Histoire de Paris : Le cimetière des innocents et les vestiges qu'il en reste

Par Rizhlaine F. · Publié le 13 avril 2021 à 13h10 · Mis à jour le 13 avril 2021 à 16h51
Le saviez-vous ? À Paris, dans le quartier des Halles se trouvait autrefois un cimetière bien connu de la capitale : le cimetière des innocents (ou des saints-innocents). Découvrez son Histoire fascinante et les quelques vestiges qu'il en reste.

Le visage de Paris s'est transformé à travers le temps, et parfois on redécouvre avec surprise le passé de certains lieux. C'est notamment le cas du quartier des Halles. À l'endroit de l'actuelle Place Joachim-du-Bellay se trouvait alors un cimetière incontournable du Paris de l'époque : le cimetière des Innocents.

Les origines de ce cimetière remonteraient aux Mérovingiens et pendant près de 1000 ans il accueilli les dépouilles des parisiens jusqu'à sa fermeture en 1780. On estime que deux millions de parisiens y auraient été inhumés. Une première chapelle en l'honneur de Saint-Michel y était érigée avant d'être remplacée par une église plus vaste vers 1130 sur ordre de Louis VI le Gros. Elle fut dédiée aux Saints-innocents, d'où le nom.

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Le cimetière des Innocents un lieu phare du quotidien des parisiens

En plus de l'église, des charniers et d'une fontaine, le cimetière des Innocents comportait également deux reclusoirs. Ces petites cellules accueillaient des reclus et des recluses qui y étaient ensuite murés. Le premier reclusoir des Innocents était le plus célèbre de Paris. Il disposait de deux meurtrières grillées, l'une donnant sur l'extérieur afin de mettre de recevoir de la nourriture et l'autre l'intérieur de l'église afin de permettre à la personne recluse de pouvoir assister aux cérémonies religieuses. 

On rapporte quatre noms de recluses du cimetière des Innocents. La première, Alix La Bourgeotte sera restée 46 ans dans son reclusoir. La seconde, Jeanne La Verrière, avait émit la volonté de vivre recluse alors qu'Alix La Bourgeotte occupait sa cellule depuis déjà 18 ans. Un second reclusoir fut alors construit. Renée de Vendômois rendue coupable d'adultère et de l'assassinat de son mari fut quant à elle condamnée à finir ses jours dans un reclusoir. Enfin la quatrième recluse connue était une veuve nommée Jeanne Pannoncelle.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce cimetière était très prisé des parisiens. Véritable lieu de vie et de rencontre, on y retrouvait de jour des marchands et des promeneurs. À la nuit tombée en revanche, le cimetière devenait moins fréquentable. Y étaient inhumés les restes de 22 paroisses parisiennes auxquels s'ajoutent ceux de l'hôtel-Dieu, les corps des victimes de la peste noire de 1348 ainsi que ceux des inconnus non-identifiés de la morgue de la Cité, dont les noyés de la Seine et les personnes décédées sur la voie publique qui se retrouvaient alors dans des fosses communes.

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La fin du cimetière des Innocents

Cela faisait donc beaucoup trop de corps, pour un cimetière trop petit. On en disait par ailleurs que sa terre mangeait son cadavre en neuf jours. Des charniers furent ajoutés autours du cimetière pour accueillir les ossements qui étaient retirés. Le Charnier des Lingères situé du côté Sud de l'ancien cimetière, parallèle à la rue de la Ferronnerie  se distinguait par une fresque représentant une danse macabre. On pouvait alors y voir représentés tour à tour des nobles, des représentant religieux, des paysans et même des souverains contraints de suivre les morts, rappelant ainsi que personne n'échappe à cette fatalité.

Mais après mille ans d'activité, le cimetière, situé au coeur de Paris, était insalubre. Le niveau du sol aurait même dépassé de 2,50m celui des rues avoisinantes, tant il était surchargé. Par ailleurs, une loi datant de 1765 qui interdisait les cimetières à l’intérieur des villes pour des raisons d’insalubrité. Un évènement décisif aura conduit à la fermeture définitive du cimetière des innocents en 1780. Sous le poids des cadavres inhumés, une cloison céda et les restes de parisiens se déversèrent dans la cave d'un restaurateur. Le cimetière fut ensuite détruit en 1786.

Les vestiges du cimetière des Innocents

Aujourd'hui il reste bien peu de vestiges de ce cimetière parisien. Les restes des personnes qui y furent enterrées se trouvent désormais dans les Catacombes de Paris. Sur la place Joachim-du-Bellay, la Fontaine des Innocents fut celle qui était accolée à l'église des Innocents, aujourd'hui détruite. Au n°8 de la rue de la Ferronnerie et au n° 15 de la rue des innocents, on peut retrouver des arcades qui soutenaient autrefois deux des charniers du cimetière. Des vestiges sont également conservés au Musée du Louvre et au Musée Carnavalet.

Informations pratiques

Tarifs
Gratuit

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