Si la Carrie ultime est et restera celle, sanglante, de De Palma, il est d'autres Carrie qui tirent aussi leur épingle du jeu. C'est le cas de Carrie Solomon, cheffe itinérante et autrice de plusieurs livres de cuisine qui se sont vendus comme des petits pains. Aujourd'hui, c'est dans le quartier de Montorgueil que la cheffe américaine a choisi d'ouvrir son propre restaurant, dans cette Ville Lumière qui l'a accueillie voilà 20 ans.
Sobrement baptisée Chez Carrie, comme une invitation à la maison, cette première table se veut le point de rencontre entre la Californie et la Méditerranée (et plus précisément l'Italie), tirant de la première la créativité, de la seconde les bons produits. Les deviled eggs s'accompagnent ainsi de 'nduja, les beignets de butternut de scamorza et d'un aioli, la salade Caesar de croûtons de focaccia bien beurrés.
Une cuisine du beau et du bon produit (légumes bio de la Ferme de l'Envol, pain au levain en provenance de Ten Belles, poissons et oeufs bio de Terroirs d'Avenir), avec les protéines animales écartées du centre de l'assiette et un vrai travail de recherche en amont de la cuisine.
Privilégiant les épices et la fermentation - kimchi, miso, légumes lactofermentés, kombucha, la cheffe fait preuve d'une grande inventivité mais en ne laissant personne sur le bord de la route. De même, oubliez les clichés sur la cuisine californienne healthy, les salades de kale avec sauce sur le côté, le régime kéto et le comptage des calories : chez Carrie ce qui prime, c'est le goût et l'envie de faire plaisir, généreusement.
En résulte des assiettes bigarrées et joyeuses qui balancent des uppercuts à tour de bras, à l'image des frites de polenta (13€) surmontées de labneh, d'une harissa verte, de romarin frit et de jalapeños fermentés ; ou du grilled cheese (15€) préparé avec un trio fromager trois étoiles (cheddar fermier, taleggio, scamorza) et escorté d'un kimchi maison qui propulse le tout.
Même dans les plats plus délicats et fins, la cuisine de la cheffe américaine fait mouche. Osez les brothy beans (12€), des pois chiches al dente et de tendres fregola sarda dans un bouillon citronné avec pistou de cresson, brocoli-rave et pecorino. Coup de cœur impromptu, aussi, que ces polpettes de courge bleue de Hongrie et shiitakés (20€) généreusement recouvertes d'une profonde sauce à la ricotta fumée, de gremolata et accompagnées de fenouil et de feuilles de câpres fermentées. Un grand oui !
Si en semaine, la formule est des plus abordables (22€ entrée/plat), le week-end et plus particulièrement le dimanche, place au brunch en continu de 10h à 17h, à l'intérieur ou sur la petite terrasse. Le rendez-vous dominical convoque pancakes de sarrasin au mascarpone fouetté et sirop de feuilles de figuier, cinnamon rolls orange et tonka, hash browns au beurre de langoustine et oeufs de truite, oeufs brouillés façon cacio e pepe ou encore turkish toast aux oeufs et labneh épicé. En voilà un brunch qui nous fait de l'œil !
Pour l'accompagner dans cette nouvelle aventure, Carrie Solomon s'est entourée de Dawnie Perry, cheffe barista venue tout droit de Los Angeles et à l'origine de la carte liquide de l'établissement où se côtoient flat whites, kombucha maison, dawn & dusk bicolore (thé glacé et citronnade ; 6€) et vins de vigneronnes sélectionnés avec l'aide de Jill Cousin, la cofondatrice du restaurant Provisions à Marseille.
Chez Carrie est une affaire de femmes fortes, jusqu'à la directrice artistique derrière le look rétro du restaurant, Anna Polonsky. Et c'est d'ailleurs des femmes du milieu de la cuisine que Carrie Solomon a choisi de mettre en lumière durant tout le mois de février puis de mars, les conviant autour de rencontres, de cours, de signatures et d'ateliers.
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Lieu
Chez Carrie
14 Rue Léopold Bellan
75002 Paris 2
Site officiel
www.chezcarrie.com































