La cheffe Mashama Bailey impose sa griffe à Paris avec L’Arrêt by The Grey, déclinaison européenne de son mythique restaurant The Grey, une désormais institution ouverte en 2014 à Savannah, en Georgie.
Récompensée par le prestigieux James Beard Foundation Award (cheffe de l’année 2022), première cheffe afro-américaine héroïne d’un épisode de la série documentaire Chef's Table, Mashama Bailey incarne l’un des visages majeurs du rayonnement de la cuisine et de l'histoire afro-américaines.
Son travail s’enracine en Géorgie, État au passé ségrégationniste lourd, où la table a longtemps été un espace de séparation avant de devenir un terrain de réappropriation culturelle. Avec son associé et ami Johno Morisano, elle construit une narration culinaire qui rend hommage aux histoires multiples de la diaspora africaine, faite de migrations, d'échanges et de résistances.
Jusqu'au nom de son adresse parisienne, L'Arrêt, qui fait référence à la place importante des bus et des comptoirs de déjeuner dans les récits qui ont façonné le Sud des États-Unis au 20ᵉ siècle.
Installé depuis peu dans le 7e arrondissement, L’Arrêt by The Grey s’appuie sur une équipe créative solide et le concours de la directrice artistique Zan Goodman et de l’architecte d’intérieur Steven Millotti. Ils ont façonné le lieu de manière à éviter le folklore américain, lui préférant une décoration de bistrot parisien héritée de l'ancien restaurant à cette adresse, le café L'Espérance, en conservant le comptoir en marbre et les luminaires datant des années 70.
En cuisine, la cheffe revisite la gastronomie du Sud des États-Unis, au carrefour d’influences africaines, créoles, caribéennes et européennes. Une cuisine de brassages, d’épices, de sauces et de fumage, longtemps cantonnée à une image rustique mais aujourd'hui revendiquée gastronomique.
Si durant les premiers mois du restaurant, la cheffe jouait la prudence fusion et bistrotière, Mashama Bailey lâche enfin la bride à ses assiettes qui parlent désormais le southern U.S. english avec un accent assumé. Au déjeuner, trois entrées, cinq plats, un fromage, trois desserts seulement, et deux formules proposées : 25€ entrée/plat ou plat/dessert, 34€ entrée/plat/dessert. La carte conserve tout de même quatre sandwiches “de Mashama” (9€-21€) comme un croque-monsieur, un croque-madame et le Grey Market burger (21€), clin d’œil transatlantique.
Lors de notre passage, un midi en semaine : poulet rôti croustillant et parfumé aux épices cajun (21€) assorti de salsa matcha et de haricots cornille, deviled eggs aux oeufs de truite (les oeufs mimosa etats-uniens ; 9€), salade trévise (9€) et sa sauce proche de celle d'un vitello tonnato, ou encore part de pecan pie massive (10€ la part pour un qui vaut pour deux), coiffée d'une glace halva syrienne.
Le matin (petit-déjeuner avec oeufs au bacon) comme le soir, la carte se la joue encore plus sudiste, dans une version franche, directe et encore trop peu représentée à Paris : magret fumé, mac and cheese, cornbread, mashed potatoes and gravy, Hoppin’ John (un plat de riz et de haricots emblématique du sud des États-Unis).
Avec son service souriant et soutenu, son ambiance vivante (il est possible de se mettre au calme au sous-sol, dans une salle voûtée privatisable) et sa terrasse pour les beaux jours, L'Arrêt by The Grey avance tambour battant !
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Lieu
L'Arrêt
36 Rue de l'Université
75007 Paris 7
Site officiel
www.larretparis.fr































