Avant d’être le symbole des mouvements sociaux, “ la grève” avait une autre signification. Bien avant les banderoles et les slogans scandés, l’expression avait un sens bien plus terre-à-terre. Elle trouve son origine… sur les bords de Seine, à Paris, plus précisément devant l’Hôtel de Ville, sur une place nommée autrefois place de Grève.
À la base, le mot “grève” désigne une étendue de sable ou de gravier, souvent située au bord de l’eau. La place de Grève, ainsi nommée, bordait la Seine et constituait un vaste espace dégagé où se retrouvaient, dès le Moyen Âge, les ouvriers sans emploi. Ces travailleurs, espérant trouver une embauche à la journée, s’y massaient dès l’aube, dans l’attente d’un artisan, d’un contremaître ou d’un marchand à la recherche de bras.
En ce temps la, lorsqu'on “faisait la grève” cela signifiait se poster sur la place de Grève dans l’espoir d’être recruté. C’était une forme de disponibilité visible. Avec les siècles, les choses ont évolué. Lorsque les travailleurs ont commencé à refuser de travailler pour obtenir de meilleures conditions, ils ont continué à se rassembler… au même endroit. La place de Grève, déjà associée au monde du travail, est alors devenue naturellement le théâtre de rassemblements revendicatifs. C’est ainsi que l’expression “faire la grève” a glissé sémantiquement pour désigner l’acte de cesser volontairement le travail en guise de protestation. Ce changement de sens se serait cristallisé au XIXᵉ siècle, avec l’essor du mouvement ouvrier. Ce n’était plus l’attente d’un emploi, mais le refus de le poursuivre tant que les droits n’étaient pas respectés.
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