d'expulser de France les dissidents. 

Sous les règnes d'Henri II et de François II, la Réforme continue de se diffuser en France sans réelle répression. Catherine de Médicis, qui prend par la suite la régence du pays avec son fils de 10 ans, Charles IX, espère quant à elle une conciliation des deux Eglises et signe l'Edit de janvier, en faveur des protestants. Mais le massacre de Wassy en 1562 vient mettre un terme à la pacification et engendre la première des huit guerres de Religion. 

Après une première guerre de Religion entre 1562 et 1563, puis une seconde guerre de 1567 à 1568, la troisième guerre de Religion débute en 1568 pour se terminer le 8 aout 1570 avec la signature de l'édit de paix de Saint-Germain-en-Laye par le roi Charles IX et l’amiral Gaspard de Coligny, chef des protestants. Ces derniers, affaiblis par leurs défaites à Jarnac et à Moncontour face aux troupes du duc d'Anjou, frère du roi et futur Henri III, et par l'assassinat en 1569 de leur second chef, le prince de Condé, nomment alors Henri de Navarre, futur Henri IV, chef des protestants. 

L'édit, signé au château royal de Saint-Germain-en-Laye et encouragé par la reine Catherine de Médicis, accorde aux protestants de nouveaux privilèges et couche sur papier les modalités de la paix entre les deux partis religieux. Dans les faits, l'édit de paix de Saint-Germain-en-Laye accorde aux protestants la liberté de pratiquer leur culte dans les lieux qui leur étaient dédiés avant les guerres, ainsi que dans les faubourgs de 24 villes du royaume. Il leur confère également quatre places de sûreté pendant deux ans afin d'y pratiquer librement leur culte - La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité - ainsi que la possibilité d'être admis aux fonctions publiques. 

D'apparence un véritable appel à la tolérance entre les deux Eglises, semblant mettre de côté les différences de croyance, l'édit est en réalité davantage rédigé et signé par le parti royal afin de pacifier et unifier le royaume et ainsi conduire les protestants à rejoindre progressivement le catholicisme. Toutefois, Catherine de Médicis ordonne également le mariage de sa fille, Marguerite de Valois, la future Reine Margot, avec le protestant Henri de Navarre qui deviendra roi de France en 1589 sous le nom d'Henri IV. 

Malgré la signature de l'édit de tolérance, les tensions entre catholiques et protestants ne s'apaisent pas. La paix est de courte durée et seulement deux ans plus tard survient le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 aout 1572, point d'orgue sanglant des affrontements entre les deux Eglises. 

Fragile, l'édit de paix de Saint-Germain-en-Laye du 8 aout 1570 servira tout de même de modèle pour les traités suivants jusqu'à l'édit de Nantes, signé en 1598 par Henri IV, qui mettra fin aux guerres de Religion en France. 

Informations pratiques

Lieu

Paris
75 Paris

Plus d'informations
Iconographie : Charles IX et Catherine de Médicis publiant la paix de Saint-Germain, enluminure du manuscrit Carmen de tristibus Galliae, 1577, Bibliothèque municipale de Lyon

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