Direction la place de la Bastille, dans le 4e arrondissement de Paris, pour découvrir la Grande Brasserie Bastille, installée juste en face de l'incontournable Bofinger. On a testé cette brasserie à l'ancienne en cet automne 2026, de l'œuf mayonnaise primé au ris de veau, avant de craquer pour des desserts qui méritent à eux seuls le détour.
À l'arrivée, bien que la brasserie soit bien grande, elle se montre plus discrète que son voisin d'en face. Pousser la porte d'une brasserie, c'est un peu comme remonter une vieille horloge que nos journées pressées avaient laissée s'arrêter. On y vient d'abord pour l'espace : des tables qui respirent, des banquettes où l'on s'installe sans jouer des coudes avec son voisin, et une salle à l'arrière pour les tablées plus nombreuses.
On y vient aussi pour le service, celui de serveurs qui connaissent la carte sur le bout des doigts, conseillent un vin et débarrassent au bon moment, sans qu'on ait à lever la main trois fois. Et puis il y a la tradition, ces recettes qui passent de génération en génération comme une chanson que tout le monde fredonne sans connaître l'auteur. Ici, on laisse ses habitudes pressées au vestiaire et le repas en trois temps reprend ses droits.
Au 6 rue de la Bastille, le Petit Bofinger s'est éclipsé. Pendant des années, cette adresse a servi d'annexe à la grande brasserie alsacienne d'en face, dont nous vous racontons l'histoire depuis 1864. Lors de la vente, l'ancien propriétaire avait posé une condition, comme le raconte Jancis Robinson : trouver un nouveau nom. La Grande Brasserie ouvre ainsi ses portes en juin 2021.
Aux commandes, on retrouve Adrien Spanu, passé notamment par Semilla et Passerini. Les habitués du quartier, souvent d'une autre génération, y retrouvent leurs marques. Ils partagent désormais la salle avec des touristes revenus à Paris et de nouveaux venus séduits par l'accueil chaleureux.
Le décor affirme sans détour son identité de brasserie classique. D'épaisses nappes blanches habillent les tables, la mosaïque des années 1920 court toujours au sol et les banquettes gardent leur liseré de cuivre. Au mur, une grande fresque de 1945 laisse deviner les plats phares de la maison, un peu comme une carte illustrée à hauteur d'yeux.
Quelques touches plus modernes, comme les poteaux à facettes, viennent dépoussiérer l'ensemble sans le trahir. L'atmosphère reste feutrée et apaisante. Le lieu a d'ailleurs reçu le prix du meilleur rétro aux Food & Drink Awards de Time Out. Aux beaux jours, une terrasse de 45 couverts s'installe rue de la Bastille, d'avril à octobre.
La carte suit les saisons et mise sur des produits exclusivement frais, avec des provenances bien identifiées. Les huîtres arrivent d'Utah Beach en Normandie, le cochon fermier du Perche, l'agneau de Lozère et le saint-marcellin de la Mère Richard. Quant au saumon, il est fumé sur place.
Impossible de faire l'impasse sur l'œuf mayonnaise, sacré champion du monde en novembre 2022 par l'Association pour la sauvegarde de l'œuf mayonnaise. Gourmand et généreusement nappé, il repose sur un céleri rémoulade. Voilà de quoi compléter notre guide des meilleurs œufs mayo de Paris.
On poursuit avec les gros escargots de Bourgogne de la Maison Valentin, bien dodus, au beurre, ail et persil et le Pâté en croûte maison qui se veut bien généreux, à l'image de la terrine.
Place ensuite au ris de veau, poêlé et joliment laqué, servi avec une tombée d'épinards et une purée. L'espadon grillé, accompagné d'aubergine et d'une sauce vierge, est saisi juste comme il faut. Il lui manque seulement une petite pointe de peps pour parfaire l'assiette. En plus des traditionnelles purées et frites, s'ajoutent désormais les spaetzle maison.
La carte aligne aussi les grands noms du répertoire : andouillette de Troyes de la charcuterie Thierry et son gratin dauphinois, foie de veau et pommes dauphine, tartare de bœuf au couteau ou onglet sauce aux poivres. À deux ou trois, on peut partager une côte de bœuf normande (comptez 45 minutes de cuisson) ou une épaule d'agneau de Lozère rôtie. Le midi, une ardoise propose une sélection plus courte qui change régulièrement.
Depuis quelques mois, la maison accueille une nouvelle cheffe pâtissière, Adeline Wach. Elle a affiné son savoir-faire aux côtés de Maxime Frédéric, au George V puis au Cheval Blanc Paris, ainsi qu'au café Louis Vuitton. Ce passage par les palaces se ressent dans l'assiette : le travail est minutieux, les goûts et les textures sont maîtrisés.
On reste dans le registre des desserts de brasserie, mais on est loin de la coupe montée à la va-vite. Mention spéciale pour l'affogato et sa crème montée, une version qu'on ne retrouve pas ailleurs. L'île flottante à la vanille, aux amandes et au caramel, joue la carte du nuage réconfortant et savamment caramélisé.
La carte compte aussi un élégant vacherin glacé framboise et vanille, des profiteroles glacées très gourmands, un baba en kouglof au rhum brun de la Barbade, un chou façon Paris-Brest ou encore une tarte aux poires Bourdaloue. Adeline nous dit s'amuser davantage le week-end pour jouer un peu plus la carte de la créativité.
Le vrai secret de la maison ne figure pourtant pas sur la carte. La tarte tatin n'est préparée qu'en très petite quantité, environ cinq par service. Notre conseil : commandez-la dès votre arrivée. Servie avec une glace vanille et de la crème fraîche, elle croustille puis fond en bouche, avec une pointe d'acidité bienvenue. Un vrai bonheur.
Du lundi au vendredi au déjeuner, les formules affichent 22 euros pour une entrée et un plat ou un plat et un dessert, et 27 euros pour le repas complet. À la carte, comptez de 12 à 28 euros pour les entrées, de 24 à 45 euros pour les plats et de 12 à 15 euros pour les desserts. Les plats à partager tournent autour de 95 à 100 euros. Ces tarifs peuvent évoluer au fil des saisons, mieux vaut jeter un œil à la carte en ligne avant de venir.
La Grande Brasserie se trouve au 6 rue de la Bastille, dans le 4e arrondissement, à quelques minutes du métro Bastille (lignes 1, 5 et 8). Elle ouvre tous les jours, de 12h à 14h30 et de 19h à 23h. Les réservations se font en ligne ou par téléphone au 09 75 80 99 72. Pensez à signaler vos allergies en réservant. Après le repas, la place des Vosges n'est qu'à quelques pas pour une balade digestive.
La Grande Brasserie parle d'abord aux amoureux de cuisine française traditionnelle, bien exécutée, qui aiment s'attabler sans regarder l'heure. Elle convient aussi bien à un déjeuner de travail qu'à un dîner en famille ou entre amis. Sa proximité avec l'Opéra Bastille en fait une bonne option avant ou après un spectacle.
À notre avis, c'est surtout l'adresse rêvée des gourmands qui gardent toujours une place pour le dessert. Petit avertissement toutefois : à la carte, l'addition grimpe vite, et la tarte tatin part souvent avant la fin du service.
Envie de prolonger ce voyage dans le Paris des grandes tablées ? Direction le 2e arrondissement et la Brasserie Gallopin, institution née en 1876 face au palais Brongniart, ses boiseries d'acajou et ses plats flambés sous nos yeux. Sans quitter le 4e arrondissement, on file aussi au Saint-Régis, la brasserie de l'île Saint-Louis avec vue sur le pont Saint-Louis et l'île de la Cité.
Dates et Horaires
Prochains jours
Jeudi :
de 12h à 14h30
- de 19h à 23h
Vendredi :
de 12h à 14h30
- de 19h à 23h
Samedi :
de 12h à 14h30
- de 19h à 23h
Dimanche :
de 12h à 14h30
- de 19h à 22h
Lundi :
de 12h à 14h30
- de 19h à 23h
Mardi :
de 12h à 14h30
- de 19h à 23h
Mercredi :
de 12h à 14h30
- de 19h à 23h
Lieu
Grande Brasserie Bastille
6 Rue de la Bastille
75004 Paris 4
Calcul d'itinéraire
Site officiel
www.grandebrasserie.fr







































































