C'est un retour que beaucoup de gourmands parisiens attendaient. Dalloyau, maison du patrimoine gourmand français fondée en 1682, a rouvert en cette rentrée 2026 sa boutique emblématique du 101 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de Paris. On a testé la carte, plongé dans le nouveau décor et on vous raconte ce qui change dans cette adresse qui fait peau neuve.
Reprise en 2024 par le Groupe Potel et Chabot, la Maison tourne la page de plusieurs années compliquées. Le lieu réunit désormais sous un même toit une boutique, une boulangerie, une chocolaterie, une biscuiterie, un comptoir à emporter, un salon de thé et une table du chef privatisable. Sans oublier la partie terrasse où nous nous sommes posés pour déjeuner et prendre le tea time par la suite.
Pour comprendre ce retour, il faut remonter à Versailles. En 1682, Charles Dalloyau officie comme officier de bouche à la cour de Louis XIV, un titre qui désigne alors la crème de la gastronomie française. Plus d'un siècle plus tard, en 1802, son descendant Jean-Baptiste Dalloyau fonde sa propre maison et s'installe rue du Faubourg-Saint-Honoré, déjà à l'adresse que l'on connaît aujourd'hui.
Il y invente une idée qui nous paraît banale aujourd'hui : proposer à la bourgeoisie parisienne des plats prêts à servir chez soi, comme le faisaient les grandes maisons aristocratiques. Le prêt-à-emporter version XIXe siècle, en somme. Comme le rappelle la page Wikipédia consacrée à la Maison, Dalloyau a ensuite traversé les époques jusqu'à devoir fermer plusieurs boutiques parisiennes à partir de 2018.
Petite anecdote qui fait sourire : Saint Honoré, qui donne son nom à la rue, est le patron des boulangers et des pâtissiers. On ne pouvait pas rêver meilleure adresse pour une maison de gourmandise.
Pour cette réouverture, la Maison a confié les lieux à l'agence Tihany Design, spécialisée dans la décoration d'intérieurs chics. Le résultat mise sur un luxe discret, loin du clinquant. Parquet Versailles, moulures, albâtre, laiton, chêne massif et marbre Calacatta Oro composent un décor feutré, un peu comme un salon d'hôtel particulier où l'on aurait ouvert grand les fenêtres.
Les couleurs ont complètement changé et on retrouve désormais le salon de thé, non pas à l'étage mais au fond du grand espace qui se révèle tout en longueur.
À l'entrée, un espace petit-déjeuner et coffee shop nous attire avec des effluves de viennoiseries. En face, les sandwichs nous font de l'œil ainsi que le stand boulangerie. Les pâtisseries dont elles, mises en valeur en vitrine et dès l'entrée à droite.
La façade, elle, retrouve ses arcades sombres et le bleu pâle de la Maison. On change d'ambiance par rapport à la version précédente du salon de thé, qui misait en 2021 sur l'art urbain. Ici, on revient à une élégance plus classique, pensée pour durer.
Aux commandes des gâteaux, on retrouve Mathilda Fouré. Une cheffe pâtissière passée par les maisons de Yannick Alléno, Troisgros et Bernard Loiseau avant de prendre en main le répertoire sucré de Dalloyau. Sa crédo : moins de sucre, des textures plus fines, sans trahir les recettes d'origine. C'est beau, c'est bon, bien équilibré, on en redemande !
Tout est fabriqué maison, entre le laboratoire de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, et la boutique du Faubourg. Pâtissiers, boulangers, chocolatiers et baristas s'y relaient du matin au soir.
Impossible de parler de Dalloyau sans évoquer l'Opéra. Ce gâteau en couches de biscuit Joconde, crème au beurre café et ganache chocolat est né ici en 1955, imaginé par Cyriaque Gavillon. C'est son épouse Andrée qui l'a baptisé ainsi, en hommage au Palais Garnier. Il revient en tête de vitrine, avec le Dalloyau et le Saint-Honoré, à 14€ la part.
La vitrine nous fait aussi de l'œil avec un Millefeuille de mon enfance, un Royal Chocolat, un Fraisier, le Paris-Versailles, une Religieuse haute comme trois choux au café ou au chocolat, une tarte citron meringuée ou encore la tarte aux figues de saison d'une belle élégance. Comptez de 8€ à 14€ selon les gâteaux. Côté petits plaisirs, le flan parisien feuilleté et l'éclair café ou chocolat complètent le tableau.
Le salon de thé Dalloyau fonctionne du matin au soir. Au réveil, le petit-déjeuner parisien réunit jus d'orange pressé minute, boisson chaude, mini-viennoiseries et fusette avec beurre demi-sel, confiture ou praliné maison. Le petit-déjeuner du 101, à 25€, y ajoute des œufs bio cuisinés selon vos envies. On garde un œil sur la brioche feuilletée Saint-Honoré au gianduja, qui a tout pour devenir une signature. Ici, les viennoiseries sont faites maison et se révèlent bien dodues.
Le midi, la carte salée joue les classiques parisiens bien exécutés. On y trouve un club sandwich à la volaille jaune des Landes, un croque-monsieur de mon enfance au jambon Prince de Paris et comté 18 mois (décadent), une César ou une Niçoise à la ventrèche de thon Ortiz, une quiche parisienne, un avocado toast ou des pâtes au homard bleu dont on n'a pas résisté. Les salades tournent autour de 25€, les pâtes au homard à 35€.
Le week-end, le brunch du 101 à 50€ enchaîne jus pressé, boisson chaude, mini-viennoiseries, un plat au choix (croque-monsieur, avocado toast ou œufs bénédicte) puis une douceur comme la brioche perdue ou une pâtisserie de la Maison. Et tous les jours de 15h à 18h, le tea-time du 101 à 40€ propose deux pièces salées, trois mignardises, une Arlette glacée et la fameuse brioche au gianduja. On l'avoue, on a ajouté des pâtisseries (pour se faire une idée et par devoir journalistique, si si), mais le tea time était déjà bien conséquent.
Bonne nouvelle pour les familles : les enfants jusqu'à 10 ans ont droit à leurs propres formules, avec un déjeuner à 20€, un brunch à 25€ et un tea-time à 20€ autour d'un Croque-mignon et d'une coupe glacée aux éclats de cookie.
On y va pour goûter l'Opéra là où il est né, dans un décor qui a retrouvé une vraie allure. C'est aussi une belle pause gourmande après une balade du côté du Palais de l'Élysée, installé un peu plus bas dans la même rue, ou avant une séance shopping sur le Faubourg. Les Champs-Élysées ne sont qu'à quelques minutes à pied.
Cette adresse s'adresse aux amateurs de pâtisserie française classique, aux familles qui cherchent un goûter chic avec les enfants et à celles et ceux qui veulent faire découvrir une institution parisienne à leurs proches. On note que les tarifs du brunch et du tea-time restent ceux d'une belle maison du 8e tout en restant raisonnables quand on compare aux grands hôtels. Pour une première visite, un jambon-beurre, une part d'Opéra, un croissant et un café et vous serez au top du classique bien réalisé.
La boutique Dalloyau se trouve au 101 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement. Les stations de métro Miromesnil (lignes 9 et 13) et Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9) sont les plus proches. Le salon de thé accueille du petit-déjeuner au goûter, avec un brunch servi le samedi et le dimanche de 11h à 15h et un tea-time tous les jours de 15h à 18h. La table du chef se réserve pour des moments plus confidentiels. Retrouvez toutes les informations et les créations de la Maison sur le site officiel de Dalloyau.
Envie de prolonger l'exploration sucrée ? Le quartier ne manque pas d'adresses, à retrouver dans notre guide des pâtisseries, salons de thé et chocolateries du 8e arrondissement. Et pour d'autres pauses gourmandes à travers la capitale, on vous a aussi sélectionné les salons de thé aux pâtisseries gourmandes à Paris.
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Dates et Horaires
Prochains jours
Vendredi :
de 8h à 20h
Samedi :
de 8h à 20h
Dimanche :
de 8h à 19h
Mardi :
de 8h à 20h
Mercredi :
de 8h à 20h
Jeudi :
de 8h à 20h
Lieu
Salon de thé Dalloyau
101, Rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris 8
Calcul d'itinéraire
Accès
M°9 - Saint-Philippe du Roule
Site officiel
www.instagram.com







































































