On est parti à la découverte de Mégie, ce nouveau lieu hybride du 1er arrondissement de Paris qui réunit cantine botanique, restaurant le midi et coffee shop la journée, boutique concept store et espace d'atelier d'art floral. Situé à quelques pas du théâtre du Châtelet, c'est un espace tout à fait insolite et novateur qui s'ouvre à nous. Sur ce quai de la Mégisserie bordé de jardineries et de bouquinistes depuis des générations, cette adresse pousse la logique du végétal jusque dans l'assiette.
Voilà ce qu'on y a vu, et surtout ce qu'on y a goûté un midi de plein été.
Le lieu tient sur trois pieds. Une boutique de plantes, de fleurs et de végétaux, d'abord, doublée d'une sélection d'objets artisanaux et d'arts de la table pour l'intérieur comme pour l'extérieur. Un atelier d'art floral, ensuite, dans le prolongement direct de la boutique voisine Quinquaud Le Jardin.
Et puis la partie qui nous intéresse, le ventre en avant : une cantine qui sert un déjeuner de saison, puis prolonge la journée en mode coffee shop, jusqu'à un verre de vin accompagné d'une planche de fromage en fin d'après-midi.
L'ensemble se visite comme une serre habitée. On entre pour un objet ou un pot, on repart avec une adresse de déjeuner, ou l'inverse. C'est exactement le pari des lieux hybrides qui fleurissent (le mot est faible) dans la capitale depuis quelques années.
Deux femmes, deux parcours. Anne-Sophie Labruyère vient de Bourgogne et de la gastronomie : elle a orchestré des compétitions culinaires de haut niveau, de la Coupe du Monde de la pâtisserie au Championnat du Monde de pâté en croûte, avant de fonder depuis Londres Tastimony, une structure d'événements gastronomiques sur mesure.
Emmanuelle Tonnellier, elle, arrive de l'art. Diplômée des Beaux-Arts, elle a développé le volet décoratif de la maison florale Claude Quinquaud avant d'ouvrir sa propre boutique sur les quais, Quinquaud Le Jardin, face à l'île de la Cité.
Les deux amies se rencontrent voici une dizaine d'années, rue Chaillot, dans l'atelier floral historique de Claude Quinquaud. L'envie de travailler ensemble met six ans à prendre forme. La société Mégie est immatriculée au 2ter quai de la Mégisserie en mai 2025, et le lieu ouvre tout juste ses portes au public cet été 2026.
La scénographie est signée Hamesha Studio, dont le designer, ancien fleuriste, avait déjà travaillé les boutiques Quinquaud. Le fil conducteur assumé, c'est le wabi-sabi, cette esthétique japonaise qui célèbre l'imparfait et la patine plutôt que le neuf impeccable.
Concrètement : des végétaux qui descendent en cascade du plafond, un arbre central qui sert de poumon à la salle, une banquette où l'on s'assoit sans forcément consommer, et des matières laissées brutes (pierre, métal, bois).
Ce qu'on retient surtout, c'est l'espace. On n'est pas serré, ce qui devient rare dans le centre de Paris, et les teintes naturelles entre bois et végétal installent une vraie sérénité. La grande table à partager fait bien son travail : on y déjeune seul sans avoir l'impression de déjeuner seul.
La journée démarre en douceur. Le matin, ce sont les boissons chaudes, les thés glacés et les jus qui vous attendent, avec le gâteau du jardin pour les accompagner. De quoi caler un petit-déjeuner tardif ou une pause avant de remonter les quais.
Le service déjeuner se tient entre 12h et 14h, sur place ou à emporter, avec une carte courte, très légumière, qui change toutes les deux semaines au rythme des fruits et légumes de saison. Quelques incontournables restent en place, comme le shiso ou le veau, qui plaisent visiblement beaucoup.
Chaque assiette porte le nom de son ingrédient vedette, ce qui rend la carte lisible d'un coup d'œil. Le Shiso ouvre le bal avec un tartare de poisson relevé de kiwi et de cébette (16 €), tandis que La Tomate aligne Rose de Berne, Ananas et Noire de Crimée sur un lit de basilic (13 €). Deux entrées qui donnent le ton : ici, le végétal mène la danse et le reste suit.
On continue avec Le Haricot, associé à la cerise noire, à la sucrine et à la noix (14 €), et Le Petit pois, qui joue le sucré-salé avec mara des bois, labneh et menthe (14 €). Le Veau, servi avec une mayonnaise herbacée, du poireau, du shiso et de la noisette, se prend en petite ou en grande portion (9 € ou 16 €).
Le BLT maison mérite qu'on s'y arrête : pain de mie, sucrine, Rose de Berne, lard fumé et pesto de poivron (16 €), avec une version club à partager pour 3 € de supplément. C'est la proposition la plus généreuse de la carte, celle qu'on commande quand on arrive vraiment affamé.
Côté desserts, l'abricot se glisse sous un crumble avec une légèreté mascarpone et une pointe de fleur de sel (9 €), la pêche s'accompagne de mélisse, d'un sorbet yaourt et fleur d'oranger et d'un sirop de rhubarbe (10 €), et le gâteau du jardin joue la simplicité avec un cake estragon, verveine et citron (6 €). À partager, une planche de fromages associe tomme aux fleurs et fourme d'Ambert (9 € ou 16 €).
Deux formules déjeuner complètent l'ensemble, sur place ou à emporter : BLT, Haricot ou Abricot avec une boisson fraîche ou chaude à 24 €, et une version club pour deux avec deux boissons à 36 €. La viande est annoncée d'origine France, prix TTC et service inclus.
Dans l'assiette, on a adoré les petits pois et le BLT, franchement gourmand. La cuisson des légumes nous a marqués : tout reste croquant, net, riche en saveurs, sans cette mollesse qui plombe souvent les cartes végétales. Les tomates, en pleine maturité au moment de notre visite, se savourent des yeux avant de réveiller les papilles. Aussi beau à voir qu'à manger, donc, et pour une fois la formule n'est pas volée.
Mégie s'adresse à celles et ceux qui aiment prendre leur temps : les amoureux des plantes, les curieux d'arts de la table, les Parisiens en quête d'une pause au calme entre Châtelet et le Pont Neuf. C'est aussi une bonne option pour un déjeuner en solo grâce à la grande tablée, ou pour un rendez-vous où l'on a envie de parler sans hurler.
Un avertissement toutefois : la carte est volontairement courte et très végétale, les gros appétits carnivores risquent de rester sur leur faim. Le créneau du déjeuner est resserré entre 12h et 14h, et il n'y a pas de service le soir. Mieux vaut donc caler sa visite en journée.
On peut passer à toute heure de la journée, du matin jusqu'à 18h, ne serait-ce que pour un café, un verre de vin et une planche de fromage. Le soir, le lieu bascule plutôt vers la privatisation, pour des événements et des ateliers. L'adresse se trouve au 2ter quai de la Mégisserie, dans le 1er arrondissement, à quelques minutes à pied des stations Châtelet et Pont Neuf, sur le trottoir qui longe la Seine face à la Conciergerie.
Petite mise en perspective pour finir : le quai de la Mégisserie doit son nom aux mégissiers, ces tanneurs de peaux de chèvres et de moutons installés là dès le Moyen Âge. Les jardineries et les animaleries leur ont succédé, avant de se raréfier à leur tour. Voir arriver une maison qui remet le vivant et la main d'artisan au centre du jeu, sur cette artère précise, a quelque chose de plutôt réjouissant.
Si l'idée du café-fleuriste vous plaît, on vous conseille aussi Kahio Paris, le café-fleuriste et concept store déco à deux pas de la place des Vosges, et Cordelia, le coffee shop-fleuriste. Pour aller plus loin, notre guide des fleuristes avec des concepts et expériences à Paris recense les boutiques où le métier se réinvente.
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Dates et Horaires
Du 24 juillet 2026 au 30 décembre 2029
Lieu
Mégie, cantine botanique et boutique atelier
2 Ter Quai de la Mégisserie
75001 Paris 1
Calcul d'itinéraire
Site officiel
megieparis.com



































































