Saviez‑vous qu’à l’origine, le Moulin‑Rouge n’était pas seulement un cabaret, mais offrait aussi… des sensations à grande vitesse ? Et pour cause : à l’ouverture du cabaret en 1889, des « Montagnes russes » proposaient déjà aux Parisiens amateurs de sensations de se faire peur tout en s'amusant. Ce manège pieds au sol proposait des parcours sinueux en bois, dessinant notamment un double huit sur environ 200 m de rail. Situées dans le jardin du Moulin‑Rouge, ces attractions complétaient l’offre festive et familiale en parallèle du célèbre French cancan.
Les concepteurs du Moulin‑Rouge, Joseph Oller et Charles Zidler, s’inspirèrent des promenades aériennes, un type de montagnes russes popularisé à Paris dès 1816. En 1887‑1888, Joseph Oller fit ériger un circuit double huit de 200 m de long, démontable et adapté à l’espace du jardin. Cette attraction offrait à la fois une vue panoramique et une décharge d’adrénaline pour les Parisiens amateurs de nouveautés ludiques.
Le Jardin du Moulin‑Rouge, dès sa création, proposait une diversité d’activités : balades à dos d’âne, scène ouverte, galerie d’art et ces montagnes russes conviviales. Ce cadre bucolique au cœur de Montmartre attirait des familles et des jeunes gens, dans la tradition des jardins‑manèges parisiens de la Belle Époque.
Le dispositif technique reposait sur des wagonnets tirés par la gravité sur rails structurés. Ces structures étaient souvent démontables, afin de libérer l’espace en hiver ou pour des événements ponctuels. Aux alentours, les visiteurs profitaient d’une ambiance agitée où artistiques et mondains se mêlaient aux amateurs de divertissement populaire.
Quelques détails également : ces montagnes russes s'inscrivent dans une tradition remontant à Paris en 1816, où le premier grand huit est installé à Belleville puis complété par les « Promenades aériennes », circuit fermé plus ancien encore. Par ailleurs, le duo Oller‑Zidler avait déjà fait imprimer leur savoir‑faire dans d’autres lieux, comme l’Hippodrome ou le Jardin de Paris. Les montagnes russes sur le boulevard des Capucines, dès 1888, furent le prélude à celles du Moulin‑Rouge.
Rapidement associées à l’image de fête foraine mêlée au modernisme du spectacle, elles disparaissent progressivement avec les évolutions du Moulin‑Rouge au début du XXᵉ siècle, peu à peu remplacées par d’autres attractions, avant que le jardin ne cède sa place à l’expansion du cabaret et de ses installations scéniques. Aujourd'hui, le Moulin-Rouge rend hommage à ce passé forain à Europa Park, à travers une attraction conçu en collaboration avec le cabaret, le CanCan Coaster.
Les Montagnes russes du Jardin du Moulin‑Rouge, une illustration marquante de la fusion entre cabaret, innovation technologique et loisir populaire durant la Belle Époque. Bien qu'oubliées aujourd’hui, elles participent néanmoins de l’histoire riche et détonante du Moulin‑Rouge à Paris.
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