Dès son ouverture par Rodolphe Salis au pied de la butte Montmartre, en novembre 1881, Le Chat Noir s’impose comme berceau du cabaret moderne à Paris. Loin d’être un simple café‑concert, le lieu devient rapidement un foyer de la créativité où se mêlent peinture, chanson, théâtre d’ombres et revue satirique.
En à peine quinze ans, ce lieu mythique aujourd'hui disparu a façonné l'esprit bohème de la Ville Lumière, et même s’il a fermé ses portes après la mort de Salis en 1897, le Chat Noir continue d’inspirer les artistes d'ici et d'ailleurs.
Au départ, il s'agit simplement d'un espace modeste situé sur le boulevard Rochechouart qui accueille poètes, peintres et chansonniers mêlant mots, chansons et esprit grinçant, dans un décor pseudo‑historique, un peu baroque et volontairement décalé. Chacun vient y chercher ce mélange unique entre provocation, satire et convivialité. D'ailleurs, Rodolphe Salis instaure dès le départ un rituel : l'entrée est réservée aux artistes et aux poètes, tandis que les militaires et les ecclésiastiques sont volontiers éconduits, renforçant l’idée d’un espace dédié à la liberté créative.
Rapidement, faute de place, le cabaret déménage dans une maison plus vaste, rue Victor‑Massé - autrefois rue de Laval. Le décor est revu et amélioré, avec des vitraux de Willette, des ornements de Caran d’Ache et une atmosphère d’auberge raffinée. C’est là que naissent les fameux théâtres d’ombres mis en musique par Georges Fragerolle. Des spectacles inventifs et poétiques qui deviennent l’une des marques de fabrique du lieu.
Le Chat Noir fut le nid de nombreuses personnalités marquantes : le poète et chansonnier populaire Aristide Bruant, l'illustrateur de l’affiche iconique Tournée du Chat Noir (1896) Théophile Steinlen, mais aussi Paul Verlaine, Claude Debussy ou encore Erik Satie. Ces soirées mélangeaient satire politique, chanson grinçante, images projetées et discussions sur l’art et la vie, avec un soupçon de provocation festive.
Quelques années plus tard, le Chat Noir s’installe sur le boulevard de Clichy, non loin du Moulin Rouge. L’établissement continue d’attirer le Tout‑Paris artistique et intellectuel jusqu’à la mort de Salis en 1897. Après son décès, l’aventure s’effrite, les artistes s’en vont et le cabaret ferme peu après. Peu après, le lieu devient La Boîte à Fursy sous la direction du chansonnier Henri Fursy. Une partie de l’enseigne originale de Willette est conservée au musée Carnavalet, tout comme d’autres artefacts du cabaret.
Un bar‑brasserie nommé Le Chat Noir occupe aujourd’hui la même adresse historique du 68 boulevard de Clichy. Mais il ne s’agit en rien du cabaret historique, seulement d’un lieu contemporain qui revendique et célèbre son nom et son aura artistique.
Les adresses mythiques et les lieux historiques du Montmartre artistique et bohème
Perché sur les hauteurs de Paris, Montmartre fut le cœur battant de la bohème artistique des 19ᵉ et 20ᵉ siècles. Peintres, poètes et chansonniers y vivaient librement entre cabarets, ateliers et ruelles escarpées, laissant une empreinte éternelle sur l’âme de la capitale. [Lire la suite]
Lieu
Montmartre
Montmartre
75018 Paris 18



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