À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, les murs à pêches font partie de l’histoire locale. Pendant plusieurs siècles, ces murs ont permis de cultiver des pêchers malgré le climat d’Île-de-France. Le site est aujourd’hui connu comme un exemple de patrimoine horticole en ville.
Leur histoire commence à partir du 17e siècle. Leur rôle est simple : protéger les arbres du froid et les aider à mieux mûrir. Les murs, souvent recouverts de plâtre, emmagasinent la chaleur du soleil pendant la journée. Ils la restituent ensuite lorsque la température baisse. Cette méthode permettait de créer un microclimat favorable à la culture des pêchers. Les arbres étaient plantés le long des murs, puis guidés au fil de leur croissance. Les jardiniers pouvaient ainsi produire des fruits près de Paris, dans une zone pourtant peu adaptée à cette culture.
L’une des techniques utilisées à Montreuil s’appelle le palissage à la loque. Elle consiste à attacher les branches des pêchers contre les murs avec de petites bandes de tissu. Cette méthode permettait de répartir les branches, d’exposer les fruits au soleil et de faciliter leur entretien. Ce travail demandait de la précision. Les jardiniers taillaient les arbres, surveillaient leur croissance et adaptaient leur forme au mur. Ce savoir-faire explique en partie la réputation des pêches de Montreuil.
Au 19e siècle, les murs à pêches occupaient une place importante dans la ville. Une grande partie du territoire de Montreuil était alors consacrée à cette culture. Les fruits étaient vendus sur les marchés parisiens et appréciés pour leur qualité. Avec le temps, cette activité a reculé. L’arrivée du chemin de fer a facilité le transport de fruits venus d’autres régions. L’urbanisation a aussi réduit les surfaces cultivées. Beaucoup de murs ont disparu ou ont été abandonnés.
Les murs à pêches ont bien failli disparaître. Le site fut aussi menacé par de grands projets d’aménagement, notamment le prolongement de l’A86. Sa sauvegarde tient à plusieurs mobilisations. Des horticulteurs, puis des associations locales, alertent sur l’importance de ce patrimoine. Une première protection est obtenue pendant la Seconde Guerre mondiale, puis une partie du site est classée en 2003 au titre des sites et des paysages. Depuis, des associations dont MAP, des bénévoles et la Ville de Montreuil restaurent progressivement les murs, entretiennent les parcelles et ouvrent le lieu au public. Les murs à pêches ont donc survécu grâce à une combinaison de protections officielles et d’engagement local.
Les murs à pêches sont aujourd’hui classés Jardin Remarquable car ils témoignent d’une ancienne organisation agricole en milieu urbain. Le site garde la trace d’un paysage de murs, de parcelles et de techniques de culture qui a marqué l’histoire de Montreuil. Ce classement met aussi en valeur un patrimoine encore vivant. Des associations entretiennent certaines parcelles, restaurent des murs et organisent des activités autour du jardinage, de l’écologie et de la transmission des savoir-faire.
L’objectif n’est pas de revenir à la production intensive d’autrefois. En revanche, leur restauration permet bien de refaire pousser des arbres fruitiers, dont des pêchers, sur certaines parcelles. C’est l’un des enjeux du projet actuel : réparer les murs pour qu’ils retrouvent aussi leur fonction d’origine. La démarche est donc à la fois patrimoniale, écologique et pédagogique : il s’agit de montrer comment ces murs fonctionnaient, de préserver un savoir-faire, et de redonner une place aux arbres fruitiers dans ce paysage urbain.
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Dates et Horaires
Du 17 mai 2026 au 26 décembre 2027
Lieu
Murs à pêches - Montreuil
Impasse Gobetue
93100 Montreuil



















