Derrière la façade élégante d'un hôtel particulier du 16e arrondissement se cache un lieu rare : la Maison Guimet, son jardin d'inspiration japonaise et son authentique pavillon de thé. Fermé pour travaux, cet écrin discret consacré aux arts asiatiques rouvre au public à partir du samedi 23 mai 2026, offrant aux curieux une nouvelle occasion de découvrir l'un des endroits les plus singuliers de Paris. Installée dans l'hôtel d'Heidelbach, cette adresse étonnante est inaugurée de nouveau à l'occasion de la Nuit des Musées, après plusieurs mois de travaux de rénovation. Les visites se font sur réservation uniquement, au tarif de 18 euros, billet incluant également l'accès à l'ensemble des collections et expositions du musée Guimet. À seulement 3 euros de plus que l'entrée seule du musée, autant faire la totale.
Tout commence en 1913, quand le banquier américain Alfred-Samuel Heidelbach (1852-1922) commande à l'architecte René Sergent, l'un des grands noms de l'architecture bourgeoise de la Belle Époque (à qui l'on doit aussi l'hôtel particulier abritant aujourd'hui le musée Nissim de Camondo, rue de Monceau), la construction de cet élégant hôtel particulier de style néoclassique. À son décès, la demeure est acquise par l'État français dans les années 1950, avant de devenir en 1991 une annexe du musée Guimet, le plus grand musée d'arts asiatiques d'Europe. À ses débuts, l'hôtel d'Heidelbach accueille les galeries du Panthéon bouddhique, réunissant les figures bouddhiques collectées par Émile Guimet lors de son voyage au Japon en 1876.
Puis en 2001, le Japon offre au musée un authentique pavillon de thé, installé à l'arrière du bâtiment dans un jardin de style japonais. Dessiné par l'architecte et historien de l'architecture Nakamura Masao (1927-2018), à qui l'on doit notamment des pavillons dans le jardin Shinjuku-gyoen de Tokyo et le parc Shirotori de Nagoya, il est construit par des artisans japonais d'excellence sous l'égide du maître-charpentier Yamamoto Takaaki. En 2018, le jardin entourant le pavillon est entièrement repensé par les architectes Agnès Latour-Kurashige et Jean-Sébastien Cluzel, pour lui donner sa forme actuelle, ouverte et lumineuse, sur 450 m2.
Le jardin dit roji (littéralement "sol couvert de rosée" en japonais) est isolé de la cour par une végétation soigneusement choisie : cerisiers du Japon, bambous nains, mousses, prêles, fougères, azalées et pins nana composent un écrin de verdure aux couleurs changeantes selon les saisons. Des clôtures en bambou à cannes verticales et deux portillons à croisillons encadrent discrètement l'espace, comme autant de seuils symboliques vers un autre état d'esprit.
Un petit chemin pavé de marches en pierre conduit pas à pas vers le pavillon, rythmé par une lanterne de pierre et une vasque d'eau (tsukubai), éléments traditionnels du jardin de thé japonais qui invitent à la purification avant la cérémonie. En quelques pas, le bruit de l'avenue d'Iéna s'efface. On se retrouve dans un autre monde, à Kyoto plutôt qu'à Paris.
Le pavillon de thé (chashitsu) lui-même est une pièce rare. Sa conception obéit aux règles strictes de l'architecture traditionnelle japonaise dédiée à la cérémonie du thé, héritée du maître Sen no Rikyu au XVIe siècle. La charpente en bois naturel, les cloisons en papier washi, les proportions intimes et les matériaux nobles témoignent d'un raffinement extrême dans le choix des bois employés. Le pavillon est d'ailleurs tenu au Japon pour l'une des réalisations les plus abouties de son architecte. Il est conçu pour que les différentes écoles de thé japonaises puissent y pratiquer les cérémonies selon leurs propres usages et traditions, autour des quatre principes fondateurs : l'harmonie, le respect, la pureté et la sérénité.
À partir du 23 mai, une offre de visites guidées et de dégustations autour des arts du thé en Chine et au Japon est proposée, complétant ainsi la découverte de ce musée confidentiel. Le musée Guimet propose deux types de cérémonies du thé japonaises, selon les rites de l'école Omotesenke et de l'école Urasenke, deux traditions dont les pratiques se distinguent principalement dans le choix et l'utilisation des ustensiles. Chaque séance d'environ une heure comprend l'accueil par le maître de thé, le partage du thé dans le pavillon, la projection d'un court documentaire et un échange. L'école Urasenke propose des séances les samedis 30 mai et 13 juin (à 14h, 14h30 et 15h), au tarif de 18 euros, réservation obligatoire sur guimet.fr. Il est conseillé d'apporter des chaussettes blanches et de porter des vêtements amples pour s'asseoir confortablement à genoux ou en tailleur.
Les séances d'art chinois du thé (gong fu cha, soit "prendre le temps pour le thé") sont conduites par Xin Zhao, experte en thé et co-fondatrice de Goutte de Thé, avec des thés wulong ou pu-er issus de producteurs du Yunnan, du Guangdong ou du Fujian. Elles se pratiquent assis à table et se tiennent les dimanches 31 mai, 21 juin, 28 juin, 5 et 12 juillet, ainsi que les samedis 4 et 11 juillet (à 15h et 16h), également à 18 euros. Il est conseillé de ne pas porter de parfum afin de préserver la perception olfactive du thé.
La visite-découverte complète de la Maison Guimet, incluant le jardin, le pavillon et une dégustation-initiation à l'art du thé, est proposée les jeudis, samedis et dimanches à 11h, toujours à 18 euros, réservation obligatoire sur guimet.fr. Pour les groupes, des créneaux sont disponibles les jeudis à 14h30, sur demande à resa@guimet.fr.
Maison Guimet - Hôtel d'Heidelbach : ce lieu secret aux trésors d'Asie rouvre ses portes
La Maison Guimet, nouvel écrin de l'ancien hôtel d'Heidelbach, rouvre au public à partir du 23 mai 2026, avenue d'Iéna dans le 16e arrondissement de Paris. Mobilier chinois impérial, jardin japonais, pavillon de thé, visites guidées et dégustation de thé en prime sont au programme. On a été découvrir les lieux et on vous dévoile ses trésors insoupçonnés. [Lire la suite]
Notre avis : Ce jardin japonais en plein 16e arrondissement de Paris est une vraie belle surprise, l'un de ces endroits qu'on n'imagine pas trouver derrière la façade d'un hôtel particulier haussmannien. La qualité du pavillon de thé, offert par le Japon et construit par des artisans d'excellence, en fait un lieu de visite à part entière, bien au-delà du simple anecdotique.
À qui s'adresse cette visite ? Aux curieux de culture japonaise, aux amateurs de jardins et d'architecture, et à tous ceux qui cherchent à souffler loin du tumulte parisien, même pour une heure. À noter que le lieu n'est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.
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Dates et Horaires
À partir du 23 mai 2026
Lieu
Maison - Guimet - Hôtel Heidelbach
19 Avenue d'Iéna
75116 Paris 16
Calcul d'itinéraire
Accès
métro ligne 9 station Iena ou Trocadero, ligne 6 station Trocadero ou Boissière
Site officiel
www.guimet.fr



























Maison Guimet - Hôtel d'Heidelbach : ce lieu secret aux trésors d'Asie rouvre ses portes














