Bien avant que Mickey ne pose ses valises à Marne-la-Vallée, Mirapolis rêvait déjà de créer un grand parc à thème aux portes de Paris. Le projet naît au début des années 1980 dans l’esprit de l’architecte Anne Fourcade qui imagine un univers inspiré des contes et légendes.
Le chantier débute en juillet 1985 sur d’anciens terrains agricoles de Courdimanche, dans le Val-d’Oise (95). L’ambition est considérable : environ 500 millions de francs sont investis dans un parc d’une cinquantaine d’hectares, pensé pour accueillir jusqu’à 2 millions de visiteurs par an. Même son nom annonce la couleur : "mira" pour merveille et "polis" pour ville, autrement dit la "ville des merveilles", rien que ça !
Le 20 mai 1987, Jacques Chirac, alors Premier ministre, inaugure officiellement Mirapolis, qui ouvre au public le lendemain. Sa mascotte est impossible à rater : un Gargantua de 35 mètres de haut, dont la tête mesure à elle seule 11 mètres ! Le géant abrite même une attraction permettant de parcourir son corps.
Autour de lui, le parc convoque Dame Tartine, la forêt de Brocéliande, la cité engloutie d’Ys ou encore Léonard de Vinci. Mirapolis compte alors une trentaine d’attractions et d'animations, auxquelles s’ajoutent théâtres et spectacles. Mais l’ouverture tourne rapidement au scénario improbable.
Des forains, menés notamment par Marcel Campion, dénoncent la différence de TVA entre leurs activités et les nouveaux parcs de loisirs. Près de 200 d’entre eux envahissent Mirapolis et dégradent une partie des installations. Ironie de l’histoire ? Quelques années plus tard, ces mêmes forains participeront à la gestion du parc.
Mais Mirapolis peine surtout à attirer la foule, bien loin des millions de visiteurs espérés par an. Les difficultés financières entraînent plusieurs changements de direction : le Club Med tente notamment une relance en 1988, avant l'arrivée des forains dans la gestion à la fin de la décennie. En 1989, après seulement 3 saisons, un administrateur provisoire est déjà nommé. La dernière saison se déroule en 1991.
Mirapolis ferme ses portes le 20 octobre 1991 et ne rouvrira jamais. En décembre, l’INA rapporte que les derniers repreneurs renoncent à poursuivre l’aventure, alors qu’Euro Disney doit ouvrir quelques mois plus tard. Le constat est sévère : 2 millions de visiteurs annuels avaient été envisagés, contre seulement 400 000 mentionnés au moment de la fermeture, tandis que les pertes se comptent en centaines de millions de francs.
Le parc est ensuite démantelé et certaines attractions connaissent une seconde vie ailleurs. Gargantua, lui, reste encore quelques années seul au milieu de l’ancien site avant d’être démoli en 1995. Une fin presque cinématographique pour ce géant qui devait symboliser l’arrivée de la France dans l’ère des grands parcs à thème.
Plus de 3 décennies après la disparition de Mirapolis, les attractions pourraient finalement faire leur retour du côté de Courdimanche, mais sans ressusciter le parc d'origine. Le 24 août 2026, la France et l'Arabie saoudite ont, en effet, annoncé un accord portant sur la création de 3 parcs à thème près de Cergy-Pontoise, pour un investissement global annoncé de 6 milliards d'euros.
Le projet doit être financé par Qiddiya Investment Company, un groupe saoudien spécialisé dans les loisirs, et environ 22 000 emplois pourraient être créés. Parmi ces trois parcs, l'un doit être consacré à Dragon Ball, la célèbre œuvre d'Akira Toriyama. Mais si Qiddiya travaille déjà sur un parc dédié à cet univers près de Riyad en Arabie saoudite, rien n'indique pour l'instant que sa version française en reprendra exactement le contenu. Les thèmes des deux autres parcs n'ont, par ailleurs, pas encore été révélés.
Son ancien terrain était au centre des premières discussions autour du projet Dragon Ball, mais les annonces officielles évoquent désormais plus largement une implantation près de Cergy-Pontoise. Il est donc encore trop tôt pour affirmer que les 3 parcs seront intégralement construits sur l'ancienne emprise de Mirapolis. Le site de Courdimanche pourrait accueillir tout ou partie du complexe, avec éventuellement d'autres terrains nécessaires à son développement.
Un premier parc est actuellement envisagé à l'horizon 2032, une échéance qui reste prévisionnelle compte tenu des procédures administratives, des infrastructures et des travaux encore nécessaires. Une perspective qui donne une drôle de suite à l'histoire : près de 40 ans après l'ouverture de Mirapolis, le secteur pourrait donc retrouver sa vocation de destination de loisirs, mais sous une forme et à une échelle totalement différentes !
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Lieu
Cergy-Pontoise
3 Place Olympe de Gouges
95000 Cergy
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