Tous les Franciliens connaissent la vallée de la Bièvre, mais connaissez-vous le pan de cette rivière, longue de 36 kilomètres, qui serpente toujours sous Paris ? Elle prend sa source à Guyancourt et traverse cinq départements : les Yvelines, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et les 5e et 13e arrondissements de Paris, entrant par la Poterne des Peupliers dans la capitale, avant de serpenter sur cinq kilomètres et de se jeter, auparavant dans la Seine, au niveau de la Gare d'Austerlitz, maintenant dans le collecteur principal des égouts de Paris.
Lorsque l'on marche rue Berbier du Mets par exemple, la Bièvre coule sous nos pas, derrière la Manufacture des Gobelins, un nom par ailleurs lié à la rivière. En 1443, Jean Gobelin s'installe là, avec son entreprise de teinture et son célèbre rouge écarlate, un succès qui fait dire à ses concurrents que sa réussite n'est due qu'aux qualités exceptionnelles des eaux de la rivière ! Elle se met alors à être appelée "ruisseau des Gobelins" et d'autres teinturiers s'installent sur ses bords pour espérer en profiter.
Au Néolithique, le cours de la Bièvre à Paris correspondait, entre le pont d'Austerlitz et le pont de l'Alma, à celui de la Seine actuelle. Dès le XIIe siècle, les moines de l’abbaye Saint-Victor de Paris dévient le cours de la Bièvre pour faire entrer l’eau dans leur domaine et alimenter leur moulin à farine, creusant le canal des Victorins.
Maintes fois détournée et dédoublée avec des bras vifs et des bras morts, elle permet d’irriguer et de créer des chutes d’eau pour entraîner les roues des moulins, car grâce à son eau très peu calcaire, elle est très utilisée par les teintureries, les tanneurs et les lavandières, dès la fin du XVIIe siècle.




Des activités humaines qui la polluent largement au fil des siècles et la rendent malodorante, particuliers et artisans y vidant leurs déchets, produits toxiques, restes d'animaux et autres joyeusetés. La Bièvre devient un égout à ciel ouvert et alors que l'hygiénisme se développe, l'insalubrité des eaux se met à constituer un danger pour la santé.
Depuis quelques années, certains souhaitent faire revivre des tronçons de la Bièvre, comme à Fresnes et L'Haÿ-les-Roses où elle s'écoule à nouveau à l'air libre grâce à des travaux d'aménagemetn, mais aussi à Arcueil et Gentilly. Dans la capitale, les abords du parc Kellermann, le square René-Le-Gall ou encore le muséum national d'Histoire naturelle sont des secteurs envisagés pour une éventuelle réouverture de la Bièvre dans la capitale.
Actuellement, la Bièvre coule toujours à certains endroits, mais le tracé a été intégré au réseau des égouts ou a totalement disparu à cause de l'urbanisation. Mais vous pouvez toujours suivre son cours lors de belles balades, à la recherche des plaques et médaillons indiquant les emplacements des anciens moulins à vent ! Ne manquez pas de passer par la rue de la Glacière, son nom étant aussi lié à la rivière, ses eaux stagnantes gelant en hiver, les habitants stockaient la glace dans des fosses réfrigérées, pour les sorbets l’été !















